LA MOMIE (The Mummy) de Stephen Sommers (1999)

LA MOMIE

Titre Original : The Mummy
1999 – Etats Unis
Genre : Aventures
Durée : 2h04
Réalisation : Stephen Sommers
Musique : Jerry Goldsmith
Scénario : Stephen Sommers

Avec Brendan Fraser, Rachel Weisz, John Hannah, Arnold Vosloo, Kevin J. O’Connor, Jonathan Hyde, Oded Fehr, Erick Avari, Stephen Dunham, Corey Johnson et Tuc Watkins

Synopsis : Longtemps avant la naissance du Christ, pour avoir osé défier le pharaon en lui ravissant sa jeune maîtresse, le grand prêtre de Thèbes, Imhotep, est momifié vivant et enseveli dans une crypte secrète d’Hamunaptra, la cité des morts. Du fond de son sarcophage, le grand prêtre jure de se venger du genre humain. En 1923, un aventurier américain, Rick O’Connell, découvre fortuitement les ruines d’Hamunaptra que des générations d’égyptologues recherchaient en vain. Il met dans le secret une jeune égyptologue et son frère et tous trois partent à la recherche du trésor des pharaons.

1999 au cinéma, c’était quand même quelque chose. Je m’en souviens presque comme si c’était hier, car autant en pur divertissement qu’en cinéma d’auteur, l’année était chargée en grands films. Quand on compare 1999 à notre époque, ça fait tout de même assez mal, quelque chose s’est perdu. Peut-être car les studios cherchent tous à surfer sur un gros succès, et donc que tous les gros films se ressemblent ? Peut-être aussi car certains des plus grands auteurs, mais aussi des meilleurs artisans, ne sont plus actifs aujourd’hui pour des raisons diverses. Car j’ai voulu revoir La Momie, le film de Stephen Sommers de 1999, que j’avais découvert à sa sortie au cinéma, et en me replongeant dans cette année, je me suis tout de même dit que j’avais vu de sacrées perles sur grand écran. On avait, en purs divertissement, Matrix, La Momie, Star Wars Episode 1, mais à côté, on avait aussi des Eyes Wide Shut, Ghost Dog, eXistenZ, Jugé Coupable, La Ligne Rouge, Cure (oui, on l’a eu, avec deux ans de retard), Une Histoire Vraie et autres A Tombeau Ouvert. Sans oublier d’autres œuvres mineures mais pourtant ayant façonnés la cinéphilie de certains, comme The Faculty de Robert Rodriguez, le film South Park, Le Créateur d’Albert Dupontel, L’Anglais de Steven Soderbergh, Sexe Intentions de Roger Kumble, ou Haute Voltige de Jon Amiel. Et je pourrais continuer longtemps, avec 8mm, Very Bad Things, La Fiancée de Chucky, Cube (oui, aussi avec 2 ans de retard), Vorace, La Main qui Tue, Peur Bleue, le second Austin Powers. Alors oui, on a aussi eu Virus, Wild Wild West, Hantise et Candyman 3, et des films sympas sans plus comme La Maison de l’Horreur ou Le Monde ne Suffit Pas, mais joli palmarès tout de même. Et donc, La Momie. Stephen Sommers, il n’était pas spécialement connu à l’époque, loin de là, il sortait même du très sympathique Un Cri dans l’Océan, qui fut un four au box-office. Ceci dit, il a approché la Universal avec cette envie de moderniser l’histoire de La Momie, en y injectant une dose d’aventures, d’humour, d’horreur mais aussi de romantisme, et les dernières technologies de l’époque. Un pari gagnant puisque le film cartonne, devient le premier opus d’une saga, et qu’en prime, oui, le film devient culte pour toute une génération.

Même en ayant vu les précédentes versions, que ce soit celles en noir et blanc, ou bien chez la Hammer, ou les autres variations existantes, La Momie a ce petit truc. Ce parfum de gros blockbuster, mais fait par un réalisateur qui sait ce qu’on attend d’un tel film, autant du côté du public que des producteurs, mais qui soigne malgré tout son enrobage, livrant une mise en scène soignée, des plans réfléchis, et utilisant toutes les techniques à sa disposition pour redonner vie à cette créature, mais aussi à l’Egypte des années 1920. La Momie tient donc en réalité presque du miracle, un peu comme, quelques années plus tard, le premier Pirates des Caraïbes. Mais en y réfléchissant bien, et en élargissant les horizons, l’arrivée de la Momie, telle qu’on la connait, en 1999, était un choix logique. A la fois pour le réalisateur, mais pour l’industrie. Sommers, après tout, bien que beaucoup plus dans un registre purement horrifique, mélangeait déjà action, horreur et humour dans son film précédent, bien que né dans la douleur. Quant à l’industrie, cela faisait déjà quelques années qu’elle remettait sur le devant de la scène les monstres sacrés du cinéma et de la littérature. Dracula était revenu sous la caméra de Coppola, puis avec quelques variantes notamment chez Neil Jordan, Frankenstein était revenu sous la caméra de Kenneth Branagh, produit par Coppola, tandis que le loup-garou était aussi revenu avec le sobre Wolf, avec Jack Nicholson. Mais La Momie est sans doute le seul film du lot à livrer une véritable œuvre qui reprend la trame et les éléments attendus de sa créature, pour livrer quelque chose de totalement nouveau, à la fois horrifique et familial. Même ce qui pourrait être sans doute vu comme une concession de la part du réalisateur, avec un casting relativement méconnu (vu que les décors, les effets spéciaux et l’ambition générale du projet vont déjà faire bien grimper le budget), joue en faveur du film, qui fait découvrir à beaucoup quelques acteurs aujourd’hui appréciés, et dont la suite de leur carrière prouvera que Sommers avait l’œil. Brendan Fraser dans le rôle de l’aventurier armé, la belle Rachel Weisz en bibliothécaire un peu maladroite mais pas potiche ni inutile au déroulement du film, sans oublier quelques seconds rôles bien vus, et bien entendu, la momie du titre, qui prend les traits d’Arnold Vosloo, que peu connaissaient à l’époque (il avait joué chez Yuzna dans le très moyen Progeny). .

Et donc, la Momie, c’est un blockbuster d’aventures intelligent, qui nous fait vraiment voyager, qui émerveille son public par des visions à l’époque inédite (la tempête de sable avec un visage humain, cette momie qui se reconstitue petit à petit et évolue à l’écran), par un sens de l’émerveillement (le désert, ses décors gigantesques, sa mythologie Egyptienne), mais aussi par son humour, plus fin qu’on ne le pense, et particulièrement bien dosé, en plus de mettre des personnages clairement attachants devant la caméra. En fait on pourrait presque déjà dire qu’à l’époque, La Momie était une anomalie, puisque revenant à un vrai sens de la grandeur, comme dans les films Indiana Jones (le dernier datait de quasi 10 ans), là où les blockbusters de l’époque faisaient juste exploser un peu tout ce qu’il y avait à l’écran (non pas que ce soit mauvais hein). Le tout avec élégance, grandeur, grand spectacle. Et il ne faut pas oublier non plus la musique de Jerry Golsmith, qui aide également grandement le film, mais il n’avait déjà plus rien à prouver en 1999, son CV ayant déjà les scores de films comme La Malédiction, Alien, Star Trek, Outland, Poltergeist, Rambo, Gremlins, Total Recall, L.A. Confidential, sans oublier quelques films mineurs mais loin d’être honteux, et musicalement très bons, comme Warlock et Leviathan, et bien évidemment, Un Cri dans l’Océan pour Sommers. La réussite de la Momie finalement, elle tient sans doute autant à la vision de son réalisateur qu’à l’équipe talentueuse qu’il a su réunir devant la caméra. Même l’horreur de son récit, le réalisateur sait jouer sur la suggestion sur les ombres, sur les bruitages pour la mettre en scène sans faire crier la censure, mais sans en diminuer l’impact, car la seule idée de voir un scarabée faire son petit chemin sous la peau d’une victime, ou de savoir que la momie liquéfie littéralement ses victimes pour se recomposer elle-même (un côté Hellraiser, le gore en moins ?) suffit à faire son petit effet. Alors oui, en 2026 par contre, on peut aussi dire, en effet, que certains effets digitaux ont vieillis, et c’est le cas, mais c’est aussi normal. On peut aussi se rappeler que le succès du film n’a pas amené que du bon (un usage toujours plus grand des CGI, une première suite lancée dans l’urgence, une seconde suite sans le réalisateur ni l’actrice Rachel Weisz, et une saga de 5 ou 6 films sur Le Roi Scorpion, personnage du second film). Mais ça ne retire rien au plaisir de revisionnage de ce premier métrage.

Les plus

Un casting follement attachant
Un vrai sens de l’aventure
Des effets spéciaux novateurs pour l’époque
L’humour fonctionne bien
Une horreur suggérée mais bien présente
Un divertissement qui ne nous prend pas pour des cons

Les moins

Un petit coup de vieux pour les CGI, évidemment

En bref : La Momie, la version de 1999 par Stephen Sommers, c’est du bon divertissement, mêlant action, humour, horreur, un vrai sens de l’aventure, et encore aujourd’hui, malgré un petit coup de vieux, ça se regarde avec plaisir.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A likeable cast
♥ A real sens of adventure
♥ New special effects for the time
♥ The humour and tone work
♥ The horror, suggested but here
♥ A honest entertainment
⊗ Some visual effects look a bit old now
The 1999 version of The Mummy from Stephen Sommers, it’s good old entertainment, a mix of action, humour, horror, adventures, and still today, despite being a bit old (mainly the visual effects), it’s a joy to wxatch again.

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