AZUMI (あずみ) de Kitamura Ryuhei (2003)

AZUMI

Titre original : あずみ
2003 – Japon

Genre : Action
Durée : 2h08
Réalisation : Kitamura Ryuhei
Musique : Iwashiro Taro
Scénario : Kiriyama Isao, Kowama Yu et Mizushima Rikiya

Avec Ueto Aya, Odagiri Joe, Okamoto Aya, Nohashi Kenji et Narimiya Hiroki

Synopsis : Azumi, jeune fille orpheline, est recueillie par un ancien guerrier du Japon féodal, maître en arts martiaux. Loin de toute civilisation, elle va apprendre avec neufs autres jeunes garçons les meilleures techniques du combat au sabre. Plusieurs années plus tard, leur maître les envoie accomplir une mission importante pour le pays.

Ceux qui me connaissent le savent, je ne suis pas un fan de Kitamura, mais je ne le déteste pas non plus. Juste, je le trouve très surestimé, et a tendance à tellement vouloir en faire trop, à tout styliser, que ces films, du moins au Japon, sont souvent inutilement longs. De plus, son envie de toujours en faire plus et de faire poser ses personnages, et bien ça vieillit très mal. Un exemple ? Je viens de revoir Azumi. À l’époque, j’avais bien aimé, même si je le trouvais déjà trop long. Mais son long final jouissif, quelques habiles mouvements de caméra, la musique de Iwashiro Taro, et finalement, bien que très inégal, son casting peuplé de pas mal de têtes connues, et bien ça me faisait apprécier. Du coup, j’ai pu revoir le film, en HD. Et vous savez quoi ? Et bien ça n’a vraiment pas très bien vieilli. En fait, osons le mot, par moment c’est très moche. Bon, parlons rapidement du scénario. Azumi, c’est une histoire très simple, même si apparemment, ça adapte un manga qui a un sacré paquet de tomes. Et pour Kitamura, seulement 2h14 pour tout retranscrire à l’écran. C’est qu’il aime les challenges le monsieur. Sauf que soyons clair, Azumi ne brille pas par son scénario, extrêmement simple, et allant souvent puiser dans les grandes classiques du genre. Après tout, il est question d’assassins, dont la mission est de prendre la vie d’un seigneur qui veut relancer la guerre. Entrainement, missions, combats au sabre, mauvaise cible, tueurs engagés, gros combat final, fin. Qu’importe, puisque par exemple, sur une base tout aussi simple, Miike avait bien fait un remake excellent de 13 Assassins quelques années plus tard.

Le souci, c’est qu’avec Kitamura aux commandes, le film se perd souvent dans des scènes inutiles, et bien trop poseur pour son propre bien, et ne développe jamais ses personnages, ayant pourtant des bases intéressantes, préférant donc se focaliser sur l’action. Et pourtant, bien que ça peut parraître un peu tiré par les cheveux, ça commence extrêmement bien, avec l’entraînement de 10 assassins, dont le dernier entrainement avant de partir en mission sera de former des groupes de deux, et de combattre, pour qu’il ne reste que 5 assassins. Un potentiel monstre, qui pourrait avoir des séquelles lourdes pour les personnages, questionner leur mission, leur formation, remettre en question le bien fondé de leur maître. Mais non, ça se passe, deux trois dialogues, puis hop, en route pour la mission. Le pire étant bien évidemment Azumi. Un personnage avec un potentiel monstre, joué par Ueto Aya, chanteuse et idole de base, pas la meilleure actrice au monde mais fort charmante, mais dont le personnage ne sera jamais véritablement développé. Et pire, elle sera même loin de l’intrigue pendant une bonne demi-heure de film. Mais bon, quand on regarde Azumi, un chanbara donc, et en plus réalisé par Kitamura, on regarde ça pour l’action. De ce côté-là, dans le fond, nous allons être servis. Pour le meilleur oui, mais aussi pour le pire. Et c’est là que le style Kitamura montre immédiatement ses grandes limites. Car Azumi date de 2003, Kitamura n’avait fait que Versus avant, et voit donc là un budget important lui être confié, et du coup, il tente tout et n’importe quoi. Et parfois, ça fait mal aux yeux, lorsqu’il décide de faire voler des ninjas sur les toits, en CGI mal incrustés qui en ferait pleurer plus d’un.

Pire, à certains moments, il veut être réaliste, et à d’autres, il fait son Kitamura, avec sauts improbables, et effets dégueulasses en CGI en arrière plan. Le pire étant sans doute lorsqu’il se croit drôle, et insère donc des bruitages à but comiques, comme des sons de chien. Oui, je l’avais oublié ça, et ça fait bien étrange. Mais encore une fois, si c’est trop long, trop bancal, trop fragile, parfois hyper moche par excès de style, et bien, il y a le combat final. Soit Kitamura en roue libre, qui a 20 minutes devant lui pour faire ce qu’il veut, et balancer Azumi contre 200 adversaires. Pour le coup, là aussi ça a beau être bancal, et bien bordel ça fait du bien, le film se réveille, ne ment plus sur la marchandise, les chorégraphies ont quelques heureuses trouvailles, Kitamura n’hésite plus à verser dans le sanglant avec gerbes de sang et autres décapitations. Et sale gosse qu’il est, nous offrira un combat final fort sympathique, bien que n’ayant parfois pas peur du ridicule, et nous refera le coup de la caméra tournant à 360° autour des personnages… mais verticalement maintenant. C’est totalement gratuit, mais dans ce gros bordel qui ne semble jamais vouloir s’arrêter, c’est en réalité totalement salvateur. Avant finalement une ultime scène totalement over the top qui démontre bien le grand écart d’Azumi, le film, entre ses ambitions et son récit, entre son histoire et le style de son réalisateur. Azumi est donc un semi échec. Et une semi réussite.

Les plus
Le combat final énorme
Pas mal de têtes connues pour des petits rôles
Quelques moments classes
Ueto Aya, mignonne…
Les moins
Des CGI ratés
Des moments comiques ou surréalistes de trop
Des longueurs
…Mignonne oui, mais pas hyper douée

En bref: Azumi supporte plutôt mal le temps qui passe. Ses effets sont datés, ses longueurs toujours là, quelques moments sont à côté de la plaque… Mais son long final est toujours énorme et fun. Déjà ça.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :