BOY FROM HELL de Asato Mari


BOY FROM HELL

Titre original: Jigoku Kozô
2004 – Japon
Genre: Horreur – Adaptation – Gore
Réalisation: Asato Mari
Musique: – 
Scénario: Tanigawa Seiji et Tamamoto Naoteru  d’après le manga de Hino Hideshi
Avec Yamamoto Mirai, Akaboshi Mitsuru, Baku Numuta et Shôji Hanae

Synopsis: Setsu vient de perdre son jeune fils, Daio, dans un accident de voiture qui l’a décapité. Complètement détruite, elle rencontre une vieille dame qui lui apprend qu’elle peut ramener son fils à la vie en sacrifiant sur sa tombe un enfant du même âge. Setsu sacrifie alors un enfant malade, et Daio revient en effet à la vie, mais déformé, et avec un appétit pour le sang humain.

Avant de parler du film, un petit retour sur ses origines s’impose. Hino Hideshi est une personnalité bien connue au Japon. Il s’agît d’un mangaka, et ces œuvres sont aujourd’hui adaptées, au même titre que celles de Ito Junji. Mais Hino s’est déjà illustré par le passé dans le monde du cinéma, où plutôt de la vidéo underground, en signant deux épisodes de la série Guinea Pig. Et pas n’importe lesquels : le plus choc (le second épisode, Flowers of flesh and blood) et le plus intéressant (le quatrième épisode, Mermaid in a manhole). Aujourd’hui, une petite anthologie adaptée de ses manga sort en DVD, dont The boy from hell est le premier épisode. Les anthologies ne sont pas rares au Japon, puisque nous avons également eu récemment l’anthologie de courts métrages de fantômes Tales of terror. Pour cette anthologie adaptant les manga de Hino, plusieurs choses sont à savoir : les histoires font typiquement manga (alors que certaines adaptations tentaient de rendre les histoires plus cinématographiques), le budget de ces films est plus que réduit, le tournage s’effectue en vidéo et la durée des métrages est de 50 minutes. Sachant tout cela, on peut se lancer dans la vision de The boy from Hell, une œuvre délirante, décontractée, gore, parfois drôle.

La courte durée du métrage fait que l’histoire va tout le temps directement à l’essentiel, ne plonge pas dans des longueurs inutiles, et cela fait bien plaisir. Il faut savoir que les métrages d’une heure ne sont pas rares au Japon dans le milieu du V-Cinéma et du cinéma Underground. Les premiers instants du film sonnent un peu faux, faute d’argent. Setsu est en voiture avec son père et son fils, Daio. Ils discutent, et le petit Daio passe sa tête par la fenêtre. Un camion arrive en face et le décapite net. Quand la mère reprend ses esprits quelques instants plus tard, c’est pour voir son fils marcher, sans tête, sur le rebord de la route, avant de s’effondrer. On passe directement à une pseudo scène d’enterrement. Le faible budget se fait ressentir une fois de plus : il n’y a que trois personnes à l’enterrement, sur un terrain vague. Mais de ce manque de budget ressort une ambiance assez étrange, inexplicable. Le réalisateur s’en sort donc plutôt bien avec ce qu’on lui donne. Une vieille dame va apparaître et donner de mauvaises idées à Setsu : en sacrifiant un jeune garçon du même âge de son fils sur sa tombe, en l’égorgeant, Daio reviendra à la vie. Sans remords, elle kidnappera un enfant malade dont il ne reste plus longtemps à vivre. Le sacrifice effectué, Daio va revenir à la vie, le visage déformé qu’on lui connaît (la pochette) et avec un appétit pour le sang et les tripes humaines. Voilà pour le point de départ de l’histoire. Setsu va ramener son fils chez elle, et vu son comportement, l’enfermer chez elle, dans une sorte de cage, mais toutes les nuits, il va s’échapper pour se nourrir. Et le petit Daio sera dur à retenir, puisqu’il va se jeter sur absolument tout ce qui bouge. Les situations seront toujours exagérées, pour notre plus grand plaisir. Daio va donc sauter sur tout ce qui bouge, ce qui donnera par moments des situations comiques : hommes, femmes, enfants, chats, et même une fois sur son reflet dans un miroir. L’histoire ajoutera un autre personnage dans le récit, un inspecteur de police au nez étrange et qui éternue à chaque fois qu’il se retrouve devant un criminel.

Mais parfois, le récit aura des idées excellentes, et beaucoup plus sérieuses, ce qui fera par moment des ruptures de ton, donnant l’impression que l’œuvre ne sait pas franchement dans quelle direction aller, et c’est fort dommage. Car si les situations délirantes sont drôles, les situations plus sérieuses nous donnent parfois des images magnifiques et surprenantes, et on en viendrait presque à regretter que le métrage mélange les deux styles plutôt que de prendre parti pour l’un ou pour l’autre. Dans une scène en particulier, où l’on pourrait s’imaginer se retrouver devant une vision de l’enfer, nous voyons Daio, géant, écraser et torturer ses victimes dans une scène aux couleurs chaudes, avec décors en flamme et l’image volontairement crade. Une scène qui fait mouche et qui interpelle par son imagerie. Imparfait et souffrant de quelques défauts, The boy from hell est tout de même une petite réussite, en espérant que la suite de l’anthologie soit du même acabit, sachant qu’il reste encore cinq films (The doll cemetary, Death train, Lizard baby, The ravaged house et Dead girl walking).

12

Les plus:
Court et rythmé
Vraiment amusant
Les moins:
Trop hésitant dans la direction à prendre

En bref: Entre horreur comique et ton plus sérieux, le film réserve de très bons moments et des personnages loufoques dans une ambiance typique manga. Dommage que ça passe du sérieux au loufoque trop souvent.

2 commentaires

  1. Exact ! Excellente critique. Je pense comme toi. Un petit film très sympathique.mais avec un ton constamment sérieux aurait été un brin mieux.
    L’actrice qui joue la mère se débrouille vraiment bien. La scène de l’anniversaire est vraiment très sympa. :p
    Par contre, l’acteur qui joue le détective. On le voit souvent dans des petits films !! Récemment, il jouait le rôle d’un instructeur dans le film « Samurai chicks ».

    1. Ah je ne sais pas pour le détective, surtout que je regarde moins de films en ce moment, ma culture commence à en prendre un coup grrr lol.

      Content que tu ai aimé, j’ai découvert l’anthologie avec ce film là, ça m’a donné envie de voir le reste.

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