CREEPIES de Jeff Leroy (2003)

CREEPIES

2003 – Etats Unis
Genre : Monstres géants
Durée : 1h27
Réalisation : Jeff Leroy
Musique : Il y en a ?
Scénario : Eric Spudic
Avec Lisa Jay, Jeff Ryan, Phoebe Dollar, Ron Jeremy et Mitch Toles

Synopsis: Un accident dans un complexe d’armement secret militaire libère de gigantesques araignées mortelles. L’armée est dépêchée sur place pour exterminer ces dangereux prédateurs, mais les tanks ou les armes de destruction massive n’ont aucun effet sur les bestioles. Les civils sont attachés dans de gigantesques toiles avants d’être dévorés vivants.

Force est de constater qu’à force de critiquer et de se foutre de la gueule de NU Image, on en oublie ce qu’il peut y avoir d’autre à côté. Et quand on se met enfin à le redécouvrir, on se mettrait presque à dire que Spiders est un chef d’oeuvre. Mais non, gardons les pieds sur terre, Spiders est un film sympathique, sans doute le meilleur NU Image, et nous devons ici parler de Creepies, ce magnifique petit film que j’ai eu le malheur profond de découvrir il y a peu. Pourtant, tout n’est pas à jeter dans le film. Enfin si justement, mais disons que ce film, direct to vidéo, a au moins une ambition: contrairement aux autres films du genre, où avant de voir l’araignée, il faut attendre facile une demi heure et se coltiner des dialogues affreusement long, Creepies décide d’aller directement à l’essentiel. Trois minutes après le générique, d’ailleurs précédé par une scène future du film, histoire d’annoncer la couleur, les araignées s’échappent et tuent, et se propagent. Justement, parlons en de la séquence d’ouverture, et des araignées du film. En 50 secondes, montre en mains, tous les défauts du film sont exposés. Qu’avons nous en guise d’acteurs ? Des amateurs qui se foutent complètement de ce qu’ils font, pensant sans doute être payer un minimum pour jouer dans cette merde et se faire connaître en étant à l’écran. Et les effets spéciaux dans tout ça ? Ah, ce sont ça les effets spéciaux! Ils se divisent en deux catégories.

Non, pas les bons et les moins bons malheureusement. Ni les très mauvais et les moins mauvais! Les effets spéciaux, hypers importants dans un film de ce genre, sont ici un “savant” mélange d’effets numériques et de maquettes. Commençons par le numérique. Pour faire simple, je n’ai jamais rien vu de tel. Les artisans de chez NU Image sont tranquilles, ils ont une grande longueur d’avance. Les effets numériques sont parmi les pires inventés dans l’histoire du cinéma. Les araignées, et surtout la grosse araignée principale dévastant la ville, ne ressemble jamais à la même chose selon les plans, son design est tout simplement affreux, et pour finir le tout, son incrustation à l’image… inimaginable de connerie. Et je ne raconte pas n’importe quoi, les photos peuvent témoigner pour moi. On en revient à une grande leçon de cinéma, celle des NU Image, des Hurlements, et autres séries Z du genre: quand on a pas d’argent, on essaye pas de tout montrer et de faire ce genre de film, à moins d’avoir un minimum de talent, ce que le réalisateur, Jeff Leroy, n’a absolument pas. Mais pour couronner le tout, il y a la seconde catégorie d’effets. Les maquettes. Le réalisateur a du être bercé, comme beaucoup, mais en fait, surtout les japonais (ou moi même) par Godzilla et ses aventures. Trop cool, il va faire la même, de superbes maquettes, et des monstres en caoutchouc pour certains plans. Si les maquettes, du moins les bâtiments, peuvent passer par moment, les voitures et autres tanks style playmobile, pas du tout. Et pour les monstres, on repassera aussi, puisqu’à l’image, ce ne sont que de vulgaires peluches.

Jeff Leroy ne se soucie même pas de l’apparence de sa peluche, il a trouvé un modèle de mygale pour enfants, et ça lui convient. Les raccords entre les plans et les araignées numériques ? Pas grave, il s’en fou, le spectateur sera content de voir autant d’araignées, de plusieurs espèces différentes, à l’écran, avec un rythme soutenu! Le problème, c’est qu’on repassera aussi pour le rythme soutenu. Nous montrer en permanence des araignées à l’image ne fournira en rien un rythme soutenu à Creepies, qui avait pourtant tout pour être un nanar sympathique. Parlons donc un peu des idées du scénario et de ses personnages. Et bien, c’est le désert, le calme plat. Des araignées mutantes s’échappant d’un complexe militaire, on connaît. Mais ce n’est pas tout, car dans un studio d’enregistrement, des jeunes insouciants libéreront eux aussi des araignées, contenues dans une caisse appartenant à l’armée. Le retour des morts vivants, ça vous rappelle quelque chose ? Et bien c’est un peu la même chose. Mais attention, car en plus d’êtres résistantes, certaines des araignées sont intelligentes, et parlent!! Vous avez bien entendus. Elles parlent. Et il faut entendre ce qu’elle disent: “Mes amis, ils nous ont saoulés pendant des années avec leur musique de merde, donc tuons les tous”. Vous en rêviez, Jeff Leroy l’a fait pour vous!

Le scénario pompe partout, ne se soucie pas de la logique, de la cohérence, et l’ensemble plonge dans le nawak intégral, aidé par l’interprétation miséreuses des acteurs ayant dû être recrutés sur le tas deux jours avant. Mais Jeff Leroy finit d’achever le spectateur par ses idées saugrenues, comme cet homme se transformant en araignée, et par sa vision “artistique” plus que douteuses. Les tanks ressemblent à des voitures playmobiles ? Allez, on va faire un intérieur du tonnerre, avec des manettes style jeu vidéo. C’est censé se dérouler dans les locaux de l’armée ? Cool, on va en faire des bureaux classiques, ne mettre aucun gadget, le public va s’identifier aux militaires. Maintenant, comment filmer le tout et emballer le produit ? “Facile, je prend la caméra DV de mon père, et je vais apprendre sur le tournage à m’en servir. Oh merde, c’est trop compliqué. Je vais juste la poser là, et puis après, je vais faire des plans tournant sur 360° de temps en temps, pour prouver que je sais m’en servir.” C’est bien Jeff, tu as tout comprit à l’art du cinéma, bravo. “En plus, grâce à mon pitch et ma super affiche, je pourrais bientôt lancer la suite.” Diantre, il a eu raison sur ce coup, Creepies 2 a été tourné en 2005. Pourrais-je m’y aventurer un jour et en sortir vivant ? Telle est la question ! A noter que l’on aperçoit l’ancien acteur porno Ron Jeremy dans une scène, qui depuis, joue dans les Troma, notamment Terror Firmer, Class of nuke’em high 3 et Toxic avenger 4.

Photos provenant de: http://www.animalattack.info/PmWiki/Creepies

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La géniale pochette
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Mais rien à sauver du film en lui même

En bref : Le renouveau du cinéma par Jeff Leroy…. Une purge à éviter à tout prix, chiante, mal joué, mal réalisé, mal écrit, effets pitoyables. Vive NU Image!

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