DOLLS – LES POUPÉES (Dolls) de Stuart Gordon (1986)

DOLLS – LES POUPÉES

Titre original : Dolls
1986 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h17
Réalisation : Stuart Gordon
Musique : Fuzzbee Morse
Scénario : Ed Naha

Avec Ian Patrick Williams, Carolyn Purdy-Gordon, Carrie Lorraine, Stephen Lee et Guy Rolfe

Synopsis: Plusieurs voyageurs égarés se trouvent pris sous une forte pluie, et ils trouvent refuge dans une vieille demeure, habitée par un couple de vieillards. Toutefois, le « refuge » se révèle vite mortel pour la plupart d’entre eux, victimes d’attaques de poupées prenant vie.

Après avoir adapté deux fois Lovecraft avec Re-Animator et Frombeyond, deux réussites, Stuart Gordon, toujours avec l’aide de son ami Brian Yuzna à la production, se lance dans un film d’horreur plus classique. Dans les années 80, les films de poupées tueuses étaient à la mode (Chucky a été lancé avec Jeu d’enfant, la saga des Puppet master arrivait), et Gordon s’essaye lui aussi au genre, en mettant en scène son film comme un conte de fée, tout en y mettant les clichés du genre. Un pari donc à priori difficile, mais que Gordon relève, haut la main, encore une fois. Les premiers instants nous placent dans le contexte : un couple en voiture, avec leur petite fille. Le père est énervé d’avoir sa fille pendant les vacances, la belle-mère est insupportable à souhait, et la petite fille passe son temps à rêver, imaginant des choses, vivant dans son monde, son monde de conte de fées et de méchants ogres. Ils vont être surpris par un orage et leur voiture refusera de démarrer, les forçant à se réfugier dans une vieille demeure tenue par un couple de vieux plutôt attachants. Couple dont l’homme est joué par Huy Rolfe, connu pour avoir joué André Toulon dans la saga Puppet Master à partir du troisième opus. Attachants dans un premier temps, agréables, accueillants, mais petit à petit, une ambiance étrange s’installe. Le couple est passionné par les jouets, et en construisent même. Ils sympathiseront alors avec la petite fille. D’autres égarés viendront également lors de cette nuit. Un homme un peu simplet, et deux jeunes garces ne pensant qu’à l’argent et s’amuser.

Dés lors, on se doute rapidement des évènements qui vont se passer, et de qui aura des chances de survivre, et qui est voué à mourir. Mais Gordon joue justement avec ce que l’on attendait, non pas pour nous surprendre en faisant l’opposé, mais en justifiant cette simplicité. On se retrouve finalement, une fois l’ambiance et les différents personnages posés, dans un petit jeu de massacre, ce que Gordon maîtrise très bien, qui s’il n’ira pas aussi loin que ses œuvres précédentes visuellement, se rattrapera dans sa forme, forme de conte de fée, encore une fois. Puisque finalement, les adultes adoptent un comportent exécrable vis-à-vis de la jeunesse, et en deviennent les véritables monstres du métrage. Les poupées ne sont là que pour aimer et laisser en vie ceux ayant conservés une âme d’enfant. Le fond est certes simpliste, mais a la mérite de se démarquer des autres films du genre. Mais le film ne sombre pas pour autant dans le film fantastique tout public, bien au contraire. Le film s’avère même plutôt sombre dans sa thématique sur l’âge adulte, un âge où l’on ne peut plus rêver, et ou ce manque est compensé ici par la méchanceté des différents personnages, faisant du mal aux autres et ne pensant qu’à son propre bonheur. Quelques scènes sanglantes viennent également se glisser dans le métrage, mais elles n’atteignent jamais le degré visuel et choc d’un Re-Animator. Elles ne font pas non plus peur, et amusent plutôt, comme la scène où une jeune femme est poussée par les poupées en direction d’un mur à plusieurs reprises. Si certains effets ont vieilli, l’animation des poupées conserve son charme et le film se regarde maintenant avec un plaisir nostalgique.

Les plus
Un film amusant
Les poupées
Bonne ambiance
Les moins
Fond simpliste
Des effets ont vieillis

En bref : Après deux bons films, Gordon lâche Lovecraft et tente quelque chose de plus classique. Et ça fonctionne, sous ses aspects de film simple et stéréotypé, Dolls a plus à proposer et est encore aujourd’hui très plaisant, malgré quelques effets ayant vieillis.

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