FROZEN de Adam Green


FROZEN

2010 – Etats Unis
Genre: Suspense
Réalisation: Adam Green
Musique: Adam Garfield
Scénario: Adam Green
Avec Emma Bell, Shawn Ashmore, Kevin Zegers, Ed Harckerman et Kane Hodder

Synopsis: Trois jeunes amis en weekend au ski se retrouvent bloqués le dimanche soir sur un télésiège après la fermeture. Ils vont devoir tenir bon et trouver un moyen de descendre, pour survivre au froid et à la mort qui les guette.

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On n’attendait pas grand chose du réalisateur Adam Green. Réalisateur des deux comédies gore Hatchet, on ne le voyait encore moins se lancer dans un film d’ambiance tout ce qu’il y a de plus sérieux. Et pourtant il réussi son pari en réalisant Frozen. Un film minimaliste partant d’un point de départ pourtant pas bien folichon et qui semble être à la mode en ce moment. C’est à dire bloquer ses personnages dans un lieu unique pendant 1h30. Après Buried, après 127 heures, voilà donc Frozen. Après le cercueil et après le rocher en plein désert, nous quittons la chaleur pour suivre nos trois personnages principaux en montagne. Nous aurons droit à une classique présentation des personnages pendant les vingt premières minutes. Une présentation tout ce qu’il y a de plus banale avec tous les stéréotypes des jeunes en vacances à la montagne. Une intro qui ne met finalement pas vraiment en confiance face au métrage. Il y a des films où dès les premiers instants, on sait qu’on se retrouve devant un bon film, et d’autres ou il faut être patient pour se retrouver devant une bonne surprise. Frozen fait parti de la seconde catégorie. On nous offre donc une bonne vingtaine de minutes de présentation de personnages, classique, pas désagréable pour autant. Il y a le couple, Parker et Dan, et Lynch, le meilleur ami de Dan. Avec leurs problèmes habituels de jeunes, leurs petites tensions entre eux, le célibataire qui pense à draguer les autres vacancières. Et pourtant,  dès le début, alors que les personnages remontent la piste en télésiège de jour, parmi la foule, et que l’ensemble s’arrête de fonctionner, une certaine tension se pose immédiatement. Le fait de s’imaginer dans ce genre de situations fonctionne. Ce n’est qu’une mise en bouche pour la suite puisqu’il nous faudra encore se taper quelques scènes classiques de jeunes sur une musique branchée, avant de rentrer dans le vif du sujet.

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Dès que la nuit commence à tomber, on connaît déjà l’intrigue du film, et finalement, on s’identifie à ces jeunes personnages qui parlent de choses tout à fait banales. Le moment fatidique arrive, nos trois personnages sont sur le télésiège pour une dernière descente, de nuit, et l’appareil s’arrête. Suspendus au dessus du vide, coupés du reste du monde, dans le froid, nos personnages vont commencer à faire ce que n’importe quoi ferait : parler, se raconter des blagues, essayer de penser à autre chose. Ce qui marchera pendant un temps… jusqu’à l’extinction de toutes les lumières de la station. Là, c’est plutôt la panique totale qui s’empare d’eux. Ils vont d’abord chercher une explication rationnelle à ce qu’il se passe, et vont finir par voir les heures passer, le froid devenir plus violent. A partir de là, le spectateur se retrouve bloqué sur ce télésiège avec eux pendant toute la durée du métrage, soit encore 1h10 de film. On s’attendait à voir le réalisateur échouer à maintenir la tension et notre intérêt sur toute cette durée. Pourtant, avec un seul décor, des plans souvent serrés, un éclairage souvent de nuit (bien que le film se déroule sur plusieurs jours), trois acteurs issus de séries télés, et une musique bien pensée de Andy Garfield, Adam Green fait du bon boulot, même du très bon boulot. Egalement scénariste, il retranscrit très bien la tension psychologique d’une telle situation, qui grandit au fur et à mesure que le temps passe et que les événements sont contre les personnages. La nuit tombe, les lumières s’éteignent, le froid arrive, la neige tombe de plus en plus. Les personnages paniquent de plus en plus au fur et à mesure que les heures défilent, perdent la raison et cherchent des solutions irrationnelles de s’en sortir. On se prend de sympathie pour eux tant la situation semble réaliste. Et le réalisateur redouble d’inventivité pour que les situations s’enchaînent sans se ressembler ni paraître grossières.

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Il va jouer avec nos peurs, la peur du noir, la peur de la hauteur, de la solitude, la peur de la mort bien entendu, et même la peur du temps qui passe. Bien entendu le cheminement de l’intrigue et des personnages est classique, mais il fallait cela pour que Frozen reste plausible sur toute la durée, sans faire rire le spectateur. Que ce soit de nuit ou de jour, les superbes décors (il faut le dire) enneigés ne sont que secondaires, puisque le réalisateur filme souvent ces personnages de près. Ils ont beau être en extérieur, ils sont enfermés dans un petit espace, ne peuvent bouger, et ne peuvent donc pas lutter contre le froid. Malgré un rythme assez lent il faut l’avouer (après tout, les personnages restent perchés sur un télésiège pendant les 3 quarts du film), la mise en scène de Adam Green parvient à créer une fluidité visuelle assez impressionnante qui fait qu’on ne décroche absolument pas les yeux du métrage. Surtout que les situations sont toujours de pires en pires, mais sans en rajouter trop ou faire verser le métrage dans le grand guignol. Les personnages luttent pour rester en vie, physiquement, et moralement. Les situations sont prenantes et pleines de tension, les acteurs s’investissent vraiment à fond pour nous y faire croire, et autant dire que ça fonctionne. La musique de Adam Garfield, très discrète et ambiancée en général, fait monter la sauce assez facilement, mais sait également se faire plus émotionnelle lors des quelques grands moments du métrage, notamment dans les moments d’espoir, et colle parfaitement au métrage. Dans cet exercice de style, Adam Green s’en sort donc très bien, et mieux, parvient à surpasser certains films du même genre, comme Buried (réussi mais à l’intrigue parfois un peu trop téléphonée) ou 127 heures (réussi également, mais souffrant de quelques effets de style inutiles comme Danny Boyle les adore).

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16

Les plus:
Une vraie tension
Très belle mise en scène
Très belle musique
Des situations crédibles
Les moins:
La présentation des personnages faisait peur

En bref: Réaliste et ambiancé, le réalisateur parvient à faire monter la tension et à la maintenir jusqu’au final.

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