THE HUMAN CENTIPEDE de Tom Six


THE HUMAN CENTIPEDE

Titre original: The Human Centipede (First Sequence)
2009 – Pays Bas
Genre: Extrême
Réalisation: Tom Six
Musique: Patrick Savage et Holeg Spies
Scénario: Tom Six
Avec Dieter Laser, Ashley C. Williams, Ashlynn Yennie et Kitamura Akihiro

Synopsis : Le docteur Heiter est un spécialiste dans la chirurgie des siamois. Mais maintenant, il veut aller plus loin, entre reliant plusieurs être humains entre eux. Après des essais peu concluants sur des chiens, il passe aux vrais humains, afin de créer un mille-pattes humain avec un seul système digestif. Deux touristes américaines et un japonais vont être ses sujets…

The Human Centipede, on en a beaucoup entendu parler, un peu comme A Serbian Film. Deux films qui ont été immédiatement rangés dans la catégorie des films extrêmes, même parmi les plus extrêmes. Parfois à juste raison (A Serbian Film), parfois un peu à tort (le film qui nous intéresse là). Toujours est-il que le buzz a eu lieu, que tout le monde ou presque a entendu parler du métrage, et que du coup une suite va bientôt pointer le bout de son nez, par la même équipe. The Human Centipede donc, maintenant, tout le monde sait de quoi il s’agît, et c’est ça aussi qui a fait le buzz. Une curiosité malsaine qui a faite que l’on est forcément attiré vers ce genre de métrage. Et au final, sans être un nanar ou un navet, le film s’avère une grande déception. Beaucoup de bruits pour finalement pas grand chose. En fait, il y a de l’idée, c’est certain, des qualités également à plusieurs niveaux, mais le film est pénalisé par quelques éléments qui font que dans son ensemble, le film ne fonctionne pas, et pire, certains passages s’avèrent laborieux. Du côté des passages laborieux, soyons clair, il y a tout simplement les 10 premières minutes, qui nous feraient presque regretter d’entamer la vision d’un tel film. Après un plan d’ouverture hallucinant grâce à la présence de Dieter Laser dans le rôle du docteur Heiter. Soyons clair, il est à lui seul une des qualités du métrage, tant il a l’air habité par son rôle. Sa présence, son regard, il est littéralement flippant. Le voir dans sa voiture sur le rebord de l’autoroute, avec un sentiment de rage mais en même temps de tristesse sur son visage lorsqu’il regarde des photos met immédiatement mal à l’aise. Mais passé ce plan d’ouverture, le film mettra pas mal de temps pour nous remettre dans de telles conditions. Car passé ça, le métrage nous inflige de suivre les deux touristes américaines paumées dans le coin.

Il est toujours obligatoire dans ce genre de métrage de présenter ses personnages, nous sommes d’accord là dessus. Il faut un minimum poser une intrigue et essayer de mettre des personnages crédibles pour rendre l’horreur plus grande. Mais ici, lors de leur présentation, c’est l’inverse qui se produit, tout simplement parce que les deux actrices jouent extrêmement mal. En fait, elles surjouent. Il faut les voir s’engueuler en forêt après que leur voiture ne soit tombée en panne, on frise la caricature, et le ridicule. On n’aurait qu’une seule envie, c’est de voir un tueur débarquer avec une hache pour mettre fin au carnage, et ce serait bien dommage, puisque quelques minutes ensuite, les jeunes femmes arrivent enfin dans l’antre du savant fou, qui ne va pas perdre de temps et en faire immédiatement leur cobaye, avec en plus un Japonais paumé dans le coin. Passé donc les premières minutes assez affligeantes du métrage, on entre enfin dans le bain. Enfermés dans la cave, nos trois touristes de nationalité différente vont devoir s’armer de courage pour survivre dans un premier temps aux explications du docteur. Des explications totalement folles qui dégoutent, d’autant plus qu’encore une fois, Dieter Laser est à fond dans son rôle. Et grande surprise, les deux actrices, une fois enfermées, parviennent à jouer correctement, alors qu’elles doivent jouer la peur, ce qui est réputé pour être le plus compliqué. C’est le monde à l’envers, mais tant mieux pour le film. Le réalisateur lui s’applique pour poser son ambiance, ses cadrages sont lents, la musique colle aux images, et pour le petit budget (1,5 millions), l’éclairage est plutôt joli. La tension monte rapidement, et après quelques tentatives de la part de nos  touristes et un nouveau seuil de folie atteint de la part de notre cher docteur, l’opération commence. Et à partir de là, le film se révèlera à la fois ambiancé et parfois raté, parfois prenant et parfois ridicule, parfois ingénieux et parfois effleurera son sujet. Un comble pour un film indépendant se voulant choquant et ne subissant aucune pression de la part de producteurs ou de studios.

Car passé son concept tout à fait horrible, et même immonde, le réalisateur décidera en quelque sorte de se calmer. L’opération aura bel et bien lieu et nos trois humains seront « soudés » les uns aux autres, donnant lieu à des situations assez dégueulasses, mais le réalisateur se contente toujours de suggérer ces scènes. Si parfois, suggérer permet d’imaginer encore plus horrible que les images, au bout d’un moment, cela joue de mauvais tours au film, donc basé surtout sur son point de départ et ne cherchant nullement à aller plus loin. Reste l’ambiance si particulière du métrage assez réussie, et la force du metteur en scène à mettre un peu de suspense dans un métrage lors de scènes qui pourtant pouvaient paraître ridicules. Le film aurait été pourtant tout de même très réussi ainsi, mais non, car le réalisateur s’est vu obligé (sans doute pour augmenter la durée de son film, ou parce qu’il pensait que ce serait génial) d’inclure dans son métrage deux policiers locaux. Et là, ça blesse, car outre une interprétation assez faible de la part de ses acteurs, les rôles et dialogues qui leur seront donnés seront d’un niveau très faible, et encore une fois caricatural, n’évitant cette fois ci pas le ridicule des situations. Après quelques scènes particulièrement réussies faisant monter la tension, le réalisateur désamorce lui même la situation et fait retomber par la même occasion notre attention, achevant la vision du métrage sur une note tout de même positive, mais largement déçu tout de même. Beaucoup de bruit qui aurait pu être mérité, mais pour un film qui en fait n’en méritait pas tant.

13

Les plus:
Dieter Laser inquiétant
Une idée de départ tordue
Des séquences réussies
Une bonne ambiance
Les moins:
Les 10 premières minutes
Les policiers
Le réalisateur n’étale pas à fond son concept

En bref: Un film original et prenant, qui aurait pu atteindre des sommets sans une multitudes de petits défauts.

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