LAKE PLACID de Steve Miner


LAKE PLACID

Titre original : Lake Placid
1999 – Etats Unis
Genre: Crocodile Géant
Réalisation : Steve Miner
Musique: John Ottman
Scénario :  David E. Kelley

Avec Bill Pullman, Bridget Fonda, Oliver Platt, Brendan Gleeson et Betty White

Synopsis : Après la mort inexpliquée d’un agent de la protection des eaux et forêt dans un lac du Maine, la dent d’un animal préhistorique est retrouvée. Kelly Scott, une paléontologue de New York, est envoyée sur place, ainsi que Jack Wells, un garde forestier. Malheureusement, il s’avère que l’animal est bel et bien vivant.

Lake Placid est un film hybride. Réalisé en 1999 par un Steve Miner qui retrouve une certaine notoriété auprès des fans de cinéma de genre après avoir signé l’année précédente le grand retour de Michael Myers avec un sympathique mais loin d’être parfait « Halloween : 20 ans après il revient » (pour mémoire, il avait réalisé dans les années 80 les opus 2 et 3 de la saga Vendredi 13 et le premier opus de House), Lake Placid est un mélange entre le classique film d’animal tueur, ici un crocodile géant donc, et un film pratiquant un humour assez sarcastique et se focalisant sur ses personnages. Si bien que le métrage, malgré certaines qualités, a le cul entre deux chaises. Le début nous met dans le bain, avec une introduction classique de film de monstres aquatiques. On pense bien évidemment aux Dents de la Mer de Spielberg, entre autre. Dur de s’en éloigner, le film ayant réellement posé les bases de ce genre de films. Néanmoins, la réalisation de Steve Miner est appliquée (ce qui ne sera pas le cas des suites signées Syfy, purs produits vidéos torchés à la va vite), on est bel et bien devant un produit pour le cinéma, ce qui se fait de plus en plus rares. Les plans sont parfois intéressants, la réalisation travaillée, les décors très bien mis en valeur. Le film ne cloche pas à ce niveau là. Au niveau de son scénario et de son rythme, c’est une toute autre histoire.

Comme dit précédemment, le film va mélanger humour s’axant sur les personnages et film de croco tout ce qu’il y a de plus classique, et les deux ne se marient pas toujours ensembles, même si certaines scènes font mouches. L’humour est assez plaisant, surtout que les acteurs sont bons. Aucune surprise à ce niveau quand on jette un œil au casting. Bill Pullman en garde forestier (acteur dont la carrière s’est un peu égarée depuis Independance Day en 1996…), Bridget Fonda en paléontologue, Oliver Platt en spécialiste milliardaire. Bref, du lourd. Malheureusement, à force de jouer sur l’humour et de se concentrer sur ses personnages, le scénariste a oublié en cours de route qu’il faisait aussi un film de croco géant, et donc, qu’on voulait voir un minimum la bête et ses attaques. Les attaques sont donc très rares, tout comme les apparitions du crocodile, et c’est bien dommage, car la bête est extrêmement bien faite. On est bien loin de tous ces films utilisant des images d’archives ou du numérique bas de gamme (Syfy, Nu Image, Asylum), on est ici bel et bien en face d’animatronics, et d’un crocodile vraiment bien foutu et réaliste.

Mais le réalisateur, tout comme le scénariste, n’ont pas misés là dessus. Les attaques de la bête, bien que pas inintéressantes (l’attaque de l’ours, où quand Hector se retrouve face à la bête), sont très furtives et on passe très rapidement à autre chose. Le film comporte pas mal d’autres idées intéressantes, mais qui seront assez rapidement éclipsées, comme la vieille dame nourrissant le crocodile avec des vaches. Au lieu de ça, le métrage concentre la majeure partie de sa courte durée (à peine 1h20 au compteur) sur l’humour et ses quatre personnages principaux, nous offrant réellement un film hybride assez étrange, bien que pas déplaisant. Même le final s’avérera décevant et surtout très simpliste et vite torché. Rien d’étonnant quand on sait que le scénariste n’est autre que David E. Kelley (Ally McBeal). Il aura eu le mérite de tenter de faire quelque chose de différent, et ça ne marche jamais pleinement. Lake Placid reste divertissant, mais est vite vu, vite oublié. Les suites tardives d’ailleurs oublieront le cocktail du scénariste pour livrer des films de monstres bêtes et méchants, et surtout puant le numérique a plein nez. La pauvre saga n’aura jamais eu de chance.

9

Les plus:

Le crocodile très bien fait

Des attaques réussies

De bons acteurs

Les moins:

Le crocodile peu montré

Des attaques très furtives

Le mix entre film de monstres et comédie de personnages pas toujours réussi

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