KOTORIBAKO de Fukuda Yôhei


KOTORIBAKO

Titre original : ことりばこ
2011 – Japon
Genre: Fantastique
Réalisation : Fukuda Yôhei
Musique: 
Scénario :  –

Avec Kobayashi Miyuki, Mizuno Makoto, Fukuhara Mayu et Takahashi Ayumi

Synopsis : Des jeunes partent en vacance dans une petite pension totalement isolée à la campagne. Tout s’avère parfait pour qu’ils passent un super moment, à une condition : il ne faut pas aller dans le sanctuaire situé à quelques pas de la pension la nuit, où une terrible malédiction pourrait se jeter sur eux.

Fukuda Yôhei est un réalisateur que j’apprécie. Toujours armé d’un micro budget, qui le pousseront parfois à s’occuper lui même de la photographie de ces films, il aura livré un Onechanbara super fun, les deux Death Tube, bourrés de petites idées sympas ou encore Tokyo Gore School, sympathique film d’action. Bien entendu, tout ça, ce n’est pas du grand cinéma, c’est du V-Cinéma, mais malgré tout, ça a eu droit à une sortie internationale, et même française pour le premier Death Tube. Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, rien de prévu à l’international. Comme de nombreux films, Kotoribako est destiné à un public Japonais, pour des locations en vidéo club (ou un achat très couteux online pour les courageux) et c’est tout. Kotoribako commence de manière plutôt…. Insupportable, il faut avouer. Surfant encore une fois sur la vague des films tournés en caméscopes tenus par les acteurs eux même, le début fait peur. On le sait depuis, ce procédé justifie les cadrages hasardeux et l’éclairage pourri. Ainsi, on se retrouve devant une caméra qui tremble, filme tout et n’importe quoi, avec une mise au point au hasard. Une mauvaise mise en bouche, qui heureusement, ne dure que quelques minutes. Cinq jeunes s’amusent, partent en vacances, filment un peu tout et n’importe quoi donc (oui, même une glace en gros plan), puis montent en voiture pour rejoindre une pension en compagnie du propriétaire, qu’ils louent pour l’occasion, dans un petit village. Heureusement, dés leur arrivée sur les lieux, le film oublie l’aspect caméscope pour avoir un aspect beaucoup plus sérieux et surtout attirant pour l’œil (à quelques scènes près).

La présentation des personnages n’a rien de forcément passionnante, les personnages sont des jeunes comme on en voit dans tous les films de genres, et les acteurs font un boulot tantôt honnête (quand il faut jouer le jeune classique) tantôt assez mauvais (ah, la peur, l’angoisse, ce n’est pas facile à jouer). On suit ces personnages s’installer, partir se baigner, et on se rend compte qu’en dehors des plans caméscopes, le film est réalisé avec sérieux. On aura même droit à une belle photographie, ce qui faisait défaut à certains anciens films de Fukuda. Puis rapidement, la nuit tombe, et les jeunes se rendent forcément… là où il ne faut aller. Dans le sanctuaire à côté de leur pension. Et là, le film démarre sérieusement, une petite vingtaine de minutes après le début, en posant une ambiance plutôt réussie, prenant, et énigmatique, mais jamais vraiment immersive. Après leur petit voyage nocturne au sanctuaire où il ne fallait pas aller, une étrange boite noire fait son apparition sur la table du salon. Boite qui, ouverte, libère un étrange liquide noir et visqueux. A partir de là, le métrage va alterner les bonnes et moins bonnes idées, et les fausses pistes. Le danger, contenu dans la boite noire, ne sera pas le seul soucis de ces jeunes, puisqu’en allant au sanctuaire, ils vont aussi se mettre à dos les gens du village. Bon, petit village et petit budget oblige, ça ne fera pas grand monde, mais la menace est belle et bien là.

Cette alternance entre menace supernaturelle et menace belle et bien humaine est une excellente idée, ouvrant de nombreuses portes et permettant au métrage de varier les plaisirs et de tenir sur la durée (1h23, alors que tous les sites indiquent 60 minutes). Dommage que le jeu très approximatif de certains acteurs, comme le gérant de la pension, ou plutôt le surjeu, vient décrédibiliser certaines scènes, et donc sortir le spectateur d’un film, certes pas exceptionnel, mais intéressant et divertissant. La réunion entre certains habitants du village sera un moment relativement comique par exemple, mais malheureusement, non volontaire. Le final rattrapera tout ça, avec des idées bien trouvées et quelques scènes sanglantes bienvenues. Si la malédiction ne vous tue pas, les charmants habitants s’occuperont de vous, après tout. Hitoribako a ses défauts et ses qualités, et reste au final un film dans la moyenne des autres métrages du réalisateur. Sympathique, avec de bonnes idées, et c’est déjà bien, quand on voit les autres métrages du genre qui sortent.

10

Les plus:

De bonnes idées

Des scènes bien trouvées et prenantes

Une photographie appliquée

Le final

Les moins:

Des baisses de rythme

Des acteurs pas top

Des scènes au caméscope qui ne donnent pas envie

En bref: Fukuda Yôhei revient avec un nouveau film V-Cinema après Death Tube et tant d’autres. Et il nous livre encore un film sympathique avec de bonnes idées, mais bourré de défauts.

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