MAN BEHIND THE SCISSORS de Ikeda Toshiharu


ManbehindthescissorsMAN BEHIND THE SCISSORS

Titre original : Hasami Otoko – ハサミ男
2005 – Japon
Genre: Policier
Réalisation : Ikeda Toshiharu
Musique: Honda Toshiyuki
Scénario :  Ikeda Toshiharu et Kagawa Masahito

Avec Toyokawa Etsushi, Aso Kumiko, Abe Hiroshi, Higuchi Kôji et Ishimaru Kenjiro

Synopsis : Depuis un an, une série de crimes frappe la ville de Meguro. Des jeunes lycéennes, intelligentes, sont victimes du « Hasami Otoko », l’homme aux ciseaux, qui les assassine en leur plantant un ciseau dans la gorge. La police n’a aucune piste. Cependant, le tueur n’est pas seul. Yasunaga, le tueur, aidé par son amie Chika, surveillent une jeune femme pour l’assassiner, mais découvrent son cadavre. Un copycat les a devancés, et ils se font passer comme témoins. Alors que la police tente toujours de trouver le coupable, eux vont tenter de découvrir qui est le copycat.

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Encore un petit film japonais totalement inconnu et inédit en France. C’est à se demander à quoi pensent les distributeurs, quand ils nous sortent des films au cinéma comme Shinobi ou en vidéo, comme Ju-Rei, manquant d’inventivité, pour laisser de côté tant d’œuvres méritant amplement d’être découverte pour leurs atouts scénaristiques ou visuels, ou tout simplement leur audace. Hasami Otoko fait partit de ces films là. Quand on s’aperçoit de l’homme à la mise en scène, ça ne fait aucun doute. On retrouve donc ici Ikeda Toshiharu, qui n’est nul autre que l’homme nous ayant offert par le passé Evil dead trap, ce splendide hommage aux gialli de la bonne époque, et sa dernière suite, le troisième opus, passé totalement inaperçu malgré d’immenses qualités, et qui se retrouvait plus être un film policier qu’autre chose. Hasami Otoko suit en quelque sorte la même direction, mélangeant la certaine nostalgie du premier Evil dead trap envers des genres et ambiances des années 70 et une intrigue policière assez lente comme dans le troisième opus. Hasami Otoko s’inscrit alors parfaitement dans la logique de la carrière de Ikeda. Dès les premiers instants, nous sommes plongés dans une intrigue assez rétro, où nous suivons, fait un peu trop rare au cinéma, l’intrigue du point de vue des meurtriers. L’homme aux ciseaux. Cet homme, c’est Yasunaga, peu bavard, joué par Etsushi Toyokawa, qui jouait le grand méchant dans The great Yokai War, de Miike Takashi, cette même année 2005. Il est toujours accompagné par Chika, jeune femme, qui ne semble guère apprécier la tournure sanglante des évènements, et qui tentera au fur et à mesure du métrage plusieurs tentatives de suicides, en vain. Ce n’est pas cette action qui la délivrera de ce qu’elle ressent, loin de là.

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Car outre son petit côté années 70, fortement renforcé par la musique, sublime, le film tente d’innover et va s’axer sur la psychologie du personnage de Chika. Ce qui s’avérera être la bonne solution tant dans son ensemble, le personnage semble être le plus intéressant et le plus torturé. Yasunaga est peu bavard, tout le temps présent pour Chika, même si l’on ne sait jamais vraiment ce qu’il ressent, alors que Chika, elle, laisse transparaître avec facilité ses émotions, tout en gardant pour elle un terrible secret, twist final du film du plus bel effet. Et parallèlement à nos deux tueurs, nous allons suivre l’enquête de police. Qui n’avance pas des masses ! La police devra attendre l’arrivée d’un profiler dans ces locaux, Horinouchi, joué par le génial Hiroshi Abe, que l’on a pu apercevoir dans les films démentiels que sont Crazy lips et Gore from outer space, ou dans Godzilla 2000. Ici, il joue un personnage plus calme qu’à l’accoutumé, mais il le fait de manière juste, apportant par moment un peu d’humour au film. Quand Chika et Yasunaga vont suivre leur future victime, ils vont finir par la trouver morte dans un parc, de la même manière qu’ils l’auraient fait. Un homme arrive, et ils se font passer pour des témoins. La police va avoir des doutes sur eux, et enquêter en fonction. Quant à nos deux tueurs, ils vont eux aussi enquêter, sur l’identité du copycat, en tentant de reconstruire l’emploi du temps de la victime. Nous sommes donc invités à suivre deux enquêtes en parallèle, et cela fonctionne plutôt bien, malgré quelques petites longueurs ci et là. Mais on se laisse bercer par cette ambiance sortie d’une autre époque.

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Mais contrairement aux deux précédentes œuvres du metteur en scène citées, ce rapprochement dans l’ambiance, ou parfois dans le style de l’histoire, le style visuel est totalement différent. Là où dans son hommage aux gialli, les meurtres étaient importants, et se devaient d’être visuels, ici, ils sont peu nombreux, notamment en première partie de métrage, et ne s’avèrent pas être le cœur de l’intrigue. Ce qui compte ici, c’est le cheminement des personnages au fur et à mesure de l’histoire, pour pouvoir dévoiler dans sa dernière partie le ressenti et le passé des personnages, afin d’oublier l’intrigue policière et s’axer sur un drame profondément humain. C’est cette dernière partie de l’œuvre, où les acteurs sont utilisés à contre-emploi (à ce titre, Abe Hiroshi convient parfaitement à son personnage) que le tout trouve sa signification, et empêche Hasami Otoko de n’être qu’un simple film hommage à une époque résolue. Le réalisateur a du talent, et de la suite dans les idées, ce qui lui permet de nous donner cette œuvre hors du commun, véritable drame humain du plus bel effet, où il ne faut pas se fier aux apparences.

150

Les plus:

Une mise en scène sublime

Excellente ambiance

Le score musicale

Abe Hiroshi

De bonnes scènes

Les moins:

Quelques points prévisibles

En bref: Un nouvel hommage au cinéma d’antan pour le réalisateur d’Evil dead trap 1 et 3, où il brise tout ce que l’on croyait dans sa dernière partie pour s’axer sur un drame plutôt que sur une enquête plutôt classique. Les images sont belles, et la musique convient parfaitement à donner une identité propre au métrage.

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