LA MORT EN LIGNE (着信アリ) de Miike Takashi (2003)

LA MORT EN LIGNE

Titre original : One Missed Call – Chakushin Ari – 着信アリ
2003 – Japon
Genre : Fantastique
Durée : 1h52
Réalisation : Miike Takashi
Musique : Endô Kôji
Scénario :  Taira Minako

Avec Shibasaki Kô, Tsutsumi Shinichi, Fukiishi Kazue, Nagata Anna et Ishibashi Renji

Synopsis : Yoko reçoit sur son téléphone portable un message vocal devant de son propre téléphone, deux jours plus tard, où elle s’entend mourir. Deux jours plus tard, à l’heure prévue, alors qu’elle est au téléphone avec son amie Yumi, elle meurt. Une nouvelle victime est alors choisie à partir de son répertoire téléphonique.

Arrivant chez nous, en France, fin 2005, La mort en ligne, ou One Missed Call dans son titre international  est déjà sorti depuis un bout de temps au Japon, et a même eu l’honneur d’une suite en 2005 justement, suite au succès de ce premier épisode, signé Miike Takashi. Une suite différente et un brin ratée, et même d’un troisième épisode en 2006, ainsi que d’une série télé de 10 épisodes reprenant plus fidèlement le roman d’origine. Enfin, Miike Takashi, revenons à lui. Réalisateur la plupart du temps violent, aimant choquer, nous fournissant des débuts survitaminés et un final surprenant, on a comme l’impression qu’il s’est un peu calmé pour ce film de commande, ce que prouvera également la suite de sa filmographie (ah, combien de nanar grand public, adaptation de jeux ou de manga). En effet, à de rares exceptions près, on ne retrouve pas l’ambiance de ses autres films. Est ce que ça fait de La Mort en Ligne un mauvais film ? Pas du tout. La Mort en Ligne est en effet un film de fantôme très classique, mais très efficace également. Le réalisateur prend cette fois le temps de bien poser ses personnages en nous offrant une réalisation maîtrisée et de très beaux éclairages. Travaillant comme toujours avec Endô Kôji  à la musique, la musique colle parfaitement à l’ambiance du métrage, et la sonnerie enfantine prévenant des meurtres va longtemps trotter dans votre tête après la vision du film. Cette sonnerie est d’ailleurs un coup de maître,  comparé à son homologue Coréen, Phone (ou à la série de 10 épisodes).

Enchaînant de manière très rapide les deux premiers meurtres avec une réelle maîtrise dans sa réalisation lors de scènes violentes, mais étonnement peu sanglantes (et sans s’attarder des plombes dessus), le film change un peu, en s’intéressant, comme tout film de fantômes asiatiques, sur l’identité du fantôme et ses motifs. Mais de ce côté là, rien de neuf, le film pique à droite et à gauche dans les films à succès tels que Ring, Ju-on et autres. Mais il le fait de manière très efficace et en ajoutant quelques scènes qui resteront dans les mémoires. Le fait même que la malédiction se déplace avec les téléphones portables, et donc le carnet d’adresse de la victime est un choix assez astucieux, bien que parfois, bien peu exploité par rapport a ce que les possibilités offraient. A ce niveau là, le troisième épisode semble être plus ingénieux (en pouvant renvoyer la malédiction soit même à une personne de son répertoire). Mais comme il s’agît d’un film de Miike, l’ingéniosité se retrouve par moment ailleurs, même si l’ensemble du film reste et restera bel et bien classique. La scène où une future victime passe en direct à la télévision est sans aucun doute un grand moment, si ce n’est le meilleur, du métrage. Passage surprenant, réelle critique des médias qui montre vraisemblablement l’escroquerie que les médias représentent, on finit par regretter que la scène ne  dure pas plus longtemps, tellement poignante de vérité et au suspense prenant (la même scène dans le remake Américain sera ratée).

Malheureusement, après cette séquence anthologique, le climat du film redescend peu à peu en s’intéressant encore à l’histoire du fantôme et ne plaçant quelques nouveaux clins d’oeil (ou en pillant, c’est comme on veut) à d’autres films. Non pas que ce soit inintéressant, la réalisation est correcte, mais le classicisme reprend le pas sur le film. Mais au fur et à mesure de l’avancée, on se laisse tout de même prendre au jeu. On s’intéresse à cette histoire, et la partie se déroulant dans l’hôpital désaffecté est très réussie, flippante et sans temps mort, et ce jusqu’au final, où on retrouve encore un peu l’esprit de Miike, et où chacun je pense pourra avoir son interprétation sur la chose. Le film est certes par moment inégal, mais on sursaute de temps en temps, et il y a vraiment des scènes se démarquant du reste, prouvant que Miike peut mettre sa patte sur une œuvre purement commerciale. Chose qu’il fera de manière bien moins convaincante par la suite. La Mort en Ligne est encore une bonne production, plus calme pour Miike, mais plus professionnel a pas mal de niveaux, l’ensemble est très clean.

Les plus

Des scènes qui font peur

La scène de l’émission de télé, excellente

Ça se suit très bien

Les moins

Shibasaki Kô, peut être pas le meilleur choix

Très classique par moment

En bref : Pas vraiment original, le film possède de bons moments de flippe, des séquences inventives et marquantes, et la réalisation est tout à fait honnête. Il est juste dommage que le film soit un peu trop calme et peu original.

4 comments

  1. Tout à fait d’accord ! Sans renouveler le genre, « La mort en ligne » est un très bon film !
    J’aime bien le coup de la malédiction par téléphone. La scène sur le plateau TV est l’une des meilleures comme tu as dis !

    1. Ah oui, j’ai oublié ! A la fin, Yumi (l’héroïne) est possédée par Mimiko. C’est bien ça ? Donc elle tue le mec ?

      1. Oui c’est comme ça que je le vois, avec le coup où elle lui donne le bonbon. J’adore cette fin très subtile d’ailleurs (même si la chanson J-Pop du générique pour un film pareil, je m’en serais passé lol)

    2. Voilà, classique mais tellement bien foutu dans le fond, même si c’est sans doute avec ce film que Miike a commencé à se lancer dans du cinéma plus commercial et carré (même si la même année y a eu IZO quand même !) Et c’est plus réussi que la même histoire version Corée: PHONE.

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