PRAYER BEADS (念珠)

PRAYER BEADS

Titre original : Omoinotama – 念珠
2004 – Japon
Genre : Anthologie de courts métrages
Durée : 9 courts métrages pour 4h30
Réalisation : Okano Masahiro (1, 4, 5, 8 et 9), Kawata Shigehito (2), Kusumoto Naoki (3, 7) et Kubo Toshikatsu (6)
Musique : –
Scénario : 

Avec Kojima Hiriji, Endo Masa, Juri, Eita, Otsu Mineko, Kato Masaya, Ishido Natsuo, Okada Megumi, Kaneko Takatoshi, Fukikoshi Mitsuru, Odagiri Joe et Sato Kei

Synopsis : Et voilà une nouvelle anthologie de courts métrages venus du Japon. Ce genre de produits n’est pas chose rare, puisque nous avions eu plusieurs anthologies baptisées Tales of terror from Tokyo, ou encore le Dark Tales of Japan. Des produits très inégaux et pour la plupart, franchement mauvais. Prayer beads devait être l’exception, ayant une excellente réputation un peu partout et essayant, par sa mise en scène et le fond de ses histoires de créer un tout cohérent. L’entreprise est donc intéressante sur plus d’un point, et l’homme derrière tout ça est Okano Masahiro. Un homme peu connu et surtout spécialiste des effets spéciaux. Pourquoi pas après tout. Nous nous retrouvons donc en face de 9 courts métrages d’une demi heure chacun, mais malheureusement, dans son ensemble, le film ne parvient pas à tenir toutes ses promesses, même si l’ensemble reste d’un haut niveau.

La première histoire s’intitule simplement Prayer beads, et comme entrée en la matière, ne s’avère pas être des plus convaincantes. Loin de là, puisqu’elle ne donne absolument pas envie de se plonger plus longuement dans cette anthologie, alors que ce serait se priver de quelques morceaux de choix.  Se déroulant principalement dans un seul lieu, cette histoire met en scène deux femmes, dont l’une est enceinte, et l’autre hautement dépressive.  Une histoire finalement peu intéressante et classique mettant en scène des thèmes tels que l’adultère, et qui en profite, avec le personnage de la dépressive, pour nous mettre des apparitions de fantômes tout ce qu’il y a de plus classique. Au spectateur de choisir si tout cela est réel ou si nous sommes simplement dans l’esprit malade de la dépressive, mais cette histoire semble longue et ne passionne pas des masses. On pourra même dire qu’elle finit par assommer. Heureusement, le réalisateur aura été très astucieux dans le placement de ses histoires, comme s’il avait décidé d’entourer les histoires les plus faibles par des histoires bien supérieures. Ce qui va remonter le niveau dés la seconde histoire, à la fois beaucoup plus originale, inventive, surprenante et sanglante. Vending Machine Woman nous propose donc de suivre un couple qui part en vacances dans un petit chalet en montage, au bord d’un lac. Une destination rêvée pour oublier le stress de la vie urbaine. A leur arrivée, le couple va pourtant se rendre compte qu’il y a un petit problème, et qu’il n’y a pas d’eau courante. Le propriétaire les avertit qu’il réglera le problème le jour suivant, et surtout, leur donne le conseil de ne pas sortir la nuit. Chose qu’ils vont bien entendu faire, la femme commençant à avoir soif. L’homme va donc reprendre la voiture à la recherche d’un magasin ou d’un distributeur. Distributeur qu’il finira par trouver dans un coin totalement isolé. A l’allure n’inspirant pas confiance et n’ayant qu’un seul type de boisson à proposer, l’homme prendra tout de même deux boissons, et retournera au chalet, sans se douter que la boisson n’est pas faite pour eux. Les premiers signes sont des vomissements, puis la perte du goût des aliments, puis l’envie de reprendre de la boisson. Cette histoire très originale s’avère aussi intéressante et hypnotisant qu’inattendue dans son final, et fera son petit effets sur le spectateur, et pourra même être perçue comme une critique acide de la société de consommation. Arrivé à ce stade, l’anthologie Prayer beads est en très bon chemin, et on peut alors enchaîner sur la troisième histoire, encore une fois surprenante, mais un peu moins convaincante. Cette fois ci, avec It’s me, nous suivons le parcours de deux hommes, arnaqueurs, appelant des personnes âgées pour faire des arnaques téléphoniques et leur soutirer de l’argent. Dans un premier temps, l’histoire fonctionne, et on se demande bien où cela va nous mener, où l’horreur et le fantastique va bien pouvoir surgir, de manière inattendue. On parvient à s’attacher quelque peu au personnage principal. L’histoire reprend un peu le principe du premier court, à savoir qu’est ce qui est vrai ? Et qu’est ce qui ne l’est pas. Mais finalement, la révélation finale tombe un peu à plat.

Comme si, encore une fois, le réalisateur de la plupart des histoires et superviseur de l’ensemble, Okano Masahiro, prenait un malin plaisir à alterner les histoires qui nous absorbent complètement et les histoires un peu moins convaincantes, ce qui se révèlera plutôt juste avec le quatrième court métrage, nommé tout simplement Real, et qui encore une fois, nous permettra de douter de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas. Cette fois ci, c’est le parcours d’un chirurgien qui ne va pas très bien, victime d’hallucinations et de malaises, qui nous est proposé. Dés le départ, nous plongeons dans un monde horrible et claustrophobique, où la tension ne va que s’accentuer au fur et à mesure des minutes. Un de ses amis va lui recommander d’aller voir quelqu’un, qui pourra l’aider, mais qui malheureusement pour lui, va le droguer. Et la drogue va faire effet petit à petit, lui dévoilant un monde tout autre, où tout le monde ne semble pas humain, certains saignant vert. Notre brave chirurgien surmené à la base va perdre totalement le sens des réalités tandis que la police va le rechercher. Cette descente aux enfers d’une demi-heure s’avère tout à fait convaincante de bout en bout et restera à coup sur, avec le second court, dans les mémoires. Un court très visuel et oppressant comme il se doit. Mushroom Hunting, la cinquième histoire, permet au sein d’une même histoire de côtoyer les extrêmes. Le point de départ, et donc l’élément déclencheur ne s’avèrent pas du tout réalistes, et on en viendra presque à en rire, puisque nous suivons trois amis, deux hommes et une femme, qui se sont rencontrés sur le net et se voient pour la première fois, en organisant une chasse aux champignons en forêt. Un brin ridicule, mais la réalisation très soutenue de l’ensemble fera passer la pilule avant d’en arriver aux choses sérieuses, avec la rencontre à la tombée de la nuit d’un vieil homme les mettant en garde contre la sorcière vivant dans ses montagnes, près d’un champ de champignons. Les jeunes finiront bien entendu par rencontrer la fameuse sorcière, tout d’abord gentille d’apparence, mais qui dévoilera bien assez vite ses vraies intentions. La qualité de la mise en scène et des effets spéciaux permet de mettre rapidement de côté quelques erreurs d’écritures et nous permettent de passer un bon moment et d’enchaîner sur le sixième court, Eddie. Une histoire un peu étrange, mettant en réalité deux histoires en parallèle qui vont finir par se rejoindre. D’un côté, nous avons un petit garçon doté de pouvoirs paranormaux vivant avec son grand père, dont chaque personne lui manquant de respect finit par mourir, et d’un autre, Eddie (baptisé ainsi par les médias), un gentil phoque étant apparut dans la baie de Tokyo. Au départ peu passionnante, il faudra attendre le final totalement ahurissant et surprenant pour se dire qu’il fallait bien attendre d’abord 20 minutes pour pouvoir voir ça. Un court dont on pardonnera facilement son début assez long pour retenir la grosse surprise finale.

Echoes fait office de septième histoire (ou court, ou épisode) dans lequel une jeune femme est assassinée, et ses grands parents aux pouvoirs surnaturels, avec l’aide de la sœur jumelle de la victime, vont partir à la recherche du tueur, avec pour seul indice un tatouage. Malheureusement, l’ensemble manque de crédibilité et s’avère parfois un peu trop long, notamment dans les recherches du grand père, et les quelques effets numériques du film ne sont pas totalement aboutis, exceptés dans la scène finale, convenue mais généreuse. Une petite déception dont on ne retiendra finalement pas grand chose. Cat’s Pow, le huitième épisode, s’avère lui être en total décalage avec l’ensemble. Un enfant est martyrisé par ses camarades de classe, et va trouver la solution pour se venger, avec l’aide de Nyanta, un personnage de dessin animé sur internet. Mélangeant images réelles et dessin animé, on se retrouve devant une histoire assez étrange à laquelle on a tout d’abord du mal à adhérer, un bon gros délire qui va finalement se révéler amusant, mais dont on se demandera toujours quelle est sa place dans cette anthologie, si ce n’est d’être l’opus le plus délirant. Nyanta va donc partir à la recherche des jeunes et les tuer, en animé, de manière improbable très typée manga, ce qui nous fera bel et bien rire, mais c’est tout. Okano Masahiro va alors clore ses différentes histoires avec un neuvième court, intitulé Apartment, et qui va finalement relier toutes les histoires dans son final. Au départ, nous suivons une famille dont chaque membre a peur du père, qui tyrannise tout le monde, de la mère à la fille, en passant par le fils. Suivant son humeur, personne n’y échappera. Toute la première partie est très tendue et dérangeante, avant que le tout ne retombe à plat dans son final, avec cette envie de relier toutes les histoires. Dommage. Prayer beads est donc quelque peu décevant, car si l’ensemble, à une histoire prés (la huitième, en dessin animé), représente un tout cohérent, certaines histoires ne fonctionnent pas. Mais les histoires fortes sont suffisamment obsédantes et originales pour que l’ensemble se hisse à un assez haut niveau et ne nous fasse pas regretter la longue vision (4h30) de l’ensemble.

Les plus

Le second sketch
Quelques très bons moments
Mine de rien les 4h30 passent vite

Les moins

Inégal
Quelques histoires anecdotiques

En bref : Inégal, comme souvent, cette anthologie possède néanmoins une assez grand majorité d’histoires tout à fait prenante, et la qualité générale des effets et surtout de la mise en scène permet de passer un excellent moment.

10 comments

  1. Salut !

    Hier soir, j’ai regardé le second DVD avec les 4 dernières histoires !

    Après avoir lu ta critique, j’en ressort avec la même impression. Du très bons et du moins bons même si, au final, j’ai apprécié chaque histoire et passé un super bon moment !!
    Mais, pour moi également, la meilleure (et celle que je vais revoir) est, sans contestation possible, la deuxième histoire : « Vending maching woman » !! Et ce n’est pas seulement dû à l’actrice très charmante. :p L’ambiance est excellente et la fin est juste phénoménale ! Je ne verrais plus ces machines de la même façon. ^^

    Dans le septième segment, j’ai été surpris de reconnaître Joe Odagiri (Jellyfish, Shinobi) que j’ai connu grâce à son rôle de Yusuke Godai dans Kamen Rider Kuuga ! (L’un de mes riders préféré !)

    J’aurais bien aimé encore plus de folie dans « Cat’s Paw » pour opposer davantage le côté enfantin et horreur.

    Par contre, je n’ai pas compris la fin de « Apartment » et quel(s) élèment(s) relie(nt) le tous ! Même si comme toi, j’ai totalement adhéré au début avec l’extrême tension dans la « famille ».
    Est-ce que le pilote qui parle de sa femme enceinte est celle du premier segment ? J’ai juste reconnu la peluche Nyanta !

    1. Coucou (tu arrives pile quand je vais me préparer pour partir dans une heure, mais j’ai un peu de temps encore hihi). Content que tu ai aimé, peu de gens le connaissent aussi celui-ci, entre la « non-sortie » en France, la longue durée, les changements de styles sur 4h30 (ça doit pas être simple à vendre j’admet).
      Je te rassure, je n’ai pas tout compris non plus, je me prévois une seconde vision (avec quelques accélérés, 4h30 tout de même…) pour bien tout assimiler. Du coup je pourrais t’en dire bien plus. Par contre oui, la seconde histoire, elle reste longtemps, il fallait la trouver l’idée, super original, et bien glauque comme il faut. En court métrage, il faut bien un 16 à lui tout seul! Je vais peut-être l’embarquer pour le montrer à une amie cet aprem tiens!

      1. A l’heure où j’écris, je pense que tu es déjà parti mais ce n’est pas grave, tu auras de la lecture en rentrant !! :p

        Exactement, d’un côté, je suis révolté de ne pas avoir plus de sorties en France de films tel que Prayer Beads mais d’un autre côté, le film est tellement spécial (ce n’est pas une critique hein !) que je doute qu’il puisse réellement se vendre sauf pour les amateurs comme toi et moi. (et je doute que la communauté en France soit forte, enfin peut-être que je me trompe !) donc aucun éditeur tentera le coup ! Alors que des films comme « Death tube » ou « Grotesque » sont plus facile à promouvoir.

        Cool ! Tu me tiendras au jus si tu arrives à comprendre certains éléments de la fin car il y a sûrement une subtilité. Comme le fantôme dans l’hélicoptère : d’où il vient et pourquoi là !! ahhhhh !!!
        Plus tard, je tenterais également le coup d’un revisionnage (en effet ce mot n’existe pas ! haha !)

        Yess !! Si vous avez l’occasion de le regarder, tu me diras l’avis de ton amie!! Complétement, un bon 16 !!!

        1. Exact, j’étais déjà sur le chemin, et me voici de retour pour t’apporter des réponses :p

          Question difficile, je pense qu’il y a un public, mais que déjà, le temps de sortie entre un dvd import et un dvd français font que beaucoup se tournent immédiatement vers l’import (dont moi). Du coup fatalement, je pense que quand le produit sort enfin chez moi dans les rares cas, le succès n’est pas forcément au rendez-vous… DEATH TUBE je suis toujours surpris, car bon, c’est du vrai pur V-Cinéma, fauché, pas super bien éclairé ou fait, et ça sort. GROTESQUE oui c’est à part, il y avait dés le départ toute la réputation derrière ^^

          Et malheureusement, nous n’avons pas eu le temps de le regarder malgré la courte durée grrrrr. Je me le referais seul de toute façon.

  2. Hello !!

    Tu n’as pas tort car personnellement, je doute également acheter une seconde fois un film que j’ai déjà acquis en import sauf si j’ai vraiment adoré celui-ci et si l’édition est intéressante.
    C’est clair. Je me demande comment ils ont eu l’idée de distribuer « Death tube » en France. Peut-être le nom en rapport avec youtube et potentiellement accrocheur.

    Hannnn !! Vous n’avez même pas pris 30 minutes de votre temps pour regarder ce second épisode ! Je suis extrèmement déçu !! Mouahahah :p

    1. Coucou à toi 🙂
      Voilà! Je le faisais à une époque pour montrer à un ami des films (vu qu’il n’a pas un anglais assez développé pour la vosta, mais maintenant il s’y met), mais à force, c’est de l’argent foutu en l’air, j’ai arrêté.
      Je pense que c’est ça oui pour DEATH TUBE, mais bon… je doute que le second débarque, tant pis, j’ai mon zone 1!

      Et non, même pas… j’avais aussi ramené TRANCE de Danny Boyle et LOVE EXPOSURE de Sono Sion, et rien de rien regardé snif :p

      1. Bonsoir !!

        En effet, acheter deux fois le même films (import puis français) coûte un bras ! Même si nous sommes amateur de ce genre de films, il n’y a pas de code de triche afin d’avoir de l’argent en illimité !

        J’attends la fin d’année se terminé et je me commande le second épisode de « Death tube » !

        Oh purée ! Autant le 2 épisode de « Prayer Beads » se regarde rapidement, autant « Love exposure », il faut avoir le temps !! (même si j’adore ce film !!)

        1. Bonsoir ^^

          Malheureusement… Du coup j’ai arrêté, et mes potes se mettent à l’anglais petit à petit 😀 (VICTOIRE!!).

          Comme déjà dit, si tu as aimé le premier, tu aimerais le second ^^

          Oui mais bon, LOVE EXPOSURE, c’est genre mon film préféré, j’ai le titre tatoué sur l’avant bras quoi, on plaisante pas avec Love Exposure !!! 😀

  3. Ah oui !! On ne plaisante plus ! Mais je te comprend, malgré la durée, le film passe extrêmement vite tellement on est captivé par l’ambiance, l’histoire, les personnages, la musique, enfin tout !

    Mais tu l’as tatoué en français ou en japonais ? 😀

    1. Voilà, surtout que la première fois que je l’ai vu, il était genre 4h du matin, je l’ai lancé car j’adore Sono Sion, je ne savais même pas encore la durée… Au final, 4h plus tard, j’avais genre des étoiles dans les yeux et je prenais le petit déjeuner avec ma mère pour lui en parler (avec un « bonne nuit »/ »bonne journée » qui m’amuse toujours 😀 ).
      En Japonais bien entendu! Trop la classe 🙂

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