FRIGHT NIGHT 2: NEW BLOOD de Eduardo Rodriguez (2013)

FRIGHT NIGHT 2: NEW BLOOD

Titre original : Fright Night 2: New Blood
2013 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h40
Réalisation : Eduardo Rodriguez
Musique : Luis Ascanio
Scénario : Matt Venne d’après Tom Holland

Avec Will Payne, Jaime Murray, Sean Power, Sacha Parkinson et Chris Waller

Synopsis : Aux yeux de tous, Gerri Dandridge est une prof sexy, mais elle se transforme la nuit en vampire assoiffée de sang. Quand un groupe d’étudiants part étudier en Roumanie, ils se retrouvent face à Gerri. Charley Brewster et son ami Evil Ed vont tenter d’arrêter Gerri en faisant appel à Peter Vincent, un homme détenant une émission de télé réalité sur le paranormal appelée Fright Night. Les choses se compliquent lorsque Gerri se focalise sur Amy, la petite amie de Charley, persuadée que son sang pourra lui permettre de marcher en plein jour.

La saga Fright  Night, connue au départ des fans du cinéma de genre sous le nom de Vampires vous avez dit Vampires ? est étrange, mais pas inintéressante. Après un premier opus en 1985 posant les bases, réalisé par Tom Holland, baignant dans un univers années 80 très réussi (et très nostalgique pour ceux l’ayant vu à l’époque, comme moi), une première suite, aujourd’hui rare à trouver, vu le jour en 1988. Réalisée par Tommy Lee Wallace et reprenant tout le casting du précédent film, le métrage partait plus dans la comédie et voulait sans arrêt en faire plus (d’où des effets spéciaux aujourd’hui très datés). Le succès ne fut pas au rendez-vous, et c’était la fin de la saga. Jusqu’en 2011 où un remake vu le jour, réalisé par Craig Gillespie, en 3D, et cherchant par moment à s’éloigner de l’original. Un film sympathique, à défaut d’être vraiment réussi (des défauts, notamment une dernière partie peu convaincante et des effets numériques parfois moyens). Le succès ne fut pas au rendez-vous, et pourtant, deux ans plus tard, voilà que débarque un nouveau Fright Night, directement en DVD. Et autant le dire, le film sent l’arnaque dès le départ. Abordant fièrement dès le départ un gros 2 sous son titre, Fright Night 2 ne reprend pourtant aucun acteur du premier film, ni aucune personne de l’équipe technique, et s’avère n’être finalement… qu’un remake de l’original. Donc, Fright Night 2 est la suite du remake de l’original mais est en fait tout simplement un nouveau remake, à direction des bacs à DVD, et qui plus est, va tenter d’être encore plus fidèle au film d’origine… Comme si le non-succès du premier film était dû à ses libertés avec l’œuvre de base. Seul changement de taille ici, le lieu de l’action ! Le film se déroule en Roumanie.

Excepté ce lieu de l’action, qui permet surtout de tourner sur place en Roumanie et donc de tourner à moindre coup, comme beaucoup de DTV se délocalisant en Europe de l’Est, le film n’apporte rien de nouveau et se contente une nouvelle fois de reproduire à l’écran une formule qui a fait ses preuves. Fright Night 2, mauvais film ? Pas vraiment au final. Mais film inutile, oui, totalement. Autre changement, Jerry Dandridge, devenu Gerri ici, est une femme, et non plus un homme. Car oui, une femme vampire séduisant ses victimes, ça a plus de gueule si c’est une femme, et cela permet de la nudité (souvent suggérée) et surtout des scènes lesbiennes (très gentilles). Tout commence lorsqu’une classe d’étudiants arrive en Roumanie pour étudier l’art. On nous présente les personnages que l’on ne connaît que trop bien, comme Charley Brewster, son meilleur ami Ed, plus proche du film original avec son rire, son côté farceur et tout ça. Bien entendu, on retrouve également la petite amie du héros, à savoir Amy, toujours blonde aux cheveux bouclés, et pour compliquer un peu leur relation, ils ne s’entendent plus très bien. Mais aucune surprise, pour qui connaît bien le film original ou même son remake, on sait très bien que le danger va les réunir. Car oui, c’est bel et bien le manque de nouveauté qui frappe, et qui nous donne l’impression de revoir le même film, encore. Le réalisateur, Eduardo Rodriguez, va bien tenter de réaliser son film avec sérieux la plupart du temps (il nous livre une scène dans un style comic book très plaisant), mais des éléments vont bien rapidement nous rappeler qu’il s’agît ici d’un produit vidéo. Ainsi, le tournage pour une sortie vidéo permettant d’éviter la censure, le film se voudra plus gore que l’original, ou même que le premier remake. Le sang gicle très souvent, on se retrouve avec des doigts coupés, des effets parfois un peu crades, ou même une croix en métal enfoncée dans un œil. Vers la fin, le réalisateur tentera même un plan rappelant fortement le Versus de Kitamura (je n’en dirais pas plus).

Mais tournage pour une sortie vidéo signifie également un budget plus restreint, et donc, il ne faudra pas s’attendre ici à voir de grands décors, des scènes qui en mettent plein la vue (même si le final remplit son contrat). Le film se déroule majoritairement dans des lieux restreints et petits. Lorsque le réalisateur et son scénariste décident d’innover un peu, comme lors d’une course poursuite dans des souterrains, ils se plantent partiellement, la faute à des effets de mises en scènes venant nous fatiguer la rétine. Ainsi, lorsque les vampires crient, ou usent de leurs « supers pouvoir » pour trouver leurs victimes… la lumière se mettra à clignoter non stop, pendant que la caméra s’emballera, nous donnant des scènes faisant mal aux yeux. L’effet est rare, certes, mais insupportables. Peter Vincent, lui, comme toujours, est peureux et n’arrive véritablement que tardivement dans le récit, pour des scènes que l’on connaît bien, comme son affrontement contre un Ed transformé (qui se termine un peu stupidement ici…), avant de revenir pour le final, soudain munit d’un poil de courage. Un personnage qui, en toute objectivité, fonctionnait bien dans les années 80, dans l’air du temps, et qui semble aujourd’hui daté, ou cliché, au choix. Le final justement, parlons en. Une des rares nouveautés du métrage, puisque les enjeux sont cette fois-ci différents, et que l’ensemble, se déroulant comme toujours dans la tanière de la vampire, change en nous offrant un spectacle très… humide où le sang est partout, et qui fait plaisir à voir. Mais est-ce une raison pour voir une troisième fois le même film ? Au spectateur de décider. Car malgré son statut de remake déguisé en suite DTV, Fright Night 2 n’est pas si mauvais, exception faite de quelques idées (les effets stroboscopes) ou de quelques fautes de goûts (la musique, qui appuie beaucoup trop chaque effet, et devient quasi comique dans une scène). À voir si vous êtes cléments, ou pas !

Les plus

Pas si mal emballé

Sympathique à suivre

Quelques effets gore sympas

Les moins

Un remake déguisé en suite

Quelques effets de mise en scène irritants

La musique

 

En bref : Fright Night 2 est en fait un remake, n’apportant que peu de nouveautés, mais agréable à regarder si l’on est bon spectateur. Quelques fautes de goûts, mais pas déshonorant.

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