BABY CART 2: L’ENFANT MASSACRE de Misumi Kenji


baby cart 2BABY CART 2: L’ENFANT MASSACRE

Titre original: Kozure Ôkami : Sanzu No Kawa No Ubaguruma – 子連れ狼 三途の川の乳母車
1972 – Japon
Genre: Chanbara
Réalisation : Misumi Kenji
Musique: Sakurai Hideaki
Scénario : Koike Kazuo et Kojima Goseki

Avec  Wakayama Tomisaburo, Tomikawa Akihiro, Matsuo Kayo, Kobayashi Akiji, Ohki Minoru et Kishida Shin

Synopsis : Le clan Yagyu désire toujours la mort de Ogami Itto. Ce dernier est toujours sur les routes avec son fils Daigoro, prêt à moyenner ses talents de tueur à quiconque peut le payer. Sa nouvelle mission va le mettre aux prises avec trois redoutables frères extrêmement puissants…

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Le premier opus avait posé les bases et les deux personnages clés de l’histoire, Ogami Itto, l’ex exécuteur du shogun à présent sur la route, et son fils, le tout jeune Daigoro. La même année, en 1972 donc, Misumi Kenji livre un second opus afin de continuer l’histoire de ces deux personnages, de cet homme qui suit la voie du démon, et finalement, trouve plus d’humanité comme le prouvait le final du premier film en suivant ses propres codes plutôt que le code des samouraïs. Que pouvait-on donc attendre de plus avec ce second opus ? Et bien peu importe les attentes, Baby Cart 2 s’élève bien au dessus du premier film. Premier point, nous connaissons les personnages, l’histoire, la situation, et bien que Ogami Itto se retrouve sur un nouveau contrat et va donc rencontrer de nouveaux personnages, le film ne va pas perdre de temps en présentations inutiles. Baby Cart 2 commence sur les chapeaux de roues, et en plus, il ne dure que une heure 17, encore plus court que le premier opus. Et dès sa scène d’ouverture, Misumi Kenji nous montre un duel qui tourne court et se termine, comme toujours, par une gigantesque giclée de couleur rouge. Et ce qui frappe dans ce second film, c’est que tout en conservant toutes les caractéristiques du premier film, son ton souvent zen entrecoupé de scènes de violence radicales, le réalisateur se permet encore beaucoup plus de choses, pas seulement dans la violence, mais dans la façon de présenter ses personnages par la violence, et dans ses différents plans, souvent osés, parfois expérimentaux.

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Et alors que les duels sont toujours aussi courts et donc conservent un aspect réaliste plutôt que chorégraphié, mais toujours aussi violents, les entre deux s’étirent, et fascinent. La scène dans les bains au début du film surprend à ce niveau, par de simples mouvements de caméras réussissant à montrer l’essence du personnage, sachant pertinemment qu’il devra constamment vivre sur le qui vive. Pas besoin de longs discours ici, non, si les entre deux s’étirent, ils n’en sont pas pour autant dialogués, ce qui leur donne une aura encore plus fascinante. Quand le réalisateur nous présente enfin les nouveaux personnages du métrage, nous avons d’un côté un clan de femmes ninjas, peu bavardes, mais ayant recourt à une violence brève, radicale, et surtout, excessive et sans pitié. Oui, dans Baby Cart 2, tout comme le premier opus, aucun personnage n’attire totalement la sympathie, à l’exception de Itto et son fils, et les méchants, s’ils sont parfois caricaturaux, n’en sont pas moins vicieux et beaucoup plus dangereux que dans le premier film, permettant ainsi de faire monter la tension lors des premiers affrontements, avant d’arriver bien entendu au cœur du récit du film. Lorsque Ogami Itto rencontre les femmes ninjas pour la première fois, il fait preuve d’une violence visuelle encore plus accrue qu’à l’accoutumée, se mettant au niveau de ses redoutables adversaires.

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Le réalisateur se permet alors quelques plans totalement osés, et novateurs, surtout lorsque l’on garde à l’esprit l’époque du métrage. Mais comme souvent, le morceau de bravoure est bel et bien à la fin du métrage, avec l’introduction dans la dernière demi-heure de trois nouveaux personnages, trois frères (dont le look et les armes auront influencés le Jack Burton de John Carpenter). Leur affrontement avec Ogami Itto ne pouvait donner qu’un nouveau grand moment de cinéma, et ce sera bel et bien encore le cas, les ennemis se faisant de plus en plus redoutables, et les affrontements forcément plus violents. On pourra certes dire que l’ensemble reste par moment prévisible et qu’à l’exception des nouveaux ennemis, ce second opus n’ajoute rien de plus à la psychologie du personnage que l’on connaît déjà très bien. Pour autant, on sent le réalisateur en pleine possession de ses moyens et profitant de sa liberté totale, à l’image de Ito Shunya avec le second opus de la saga Sasori (Elle S’appelait Scorpion donc), sublimant ainsi le genre de base pour livrer un film unique, allant encore plus loin que leur prédécesseur. Une claque, et un film culte, assurément !

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17

Les plus:

Encore plus violent

Le réalisateur tente plus de choses

Retrouver l’univers

Les moins:

Narrativement, pas grand chose de neuf

 

En bref: Baby Cart 2 fait fort en surpassant le premier film, en se permettant plus de choses visuellement et en livrant des combats secs encore plus violents.

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