CHUNGKING EXPRESS de Wong Kar-Wai


Chungking ExpressCHUNGKING EXPRESS

Titre original: 重慶森林
1994 – Hong Kong
Genre: Comédie Dramatique
Réalisation : Wong Kar-Wai
Musique: Frankie Chan et Roel A. Garcia
Scénario : Wong Kar-Wai

Avec  Brigitte Lin, Tony Leung Chiu-Wai, Faye Wong, Kaneshiro Takeshi et Valerie Chow

Synopsis : L’histoire de deux flics lâchés par leur petite amie. Le matricule 223, qui se promet de tomber amoureux de la première femme qui entrera dans un bar à Chungking House où il noie son chagrin. Le matricule 633, qui chaque soir passe au Midnight Express, un fast-food du quartier de Lan Kwai Fong, acheter à la jolie Faye une chef-salad qu’il destine à sa belle, une hôtesse de l’air.

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Alors que la production des Cendres du Temps est interrompue suite à de nombreux soucis, notamment financiers, Wong Kar-Wai part, avec une équipe réduite, un budget réduit également et peu d’acteurs tourner un autre métrage, le temps que la production reprenne. Et quand un réalisateur comme Wong Kar-Wai décide de faire à côté un « petit film », attention, ça donne un film puissant, un film à la fois très dramatique et comique, un film aux mélanges de tons constants et savoureux, un film unique, bref, un beau film ! Le plus étonnant dans tout ça, c’est que les contraintes de budget ne se remarquent absolument pas, Wong Kar-Wai filmant les rues de Hong Kong comme d’habitude, avec une caméra libre. Dans le fond comme dans la forme, Chungking Express est un film qui a la patte de son auteur, et qui ne souffre aucunement de ses conditions de tournage. Chose encore plus étonnante en voyant le résultat final, puisque Christopher Doyle, le directeur de la photo habituel de Wong Kar-Wai depuis Nos Années sauvages n’est pas seul au poste. Andrew Lau, futur réalisateur de Infernal Affairs, qui avait déjà bossé avec Wong Kar-Wai sur son premier film, As Tears Go By, s’occupe également de la photo, et l’ensemble paraît pourtant tellement cohérent que le travail des deux hommes se complète. Et dans le fond donc, que raconte Chungking Express ? Dans le fond, vraiment, pas grand chose de nouveau, mais cela est fait avec tant de talent, de justesse, et d’humour, que le résultat ne peut être que savoureux une nouvelle fois, et même bien plus qu’avant.

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On nous propose donc cette fois-ci de suivre deux histoires, et donc, deux histoires d’amour impossibles, deux ruptures, deux façon de gérer les choses. La première met en scène Kaneshiro Takeshi (qui reviendra dans le film suivant du réalisateur), le matricule 223, flic, qui vient de se faire plaquer par sa petite amie, May. Il lui laisse un mois pour revenir, jusqu’au jour de son anniversaire, en achetant tous les jours une boite d’ananas, l’aliment préféré de May. Il ne le sait pas encore, mais son destin va croiser celui d’une jeune femme énigmatique, une fausse blonde vivant de différents trafics dont la vie ne semble pas simple. Tout les oppose, mais 223 va jeter son dévolu sur cette jeune femme, jouée par Brigitte Lin (son dernier rôle d’ailleurs avant qu’elle ne quitte le monde du cinéma), toujours vêtu de sa perruque blonde, de son impair, et de lunettes de soleil. Méconnaissable au possible, les deux trouvent sans doute un de leurs meilleurs rôles, si ce n’est le meilleur. La seconde histoire met en scène un autre flic, le matricule 633, joué par l’acteur fétiche du réalisateur, Tony Leung Chiu-Wai, qui lui aussi vient de se faire plaquer par sa petite amie hôtesse de l’air. Il va faire la rencontre de Faye, une jeune femme aux cheveux courts qui travaille dans un fast-food et qui va immédiatement tomber amoureuse de lui. Deux histoires à la fois si proches et si différentes, deux histoires baignant dans un humour parfois absurde mais totalement irrésistible et fonctionnant à merveille grâce aux talents des acteurs. Un homme aime une femme, et une femme aime un homme.

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Le lien entre ces deux histoires, outre leurs thèmes ? La nourriture, puisque les deux policiers fréquentent le même fast-food, là où tout va changer pour eux. Si la première partie se fait par moment bien plus sombre (les trafics, quelques meurtres) et plus épique dans son rythme, elle nous présente déjà des notes d’humour, lorsque Kaneshiro Takeshi se décide à manger 30 boites d’ananas en une soirée, ou bien décidera de tomber amoureux de la première femme qui rentrera dans le bar où il est. La seconde partie, malgré l’exploration des mêmes thèmes, se fera bien plus légère, et baignera dans un humour quasi constant lors de ce chassé croisé entre Tony Leung Chiu-Wai, essayant de surmonter le chagrin de sa rupture en parlant à son savon, sa serviette, ou ses peluches, et Faye Wong, magnifique, qui va aller jusqu’à s’infiltrer dans l’appartement de ce jeune flic pour faire le ménage, changer les meubles et autres accessoires. Sans jamais chercher à en faire trop, le film se montre un peu loufoque, par moment absurde, mais toujours avec cette même légèreté, même dans les moments plus graves, rendant l’œuvre totalement savoureuse. Comme à son habitude, Wong Kar-Wai filme tout ça avec génie et simplicité, suivant ses personnages dans les rues, et posant sa caméra lors des scènes plus intimistes, le tout avec un éclairage naturel volontaire de toute beauté. Et après le thème de Top Gun qu’il reprenait dans As Tears Go By, il nous refait le coup avec une chanson des Cranberries ici, réinterprétée par Faye Wong, et jettera également son dévolu sur la chanson California Dreamin’, que l’on pourra entendre au moins 7 fois dans le métrage. Jusque saturation, comme Kaneshiro Takeshi et ses ananas ? Absolument pas ! Chungking Express se consomme sans modération.

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17

Les plus:

Touchant

Très drôle

Les acteurs tous au top

Prenant d’un bout à l’autre

Les moins:

Trop loufoque pour le spectateur non averti

 

En bref: En 1994, Wong Kar-Wai faisait fort en livrant de suite Les Cendres du Temps et Chungking Express. À la fois drôle et touchant, le film est porté par ses acteurs  et arrivé à la fin, on en redemanderait bien encore un peu !

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