SASORI de Joe Ma


sasoriSASORI: LA FEMME SCORPION

Titre original : さそり
2008 – Japon / Hong Kong
Genre : Action
Réalisation : Joe ma
Musique : –
Scénario : Joe Ma et Ka Wing Lee d’après Shinohara Tooru

Avec Mizuno Miki, Dylan Kuo, Emme Wong, Natsume Nana, Sam Lee, Ishibashi Ryo et Simon Yam

Synopsis : Nami est forcée d’assassiner la famille de son petit ami afin de sauver celui ci d’un gang qui en avait après eux. Nami va alors se retrouver en prison, où elle va rapidement devoir devenir plus forte pour survivre, et accomplir sa vengeance.

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La saga Sasori aura connue des hauts et des bas. Notons que les hauts, c’était surtout au début de la saga, grâce à une actrice d’exception et un réalisateur qui savait ce qu’il faisait. Puis il y eu des changements de réalisateur, puis d’actrice, et la saga s’enfonça jusqu’à aujourd’hui avec des fausses suites pour le marché de la vidéo. Et en 2008, voilà que débarque un nouvel opus, mieux, un remake. Procédé casse gueule, encore plus sur ce projet, étant donné que les originaux fonctionnaient à merveille grâce à l’alchimie entre le réalisateur et son actrice. Pourtant, il est bien là, même en DVD en France avec un procédé marketing qui me dépasse (la pochette annonce fièrement : Le film qui a inspiré Tarantino pour Kill Bill… Sont-ils au moins au courant que le remake de La Femme Scorpion date de 2008 et Kill Bill de 2004 ?). Mais Sasori version 2008 s’éloigne finalement énormément de l’original. Tout d’abord, il s’agît d’une coproduction entre Hong Kong et le Japon. Ce qui permet au réalisateur Hong Kongais, Joe Mae, de prendre un casting regroupant des petites perles venant des deux pays. Du côté du Japon, on se retrouve avec Mizuno Miki (les deux Hard Revenge Milly, déjà des films de vengeance, ou encore Carved) dans le rôle de Sasori, Natsume Nana, ancienne AV Idol que l’on a pu depuis voir dans le Samurai Zombie de Sakaguchi Tak, ou encore le grand Ishibashi Ryo (Audition, Aniki mon frère, Suicide Club), très sous exploité. Du côté de Hong Kong, on se retrouvera avec Emme Wong, chanteuse connue mais également actrice dans le polar Confession of Pain, Sam Lee, à la filmographie imposante et Simon Yam, à la filmographie encore plus imposante (pour citer les plus récents et connus : Vengeance, IP Man 1 et 2, SPL). Un casting 4 étoiles pour une relecture de Sasori devant laquelle on tombe de haut très vite. Le film mélange les genres, les styles, les effets de styles de manière assez aléatoire et ce assez rapidement, si bien que l’on a rapidement l’impression de se retrouver devant un gigantesque fourre tout que le réalisateur a eu toute la peine du monde à maîtriser (et qui a échoué, bien entendu). La courte scène d’ouverture nous montrant une Sasori maltraitée en prison avant de revenir sur la raison de son enfermement fait peur dés le départ, lorsque l’on s’aperçoit que tous les acteurs Japonais sont… doublés en Cantonnais…

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Un procédé étrange qu’il est difficile d’expliquer (flemme de faire des sous titres pour le marché Chinois donc option doublage ?), et qui retire au casting le naturel de leur jeu. Surtout qu’en soit, Mizuno Miki n’est pas une mauvaise actrice, loin de là, et on pourra dire la même chose pour le chevronné Ishibashi Ryo. Mais les entendre doubler nous fait pleurer, et saigner les oreilles. Bref, l’on a droit au passé de Sasori, comme dans le film original, avant de retourner en prison, pour seulement la moitié du film (dans l’original, l’évasion n’était finalement qu’à la toute fin). Si le réalisateur, qui a également coécrit le métrage, essaye par moment de s’éloigner de l’univers de Sasori, il ne fait absolument pas les bons choix, et dénature même l’univers du métrage. Là où dans l’original, Sasori est trahie par l’homme qu’elle aime et développe une haine envers les hommes en général, ici, Sasori est forcée de tuer la famille de l’homme qu’elle aime pour sauver la vie de celui ci. La haine de Sasori sera donc uniquement vers les fautifs. Aux oubliettes le film féministe de 1972. Pire que tout, cette scène censée nous montrer comment Sasori est arrivée en prison ne fonctionne pas un seul instant, et parvient même à en être ridicule. Bien mauvaise entrée en la matière. Dans la prison, ce ne sera guère mieux. Tout le monde se déteste, le chef de la prison essaye d’avoir des petites gâteries, mais encore une fois, ça ne fonctionne pas. Le réalisateur tente des éclairages parfois un peu surréalistes comme pour se rapprocher du film original, mais n’en garde pas la raison, ni la substance, et finalement, continue de dénaturer l’univers de la saga. Toutes les prisonnières n’aimeront pas forcément Sasori ici aussi, mais un choix plus qu’étrange démarque encore plus ce film de l’original : les scènes d’action. Ici, elles sont en général chorégraphiées, et surtout, câblées (après tout, c’est la mode me diront certains…). Un choix qui ne correspondant pas un seul instant à l’image que l’on a de la Femme Scorpion depuis maintenant presque 40 ans.

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Le pire dans tout ça, c’est que même les combats ne brillent pas par leur chorégraphie. Molles, pas toujours très bien filmées, ces scènes nous sortent totalement du métrage. Dans la prison, un seul passage se démarquera un poil du reste : la scène sous les douches. N’attendez pas une relecture de la fameuse et culte scène des douches de La Femme Scorpion, ici, il s’agira d’un combat, entre Sasori et une dizaine d’autres prisonnières. Mais un combat froid, violent, cruel, ce qui connote avec les autres scènes d’action du métrage, câblées, surréalistes, ou de mauvais goût (les combats dans l’arène, ou les filles sont dans la boue…) Puis arrivé à la moitié du métrage, Sasori se retrouve à l’air libre, pas un procédé assez étrange, et le film continue sa descente aux enfers lors de la vengeance. Le scénario accumule les boulettes, rendant l’ensemble encore plus grossier et stupide, entre la façon dont Sasori se retrouve dehors, la façon dont elle arrive au bout de certains combats, ou la romance impossible tout simplement. Si Mizuno Miki reste crédible dans son personnage, elle ne parvient à aucun instant à faire oublier la sublime Kaji Meiko. Ne parlons même pas du reste du casting, qui est tout simplement sous développé (de grands acteurs se retrouvent avec parfois une ou deux scènes) ou encore pire, qui n’est pas dirigé (pauvre Natsume Nana, elle était finalement bien plus crédible dans le débile Samurai Zombie). Alors bien entendu, le plus grand défaut du métrage est d’être un remake d’un film culte, mais même sans cet élément, le scénario ne tient jamais véritablement debout, les acteurs ne sont pas toujours convaincants, et la mise en scène, si elle nous livre quelques bons moments, part parfois dans tous les sens, sans raison. Quelques rares passages à sauver dans un ratage total.

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4

Les plus:

Une bonne scène sous les douches

Quelques bons éclairages

Les moins:

Long

Du King-Fu câblé

Irrespectueux des précédents films

Mizuno Miki était mieux dans Hard Revenge Milly

Mauvais scénario

L’ensemble doublé en Cantonnais

 

En bref: Un remake ridicule qui ne respecte ni les personnages, ni l’ambiance ni le fond de l’original.

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