The Last of Us (2013 – Aventures – Playstation 3)

THE LAST OF US

2013
Studio : Naughty Dog
Editeur : Sony
Genre : Survival
Multijoueur : Oui
Joué et testé sur : Playstation 3 et 4
Existe sur : Playstation 3, Playstation 4

Synopsis : Joel vit paisiblement avec sa fille Sarah dans la ville d’Austin. Le jour de son anniversaire, une infection apparaît et se propage rapidement. Alors qu’il s’enfuit avec sa fille et son frère Tommy, il perd sa fille… 20 ans plus tard, la plupart des villes sont abandonnées, les zones sécurisées appartiennent à l’armée. Infectés et bandits rôdent dehors. Les lucioles, un groupe contre le gouvernement, tente de trouver un vaccin. Joel vit lui avec sa partenaire, Tess, faisant du trafic d’arme ou de tickets de nourriture. Il va partir à travers l’Amérique lorsque Marlene, la chef des Lucioles, demande à lui et Tess de livrer Ellie, une jeune orpheline de 14 ans, hors de la ville…

The Last of Us fut vendu par la presse spécialisée partout dans le monde comme un chef d’œuvre, le plus grand jeu de la PS3, un jeu instantanément culte, une claque. Comme souvent avec ce genre d’annonces, on peut se méfier, surtout que le jeu, aux premiers abords, a l’air de surfer sur une vague un peu persistent ces derniers temps, envahissant autant les salles de cinémas que les magasins ou les jeux vidéos : les zombies. Disons le d’emblée, The Last of Us n’est pas un jeu de zombies, puisque les ennemis sont des infectés, rapprochant alors plus le métrage de 28 Jours (et Semaines) Plus Tard que des films de zombies. Ensuite, The Last of Us n’est pas un chef d’œuvre. Pas loin, mais pas un chef d’œuvre. Car le jeu souffre de quelques défauts, allant sans doute avec son temps certes, mais qui empêchent le jeu, dans son intégralité, d’être un sans faute (et je ne parle pas du DLC Left Behind, très sympa, bien que très cher pour le peu de temps de jeu qu’il représente). Le jeu se déroule donc dans un monde post apocalyptique, en ruine, délaissé, où il faut se battre pour récupérer munitions et vivres, et pour survivre. Le prologue nous met dans le bain, en nous montrant les prémices de l’infection, et il faut bien avouer qu’on frise la perfection, l’immersion est totale, les plans à tomber, les personnages immédiatement attachants, l’ambiance travaillée. Le score tout en nuance fera dans un premier temps, dans ce prologue, penser à du Carpenter, et le tout se termine sur une note très osée, amenant directement de l’émotion dans l’écriture du jeu, et donc, donnant clairement envie d’avancer.

Oui, le prologue du jeu est magistral, et se termine par un générique rappelant les films de Romero de la grande époque, et faisant un point sur la situation, sur l’infection, et sur ce que le monde deviendra en 20 ans. On notera tout le long du jeu une partition musicale très réussie, composée par Gustavo Santaolala, compositeur de films comme 21 Grammes et Babel, et les sonorités s’en rapprocheront souvent. Son côté minimaliste mais lourd en émotion conviendra à merveille à l’univers de The Last of Us. Pour le background, le jeu se fait hyper réaliste, tant dans les personnages que dans l’histoire en elle-même, puisque l’infection qui frappe les humains, les faisant devenir fous, hostiles, et surtout produisant une excroissance du cerveau. Cette infection, un dangereux champignon, existe réellement, chez les insectes, et le jeu décide donc de nous montrer ce qu’il se passerait si cette infection pouvait être transmise à l’homme. Le fond de The Last of Us se fait palpitant, mais surtout réaliste donc. Le jeu nous propose de jouer Joel, survivant de l’épidémie, qui va devoir emmener la jeune Ellie, 14 ans, en lieu sûr, en traversant l’Amérique.

Le jeu se découpe en plusieurs chapitres, pour plusieurs lieux différents, et différentes saisons, le jeu se déroulant environ sur un an. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeu se fait varié, dans les émotions qu’il va nous faire traverser, puisque passé le prologue, le début du jeu ne se fait pas toujours des plus enthousiasmant. Tout commence dans la zone de quarantaine, jusqu’à notre rencontre avec Ellie. On joue donc Joel, suivi en permanence par sa coéquipière, Tess, et on remarque immédiatement dans le jeu des qualités indéniables, et quelques défauts gênants pour l’immersion (et d’autres auxquels on s’habitue bien vite). Alors oui, disons le de suite, visuellement, c’est sublime. Que ce soit les extérieurs avec ces rues délabrées, ces vues magnifiques sur des buildings ou des champs à perte de vue, ou dans des intérieurs où le sens du détail est tout simplement à tomber par terre, le jeu en met plein la vue. Le maniement de Joel est plutôt simple, on peut courir, se baisser, avancer doucement, se servir de son ouïe pour localiser les ennemis, se servir d’armes ramassées par terre ou lancer des briques pour faire du bruit, tirer au pistolet ou avec d’autres armes sans trop de soucis. On regrettera que les améliorations d’armes ne soient pas si poussées que ça, mais ce n’est qu’un détail.

Par contre, on remarque immédiatement, malgré les graphismes sublimes et les vues à tomber par terre, que les possibilités sont très limitées, on se retrouve devant un jeu de couloir, bien camouflé, mais couloir quand même. Alors certes, beaucoup (trop ?) de jeux maintenant le sont, mais c’est au début assez décevant surtout au vu du moteur graphique. Ceci dit, on s’y fait rapidement, au fur et à mesure que l’histoire avance. Car oui, le début du jeu (en gros, jusqu’au capitole, donc pendant 3 bonnes heures), on a l’impression de se retrouver devant un tutorial. Tess est avec nous, on est assistés tout le temps, on nous aide, on n’a pas beaucoup de choix. Le début est super beau, mais déçoit. Il faut attendre le capitole, et que l’on se retrouve seul avec Ellie, pour que le jeu décolle totalement. Car la principale qualité de The Last of Us, c’est sa qualité d’écriture. L’ensemble est très bien écrit, mais les personnages (à quelques stéréotypes prés, comme Tess ou Bill, bien qu’ils soient attachants par moment) bénéficient d’un soin particulier. La relation qui va évoluer entre Joel et Ellie est sans aucun doute le gros point fort du jeu. On s’en prend donc pleins les yeux au début, on a peu de possibilités, on apprend à maîtriser le tout, puis sans s’en apercevoir, on se retrouve en plein dedans, notamment à partir de la ville de Pittsburgh, et là, on ne décroche plus.

Certains défauts seront toujours là mais on ne pourra plus décrocher le jeu, on aime nos personnages, on veut connaître la suite, surtout que plus l’histoire avance, plus les relations entre les personnages se font intéressantes et l’ensemble se fait tendu comme il faut. Si en soit, les phases d’infiltration (d’éliminations) se ressemblent pas mal, et que les ennemis sont peu variés (en gros, 3 types d’infectés et des humains aux intentions pas très gentilles), on prend de plus en plus de plaisir à avancer, malgré un soucis gênant au niveau de l’IA des ennemis. On peut se planquer, tout va bien, on sort la tête, on est repéré et c’est la guerre. Par contre, si Ellie (ou un autre personnage vous accompagnant) passe devant un ennemi, voir le touche en passant à côté, pas de souci, c’est comme si elle n’existait pas… Gênant pour l’immersion et surtout très surprenant la première fois. Heureusement, notamment vers la fin du jeu, ou plutôt à partir de l’université (donc environ le 7ème chapitre du jeu, sur 10 chapitres), l’intensité des séquences se fait encore plus forte, et les phases de jeux soient plus bourrines, ou du moins, plus axées sur la survie que sur l’infiltration.

Et quand on croyait avoir tout vu, autant visuellement qu’en terme d’histoire, le jeu nous met une grosse baffe dans la gueule et change du tout au tour pour le chapitre de l’hiver, où l’on devra cette fois-ci survivre, voir même chasser le gibier, dans la neige. Sans doute le meilleur chapitre du jeu, tant pour sa diversité (chasse, survie, fuite) que pour son histoire et encore une fois, l’évolution des relations entre les personnages. Oui, The Last of Us est un excellent jeu, qui se dévoile au fur et à mesure qu’il avance. Si tout le jeu avait été du niveau de son premier chapitre, il n’aurait été qu’une magnifique démo technique mais peu immersive. Il faut lui laisser le temps de se développer pour qu’il nous démontre toute sa rigueur, et qu’il nous mette sur le cul, jusqu’à sa dernière image, qui nous laissera silencieux quelques minutes après le générique de fin. The Last of Us est une aventure qui se vit pleinement, si on lui laisse le temps, nous faisant ainsi passer pour toute une palette d’émotion (dont des pas franchement bonnes en début de jeu). Quand au DLC Left Behind, si on peut lui reprocher sa courte durée de vie (la moitié étant des dialogues et cinématiques, laissant finalement deux heures de jeu seulement), il permet de nous replonger dans l’aventure et d’en apprendre plus sur le personnage d’Ellie, ce qui finalement, aide encore plus à se faire une vision d’ensemble de l’univers imaginé par le studio Naughty Dog. Excellente surprise.

Les plus

Visuellement somptueux
Plus on avance, plus c’est prenant
Très bon score musical
Les personnages, Ellie et Joel en tête bien entendu
De l’émotion
Des moments énormes

Les moins

Des soucis d’IA
Le long début sous forme de tutorial (les 3/4 premières heures après l’intro)
Manque de liberté par moment

En bref : Pas un chef d’œuvre, mais un excellent jeu, prenant, sublime visuellement, avec beaucoup d’émotion sur la fin. Une aventure qui se vit.

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