NIGHTCALL de Dan Gilroy


NightcallNIGHTCALL

Titre original : Nightcrawler
2014 – Etats Unis
Genre : Thriller
Réalisation : Dan Gilroy
Musique : James Newton Howard
Scénario : Dan Gilroy

Avec Jake Gullenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed, Bill Paxton et Ann Cusack

Synopsis : Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n’aura aucune limite…

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Avant toute chose, un petit mot sur la campagne marketing du film qui nous intéresse. Premier point, il faudrait arrêter de vendre aux spectateurs un film qui n’est pas celui que nous allons voir. Indiquer en haut « Par les producteurs de Drive » ne va pas attirer plus de monde. De même que de changer le titre original (Nightcrawler) par un autre titre anglais (encore…) qui est bien entendu le titre de Kavinsky entendu dans Drive. Car finalement, passé le lieu de l’action, Los Angeles, et une jolie voiture, les deux métrages n’ont rien à voir. Donc, Nightcrawler, c’est le premier métrage de Dan Gilroy, scénariste de films plutôt dispensables, de son premier essai Freejack en 1992 aux récents Real Steel ou The Bourne Legacy. Ici, point de science fiction ou d’action à répétition, mais un thriller d’ambiance qui critique à fond la télévision et la mise en avant des faits divers, le tout pour le petit budget de 8 millions de dollars. Et malgré ce faible budget, on peut le dire, Dan Gilroy a fait un excellent travail pour sa première mise en scène, même si ce n’est finalement pas ce que l’on retiendra principalement de son métrage. C’est le plus souvent extrêmement bien filmé, Los Angeles prend vie à l’écran et semble immense (ce qui était le souhait du réalisateur), et la photographie est souvent magnifique.

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Malgré tout, ce que l’on retiendra principalement de Nightcrawler, ce sera bel et bien son scénario, et surtout, ses deux personnages principaux, et donc, acteurs. Jake Gyllenhaal, acteur à suivre depuis ses débuts dans le génial Donnie Darko jusqu’au récent Prisoners de Denis Villeneuve, joue le rôle de Lou, un type un peu paumé, qui est dans une impasse. Voleur, minable, il est en recherche de reconnaissance, mais son statut de voleur le propulse toujours droit dans le mur, comme lors de sa tentative d’embauche en début de métrage. Finalement, c’est par accident qu’il aura la révélation, en voyant des journalistes (dont Bill Paxton, malheureusement sous exploité) filmer une femme dans une voiture en flamme pour revendre la vidéo à une chaine de télévision. Un vol de vélo, un échange contre une petite caméra numérique et une radio de la police plus tard et voilà que Lou, véritablement sociopathe qui ne pense qu’à son image et a une vie peu passionnante, se retrouve à arpenter les rues le soir en quête de sensationnel. Après des débuts très amateurs et avec de la chance surtout, Lou finit par capturer des images, et à les vendre à une chaine, KWLA, trouvant ainsi son partenaire de travail idéal en la personne de Nina, jouée par Rene Russo (femme du réalisateur dans la vraie vie). Le poussant toujours plus, Lou va aller toujours plus loin, sans sourciller, sans morale, pour capturer des images toujours plus choc.

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Jake Gyllenhaal livre une prestation totalement hallucinante et hallucinée de ce personnage qui ne pense qu’à lui, sa reconnaissance et son besoin d’être bien vu, quitte à sombrer toujours un peu plus profond dans la folie. Face à lui, Rene Russo représente les médias, toujours en quête de plus, plus sensationnel, plus choc, plus gore, qui va pousse Lou à faire mieux, et le traitant comme de la merde lorsqu’il n’a rien d’intéressant. La relation entre les deux, et ces personnages sont la grande force du métrage, qui ne recule devant rien. Dan Gilroy va alors nous livrer quelques images chocs et aller toujours un peu plus loin pour critiquer les médias. Si l’on pourra dire que la critique est facile, et surtout déjà vue, Nightcrawler le fait bien, et nous emmène aux côtés de ces personnages pour des virées nocturnes intenses. Le réalisateur n’en oublie pas pour autant de parsemer son film de notes d’humour noir bien trouvées, permettant de relâcher quelque peu la tension avant de repartir dans son délire froid et cynique. Pour sa première réalisation, Gilroy livre un des films de 2014 (année assez avare en véritables bons films malheureusement…) et montre qu’avec sérieux et ambition, on peut faire un grand film avec un tout petit budget.

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Les plus:

Jake Gyllenhaal hallucinant

Une intrigue rythmée et bien trouvée

Une critique des médias pas nouvelle mais percutante

Mise en scène travaillée

Les moins:

Certains personnages secondaires peu développés

 

En bref: Excellente surprise pour le premier film de Dan Gilroy. Une plongée nocturne dans Los Angeles en compagnie d’un sociopathe avide de sensationnel pour se faire un peu d’argent et de reconnaissance.

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