CANDYMAN de Bernard Rose (1992)

CANDYMAN

Titre original : Candyman
1992 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h39
Réalisation : Bernard Rose
Musique : Philip Glass
Scénario : Bernard Rose d’après Clive Barker

Avec Virginia Madsen, Tony Todd, Xander Berkeley, Kasi Lemmons et Vanessa Williams

Synopsis : Helen Lyle, jeune étudiante, découvre la terrifiante légende urbaine de Candyman: un effroyable tueur qui apparait chaque fois que l’on prononce cinq fois son nom devant un miroir. Son enquête sur le sujet va la conduire irrémédiablement sur un terrain parsemé de meurtres atroces…

Candyman, Candyman, Candyman, Candyman, Candyman ! C’est bon, je suis toujours vivant pour vous parler du film ! Candyman, sorti en 1992, qui vit alors un nouvel icône du cinéma d’horreur naître, icône qui fut malheureusement détruit dés le second métrage de la franchise en 1995. Tiré de la nouvelle de Clive Barker The Forbidden, qu’il avait lui-même adapté en court métrage lors de ces jeunes années, Candyman est réalisé par Bernard Rose. Un réalisateur capable du meilleur (Paperhouse, Candyman) comme du pire (le récent SX Tape). Ici, il maîtrise parfaitement son sujet et découpe clairement son intrigue en deux. La première partie, celle la plus terre à terre (qui a dit la plus réussie ?) nous invite à suivre le chemin d’Helen, une étudiante qui fait un mémoire sur les légendes urbaines. Sujet trop rare dans le monde du cinéma et surtout rarement très bien exploité (la saga Urban Legend hein…). Ici, le traitement est avant tout réaliste. On nous entraine dans les bas fonds de Chicago pour comprendre la légende, son origine, la peur qu’elle provoque chez certaines personnes faibles (ou jeunes), et son utilisation par des personnes mal intentionnées afin de continuer à propager la peur.

Voir la trop rare Virginia Madsen (Dune, Highlander 2) à l’écran évoluer dans l’envers du décor et approfondir sa thèse en risquant parfois sa vie en allant dans les quartiers chauds est prenant, d’autant plus que Bernard Rose, en plus de maîtriser l’écriture de son sujet, en maîtrise la forme, et est aidé à la fois par Clive Barker, ici producteur exécutif, et par Philip Glass, compositeur d’une musique douce convenant à merveille à l’univers de Candyman. Sa partition, dés les premiers instants et l’apparition du titre, captive le spectateur et le fait rentrer dans cet univers de faux semblants et de légendes urbaines. Et si Helen découvre un mythe et une réalité ignoble dans les pires ghettos de la ville, elle va vite se heurter à la légende même. Rapidement, Candyman vire alors dans le fantastique pur et dur en matérialisant la légende urbaine. À partir de là, Helen perd pied peu à peu, basculant dans un mélange de rêve et de réalité parfois déstabilisant, et Candyman prend forme pour commencer son carnage, et ainsi maintenir la croyance que les humains portent en lui.

Car, fait intéressant, Candyman a besoin de la croyance des gens pour survivre, un peu à la manière de Freddy Krueger. La différence est que Candyman est un film sérieux de bout en bout, sans aucune note d’humour. Les mises à mort sont brutales et gore, et surviennent sans prévenir (le premier meurtre surprend, puisqu’il signe le basculement d’Helen dans la folie), et Tony Todd (Destination Finale) campe là un Candyman effrayant et surtout imposant, avec sa stature, son long manteau noir et son crochet à la place de la main. Bernard Rose maîtrise chaque aspect de son film, bien que l’on pourra lui trouver quelques faiblesses (notamment dans son alternance rêve/réalité, ou dans son final arrivant très rapidement), et rend crédible, prenant, voir par moment choquant son métrage, puisque le gore comme dit plus haut arrive sans prévenir, ce qui augmente l’impact des scènes. Une réussite du cinéma de genre, rapidement oubliée dés l’arrivée de Candyman 2, qui n’ajoute finalement pas grand-chose, puis surtout de Candyman 3, venant ruiner la saga et y mettre un terme en 1999.

Les plus

Une première partie réaliste

Un traitement intéressant des légendes urbaines

Tony Todd effrayant

Le score musical de Philip Glass

Les moins

Par moment, on alterne trop rêve et réalité

 

En bref : Candyman marque l’apparition d’un nouvel icône du cinéma d’horreur. Un film bien plus intelligent qu’il n’y paraît.

7 réflexions sur « CANDYMAN de Bernard Rose (1992) »

  1. Quel super film. Revu ce soir. Un cachet unique, un petit truc vraiment différent des autres films du genre. Un petit manque de maestria technique dans certaines apparitions du méchant parfois, quand même.
    SPOILER
    Tu dis que Helen bascule dans la folie, donc tu penses que Candyman n’existe pas « physiquement » mais qu’il pousse les gens à commettre les meurtres eux-mêmes ? J’hésite entre les deux possibilités… Le problème c’est la scène finale, le mari assassiné… donc par sa petite amie dans ce cas-là ?

    « Par moment, on alterne trop rêve et réalité »
    J’avoue que je ne te comprends pas trop là… Quels rêves ?

    1. Content que la revision après tant d’années fonctionne toujours autant pour toi. C’est également le cas pour moi evidemment. CANDYMAN est d’ailleurs un des tout premier Blu-Ray que j’avais acheté une fois passé à ce format, la France ayant fait l’impasse sur une quelconque édition DVD (je crois que l’édition disponible malgré tout partout était Belge, bon, un détail tu me diras).

      Justement, le film tente de brouiller les pistes, emballe le tout dans une ambiance onirique, aidé par la photographie (sublime) et la musique de Philip Glass (sublime aussi). La scène finale, je me demande si ce n’est pas un ajout de dernière minute, en cas de succès pour lancer des suites, ce qui arrivera trois ans après d’ailleurs.

      Rêves et réalités, je veux dire au niveau de son ambiance, de sa substance, pas de rêve à proprement parlé au final, mais plus entre son contenu réaliste et son contenu fantastique (ou fantasmé ? tout dépend de l’interprétation comme toujours). Ce qui n’est pour moi pas un défaut, mais je tenais à le mettre là car je sais que cet aspect n’a pas plu à tout le monde lors de la sortie du film (et car sinon je ne trouvais pas de vrai point négatif dans ma review… Quand on aime hein… 😉 )

      Bien entendu, les suites, directes ou tardives (ou reboot) changeront, aménageront petit à petit la mythologie pour amener le tout vers des horizons différents, plus clairs aussi.

  2. OK

    Je n’ai jamais vu les suites en fait. Et je ne les verrai jamais je pense !

    Virginia Madsen… DUNE, THE HOT SPOT, CANDYMAN… J’étais dingue d’elle à l’époque.

    1. Il n’y a que le 3 que je n’ai pas vu. Les avis sont tellement désastreux. Le 2 est moyen, mais son ouverture (faisant le lien avec le premier film) est sympa, et Philip Glass est toujours à la musique.

      Même le tout récent reboot/suite ne te tente pas par curiosité ?

      J’adore cette actrice aussi, je suis toujours surpris quand je la revois encore de nos jours dans un film, même si souvent des tout petits rôles. Et n’oublie pas son grand film…… HIGHLANDER 2. Non je déconne, même si plaisir coupable pour moi 😉

      1. Virginia, je l’ai revue il y a peu dans le film THE NUMBER 23, je ne savais même pas qu’elle était dedans. Ça m’a fait plaisir.

        Ah si le reboot, je le verrai, ton avis est assez positif. Je le louerai quand il sera dispo.

        1. Pas vu celui là, je prend note du coup, j’ignorais en effet qu’elle jouait dedans. Petit rôle non ?
          Elle était il y a, hmmm, déjà bien 3/4 ans, dans le thriller Australien BETTER WATCH OUT (renommé WATCH OUT pour la sortie vidéo chez nous). Film très très sympa, mais on la voit, allez, 5 minutes à tout casser.

          Oui, et autour de moi, c’est généralement le même avis, sauf Jonathan sur twitter, il l’a descendu, détesté à 200% haha. C’est l’exception.

          1. NUMBER 23 je ne connaissais pas trop, loué un peu au pif, c’est un thriller correct avec une chute sympa – Virginia a l’un des rôles principaux.

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