8 FEMMES de François Ozon (2002)

8 FEMMES

Titre original : 8 Femmes
2002 – France
Genre : Comédie
Durée : 1h51
Réalisation : François Ozon
Musique : –
Scénario : François Ozon et Marina de Van
Avec Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Isabelle Huppert, Ludivine Sagnier, Virginie Ledoyen, Emmanuelle Béart, Danielle Darrieux et Firmine Richard

Synopsis : Années 1950, une grande demeure bourgeoise, on se prépare à fêter Noël. Cependant, une découverte macabre bouleverse ce jour de fête… Le maître de maison est retrouvé mort, assassiné dans son lit, un poignard planté dans le dos. Autour de lui, huit femmes avec, chacune, un secret jalousement gardé, qu’il faut mettre au jour, car l’une d’entre elles est coupable. Mais laquelle ?

8 Femmes, c’est le film que j’avais acheté à sa sortie en DVD, et que j’aurais laissé dans un coin chez moi, oubliant même que je l’avais. Et quelques 13 années après son achat, voilà qu’après la vision de Swimming Pool, je me suis rappelé que oui, j’avais le film précédent de François Ozon qui traînait. Sans rien savoir du film, à part que oui, il y aurait sûrement 8 Femmes dans le casting, voilà le dvd lancé. Premières impressions : oui, c’est la France des années 50, les couleurs sont flashy, tout comme les costumes, c’est volontairement hyper kitch. Dix minutes plus tard, alors que je suis perplexe (ben oui, 8 Femmes, je n’en vois que 7 à l’écran bordel !), voilà qu’à ma grande surprise, Catherine Deneuve, Virginie Ledoyen et Ludivine Sagnier se mettent à chanter… Oui là, comme ça, sans raisons, sans justification aucune ! Et vous savez quoi ? Ben j’ai adoré ! Et vous savez quoi ? Je comprend également très facilement ceux qui ne supportent pas ce film, qui semble un peu fourre tout. Oui, 8 femmes, donc 8 chansons, qui débarquent comme ça, des chansons kitch d’un ancien temps. Oui, le ton est comique, avec un fond d’enquête policière, de trahisons, de manipulations, et le drame n’est jamais loin, mais l’instant suivant, le film reperd son sérieux. Oui, il y a des vrais secrets, mais aussi des faux, des mensonges, des vérités déformées, des lesbiennes, des jeunes femmes, des vieilles, des piqures, des clés qui disparaissent, des armes à feu qui apparaissent.

Dis comme ça, c’est un vrai bordel non ? Ben oui, le film navigue souvent entre plusieurs genres, plusieurs tons, plusieurs styles, et on a souvent l’impression au final de voir du théâtre filmé, mais du théâtre façon assez libre. Se déroulant principalement dans un seul lieu (le salon), le seul homme de la maison est retrouvé mort un beau matin. Le coupable est entre les femmes, les 8 femmes. Il y a la femme, les filles, la mère, la sœur du côté du mari, la sœur du côté de la femme, mais aussi la bonne à tout faire, la femme de ménage. Oui, 8 femmes, 8 coupables potentielles. Et à partir de là, il faut découvrir la vérité, reconstruire l’emploi du temps de chacune, savoir les secrets qui sont cachés, et surtout, dire la vérité pour débusquer la coupable plus facilement.

Et on se rend vite compte que ce n’est pas une mince affaire, puisque chacune à quelque chose à cacher, permettant ainsi au coupable de passer inaperçu parmi les dizaines d’autres mensonges. François Ozon soigne son scénario avec Marina de Van, créant des situations tour à tour dures, puis drôles, permettant aux différentes actrices de se faire plaisir et de s’exprimer, parfois de manière légèrement surréaliste et exagérée, dans le but de faire rire. Car oui, c’est kitch, les situations sont parfois un brin over the top, mais on s’en fou, car le spectateur, s’il adhère, prend son pied, et ira de surprise en surprise.

Oui, certaines situations m’auront bien fait rire, comme le coup de la grand-mère qu’on assomme avec une bouteille avant de l’enfermer dans le placard pour qu’elle se calme. Radical ! Bien entendu, dans ce jeu de pistes avant tout basé sur les situations et les personnages, et sur le ton abordé très libre, la mise en scène d’Ozon s’efface quelque peu. Peu de décors, peu de variantes, aucune vraie prise de risque il est vrai. Il ne fait que capter le jeu de ses 8 actrices. Et il faut avouer que 8 Femmes réunit au final un casting varié s’étendant sur plusieurs générations, puisque l’on trouvera parmi les plus jeunes Virginie Ledoyen ou Ludivine Sagnier, à leurs côtés des actrices plus expérimentées comme Emmanuelle Béart (désormais trop rare à l’écran), tout comme certaines qui n’ont plus rien à prouver comme Catherine Deneuve et Danielle Darrieux. Autant le dire, elles sont toutes parfaites dans leur rôle, et c’est là le principal attrait de 8 Femmes. Des personnages hauts en couleurs interprètes par des actrices qui se font plaisir. Mention spéciale à Isabelle Huppert, méconnaissable. Oui, je pourrais bien dire que l’autre attrait principal du métrage sera les 8 chansons du film, mais il s’agît bien là de l’aspect qui divise le plus de ce métrage d’Ozon ! 8 Femmes, oui c’est un peu spécial au final, OUI ça chante toutes les 10 minutes, oui, moi ça m’aura fait rire !

Les plus

8 excellentes actrices
8 chansons un peu kitch
Un univers kitch très théâtral
Parfois bien drôle

Les moins

Très limité en terme de mise en scène
Un mix improbable qui est soit adoré, soit détesté

En bref : 8 femmes est un film entre drame, comédie, intrigue policière, avec mensonges, trahisons, un peu d’amour, et aussi beaucoup de chansons. On adhère, ou pas du tout !

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