CARRIE AU BAL DU DIABLE de Brian De Palma


carrieCARRIE AU BAL DU DIABLE

Titre original : Carrie
1976 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : Brian De Palma
Musique : Pino Donnagio
Scénario : Lawrence D. Cohen d’après le roman de Stephen King
Avec Sissy Spacek, Piper Laurie, Amy Irving, William Katt, Nancy Allen et John Travolta

Synopsis : Carrie White, une jeune fille timide de 17 ans, vit martyrisée par sa mère, quelque peu fanatique. En cours, elle subit les humiliations de ses camarades de classe. Et pour le bal de fin d’année, une de ses camarades a bien l’intention de se venger d’elle de manière horrible.

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Carrie est le premier roman de Stephen King a avoir été adapté à l’écran. Le choix de Brian De Palma est d’ailleurs un excellent choix, le maître venant de livrer l’excellent Sœur de Sang, ainsi que sa comédie musicale culte Phantom of the Paradise. Un réalisateur avec un style unique, qui saura faire de bonnes choses d’un roman que je n’aime pas spécialement. Car Carrie, le roman de Stephen King, n’est finalement qu’une histoire simple, un peu longuette et pas toujours passionnante. Ce que le film aurait été assurément entre les mains d’un réalisateur quelconque. On pourra dire ce que l’on veut, mais King a souvent eu la chance d’avoir de grands réalisateurs pour ses premières adaptations (Brian De Palma, Tobe Hooper, George A. Romero, Stanley Kubrick, John Carpenter, David Cronenberg). Même si ceux-ci parfois trahissent le roman (Kubrick). Avec Carrie, De Palma respecte le roman (bien que la fin sera différente), et le transcende. Car Carrie, le film, s’il n’est pas le meilleur film de son auteur, et qu’il contient encore à mon goût quelques moments de mou (moins que le roman), reste un grand film, où l’on retrouve certaines thématiques chères à son réalisateur, mais quelques tics de mise en scène qui viennent paradoxalement dynamiser et sublimer l’ensemble. Il suffit de voir la scène d’ouverture, où De Palma joue sur les faux semblants, comme il le refera de nombreuses fois par la suite (notamment Blow Out et Body Double). Lent travelling, ralentis, nudité semblant gratuite, on se croirait dans un film érotique bas de gamme, avant que la caméra ne se rapproche de Carrie White, qui découvre avec stupeur ces premières règles, chose que sa mère lui avait toujours caché.

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On comprend dés lors que Carrie sera comme le roman, un conte macabre, l’histoire d’une adolescente vivant dans son monde à cause de sa mère alors qu’elle voudrait avoir accès au même bonheur que les autres. Bonheur qui, quand il arrivera, fera tout déraper pour l’amener encore plus profond dans l’abysse, dans la solitude, le doute, et la mort. Carrie, magnifiquement jouée par Sissy Spacek (que Cronenberg voulait à la même période pour son film Rage), est donc une ado presque comme les autres, à l’exception qu’elle a le don de faire bouger des objets, et qu’avec la rude éducation de sa mère, elle vit recluse, sans rien savoir des « bases de la vie », et qu’elle ne prend pas soin d’elle (il suffit de voir le contraste entre elle au début du film et ensuite quand elle se rend au bal). Sa mère, jouée de manière plutôt flippante par Piper Laurie, passe son temps à rabaisser sa fille, à lui réciter des passages de son invention censés être dans la bible. Rien de mieux pour une éducation équilibrée donc. Et comme le roman, le film prend son temps. On en apprend plus sur Carrie, son environnement, et surtout sur ses camarades de classe, certaines ne pensant qu’à lui pourrir la vie (Nancy Allen, qui rejouera chez De Palma plusieurs fois) alors que d’autres finissent par se trouver « une âme » (Amy Irving, qui reviendra des années plus tard dans Carrie 2 La Haine). Et je l’admet, le temps est parfois un peu long pour moi, surtout pour une histoire aussi simpliste, mais la mise en scène de De Palma, ses quelques trouvailles, ainsi que la qualité générale d’interprétation (on aura donc aussi John Travolta en gros bœuf) fait passer le tout comme une lettre à la poste.

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Puis fatalement arrive la dernière partie, celle que tout le monde connait, celle pour laquelle on se rappelle du film, celle qui est plus facile à mettre en avant pour commercialiser le film (et sa suite après, et son remake récemment). C’est-à-dire le carnage, le sang, les pouvoirs télékinésiques. Car ses pouvoirs, que Carrie a dés le départ, sont très en arrière plan, mais quand la fameuse blague qu’on lui fait au bal de fin d’année débarque, ses pouvoirs prennent de l’ampleur et deviennent presque le temps d’une bobine (20 minutes donc) le centre du film. Sans aller graphiquement aussi loin que le roman, De Palma soigne sa mise en scène pour nous livrer un carnage tendu à défaut d’être véritablement choquant visuellement, le tout avec sa marque de fabrique, un écran splité revenant à moults reprises, pour nous montrer d’un côté le carnage de Carrie et de l’autre les conséquences sur ses pauvres victimes. Pile 40 ans après, cette scène fonctionne toujours du tonnerre, tout comme ce qui suivre, l’inévitable confrontation entre la mère et la fille, très forte en symbolique. Carrie est donc une œuvre logique au sein de la carrière de De Palma, et une bonne adaptation fidèle bien que raccourcie par endroit. Culte, fonctionnant toujours 40 ans après, mais pas le meilleur De Palma, ni le meilleur roman de King, ni la meilleure adaptation.

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Les plus

Une superbe mise en scène
Un casting souvent juste et impressionnant
De très bons moments

Les moins

Quelques moments un peu longuets
Pas le meilleur roman, donc pas la meilleure adaptation

 
En bref : Carrie fonctionne encore aujourd’hui, notamment grâce à la mise en scène splendide de De Palma, qui parvient à transcender le roman.

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