DEATH NOTE de Adam Wingard


DEATH NOTE

Titre original : Death Note
2017 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : Adam Wingard
Musique : Atticus Ross et Leopold Ross
Scénario : Charley Parlapanides, Vlas Parlapanides et Jeremy Slater, d’après Ôba Tsugumi et Obata Takeshi
Avec Nat Wolff, Lakeith Stanfield, Margaret Qualley, Shea Whigham, Willem Dafoe, Jason Liles et Paul Nakauchi

Synopsis : Light, un étudiant trouve accidentellement un Death Note. Il suffit d’écrire le nom de la personne à châtier et d’avoir en tête son visage pour que cette dernière meure d’une crise cardiaque.

Adapter Death Note en Amérique, voilà encore un projet qui a fait beaucoup parler de lui, en négatif. Oui, les fans ne supportent pas qu’on touche à leurs œuvres cultes, que les personnages sont occidentalisés. On a eu le même cas de figure plus tôt dans l’année avec Ghost in the Shell. Death Note, qui devait au départ être réalisé par Gus Van Sant, subit le même sort. Au final, le film débarque, produit par Netflix, avec un réalisateur qui fait peur et que l’on ne connait que pour du found footage (Adam Wingard et VHS 1 et 2) et les premiers avis ne tardent pas. La plupart négatifs bien entendu, et la plupart de fans. Oui, la plupart de ceux étant contre le film sont les premiers à le regarder. Je ne suis pas fan de Death Note, même si j’aime beaucoup ce combat psychologique, ce jeu de manipulation pour donner sa vision de la justice. La justice étant de base différente entre le Japon et les Etats Unis, adapter l’histoire là-bas aurait pu amener quelque chose de différent. Sauf que si le film de Adam Wingard est bel et bien différent de l’œuvre Japonaise, ce ne sera pas dans son sens profond, mais plutôt dans la forme et surtout son dernier acte. Est-ce que ça en fait un bon film ? Pas vraiment. Pas une purge, mais pas un bon film non plus. Pourtant, ils étaient 3 scénaristes pour adapter (condenser) l’œuvre en 1h40 seulement, il y avait du budget, il y avait Netflix derrière, Atticus Ross à la musique (qui avait co-signé l’ost de The Social Network), et même Willem Dafoe qui prêter sa voix à Ryuk le dieu de la mort, le Shinigami. Mais en adaptant l’histoire pour la faire se dérouler à Seattle, Death Note change radicalement ses personnages, et ne les rends pas forcément intéressants. Différents oui, mais surtout passe partout.

Light était un étudiant modèle qui perdait foi en la justice humaine et qui trouvait alors le Death Note laissé par un Shinigami et qui allait s’en servir pour devenir Kira, dieu autoproclamé qui décide de faire tomber sa justice sur les hommes. L était un super détective, perspicace, toujours calme, voué à boucler son enquête, à découvrir l’identité de Kira. Vous aimiez ces deux personnages ? Et bien ils n’ont plus rien à voir, et ils sont même 3 maintenant. Light est juste un petit étudiant sans histoire qui fantasme sur une pom pom girl, et se fait un peu d’argent en remplissant les feuilles d’examens d’autres étudiants (et qui crie de manière très efféminée quand il découvre un Shinigami). Son sens de la justice est donc de base limité. L lui est toujours un super détective, mais quand on voit la vitesse avec laquelle il perd son sang froid, on se dit qu’il est plus détective que super. Et le film va tellement vite que l’on ne peut pas voir son talent, on ne voit que le résultat de ces déductions. Limité. Oui, le film a voulu rendre les personnages avant tout plus simples, plus humains, plus comme tout le monde. Un choix dans un sens que je parviens à comprendre. Mais je vous parlais de trois personnages. Car Light n’est pas seul, dés le début du film, il fait part de sa découverte du Death Note à Mia et c’est ensembles qu’ils deviendront Kira. Pourquoi pas encore une fois, je ne compte pas crier au scandale. Là où ça me fait crier, c’est dans l’écriture dramatique du film qui retire absolument tout enjeu, toute tension et toute crédibilité au produit final. Light qui s’allie à Mia et lui montre le Death Note ? Pourquoi pas. La manière donc ça arrive ? Crevez-moi les yeux s’il vous plait. Un dialogue que l’on pourra résumer à :
– Je m’appelle Light.
– Je sais. Mia. C’est quoi ce livre ?
– Je ne peux pas te dire …
– Ok
– Tu veux vraiment savoir ?
– Oui.
– Viens avec moi, tuons des méchants !
Je rappelle que les personnages se rencontrent et se parlent là pour la première fois… Le film souffre d’une écriture assez enfantine dans ses enjeux et son déroulement.

L’histoire dévie fortement de ce que l’on connait pour se focaliser beaucoup sur la relation entre les deux personnages. Si bien que L apparaît bien cliché en plus de s’énerver facilement, et que Ryuk le dieu de la mort est très peu présent, un comble. L est donc plutôt un gamin un peu pleurnicheur qui s’énerve quand il n’a pas ce qu’il veut, et Ryuk est un second rôle qui passe par là de temps en temps histoire de faire coucou. Le scénario contient beaucoup de facilités à côté, notamment envers le personnage de Watari. Avec tout ça, vous vous dites que j’ai détesté le film. Mais tout n’est pas à jeter. Si le fond est saccagé, mal amené, pas toujours intéressant (ah ces relations adolescentes), que le dernier acte met presque à la poubelle le concept de manipulation pour devenir une course poursuite à pieds dans les rues, on pourra dire que Adam Wingard livre une mise en scène plutôt solide, c’est carré et bien foutu. Atticus Ross et Leopold Ross à la musique livrent un score plutôt bon et efficace. Si les acteurs déçoivent également, Willem Dafoe est convaincant en donnant sa voix à Ryuk. Et dernier point, malgré l’utilisation du Death Note pas si fréquente que ça, les premiers essais de Light vont surprendre puisque le film va se permettre d’être assez gore, à coup de corps qui explosent, de décapitations et autres. Surprenant à ce niveau là, très surprenant. Est-ce utile ? Pas vraiment, mais ça surprend malgré tout. Alors oui encore une fois, c’est décevant (mais on s’en doutait), ça a de gros défauts, c’est parfois ridicule, mais grâce à un sérieux dans sa mise en image/musique, ça se regarde. Ça s’oubliera vite, sauf pour le fan qui en parlera encore dans 10 ans en crachant dessus, mais ça se regarde d’un oeil.

Les plus

Assez gore étonnement
La musique
Jolie mise en scène

Les moins

Un dernier acte raté
La romance
Une évolution narrative enfantine
Le personnage de L

 
En bref : Death Note en Amérique, ça tente des choses différentes, mais ça ne sait pas toujours bien les faire. Ça ne tient pas franchement la route même si ça pourra divertir. Le fan lui risque de s’étouffer devant le spectacle.

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