TOMIE BEGINNING de Oikawa Ataru


tomie5TOMIE BEGINNING

Titre original : 富江 BEGINNING
2005 – Japon
Genre : Fantastique
Réalisation : Oikawa Ataru
Musique : Masami Miyoshi
Scénario : Oikawa Ataru d’après Ito Junji

Avec Matsumoto Rio, Imajuku Asami, Mizuhachi Kenji, Nahana et Kurokawa Maya

Synopsis : 1987. Une nouvelle élève arrive dans une classe. Son nom : Tomie. Immédiatement, les hommes deviennent fous d’elle, alors que les femmes la haïssent, en sont jalouses. Elle parvient tout de même a avoir l’amitié de Reiko. Mais rapidement, les hommes commencent à avoir un comportement violent envers elle.

Alors que Tomie : Forbidden Fruit, achevait la série de manière innovante et intéressante, voilà que deux nouveaux épisodes débarquent en 2005 au Japon. Tournés à la suite, par le même réalisateur, l’univers de Tomie s’étend à nouveau, mais y-a-t-il toujours des choses intéressantes à raconter, cinq films après ? Rien n’est moins sûr, et le parti prit de base du film n’était pas des plus emballant. Tomie Beginning doit donc revenir à la base de l’univers Tomie, pour nous expliquer un peu tout ça. À la mise en scène et au scénario, on retrouve un homme déjà habitué à l’univers : Oikawa Ataru. Malheureusement, l’homme en question est responsable du premier épisode de la série, et malheureusement pour lui, cet épisode n’est pas une réussite à tous les niveaux. Incroyablement mou, une réalisation honnête ne parvenait pas à tout rattraper, et le film en souffrait. Il retente ici sa chance, et parvient à relever le niveau, non pas de la série, mais de sa participation à cette même série. Tomie Beginning se déroule donc avant le premier épisode, et fait office de point de départ, et cela tombe bien, puisqu’en comparaison avec le manga de Ito Junji, ce film s’inspire en grande partie du premier chapitre du premier tome. Pour le fan, c’est donc un petit plaisir, chaque film s’inspirant plus ou moins de chapitres différents. Mais pour le spectateur ne connaissant pas l’œuvre originale, et ayant déjà vu les quatre premiers films (voir l’épisode intermédiaire réalisé pour la télévision) il n’y a strictement rien de vraiment neuf à se mettre sous la dent.

Mais Oikawa Ataru, le metteur en scène, semble vraiment vouloir se rattraper, et ne commet pas les mêmes erreurs qu’autrefois, et un tel effort est néanmoins à saluer. La mise en scène, l’éclairage, tout est dans un temps assez sombre, avec des filtres de couleur sépia convenant parfaitement au sujet du film, et en même temps, à sa situation chronologique dans la série, même si cela peut sembler facile. Mais le réalisateur ne fait pas seulement un effort de mise en scène, car, également scénariste du film, comme il l’était en 1999 avec le premier épisode, il décide enfin de soigner le rythme de son film, et la durée s’en voit alors réduite. Tomie Beginning ne dure donc que 1h10. Mais rien ne semble superflu, ou placé là pour augmenter la durée du métrage. Tout se révèle plutôt fluide, et très agréable à regarder. Les personnages les plus importants du film ont le temps d’être développés, et si la mythologie ne s’agrandit pas vraiment, si l’on n’apprend rien de vraiment neuf, il est tout de même agréable de voir le sujet traité de cette manière. Le personnage de Tomie n’a pas changé (moralement du moins) au fur et à mesure des films, et cette entité diaboliquement est suffisamment développée durant le métrage. Malgré quelques erreurs, le réalisateur parvient à relier ce cinquième opus et le premier, datant de 6 ans plus tôt. Mais finalement, si cela fonctionne plutôt bien, ce n’est pas uniquement grâce au rythme, mais aussi grâce à l’interprétation de Matsumoto Rio, jouant Tomie. Les actrices ont toujours changé au fur et à mesure des épisodes, trouvant en général le ton parfait pour l’aspect de Tomie choisi dans les films.

Matsumoto Rio convient parfaitement pour le rôle, et c’est un bon point de plus pour le film, qui gagne beaucoup en crédibilité. Si les différents métrages n’ont jamais fait peur, cet opus ne change pas la règle. Mais certaines scènes parviennent tout de même à dégager une ambiance assez particulière, comme ce fut le cas dans les autres opus. Ainsi, les photos de Tomie (déjà exploitées précédemment), sa vengeance ou la folie des hommes en tombant amoureux sont des scènes contenant un petit plus, même s’il n’y a rien de neuf. Tous les points exploités dans le film l’ont déjà étés, et c’est bien dommage. Autre remarque, l’humour arrive à faire irruption lors d’une scène, tirée du manga, et cette petite touche est plutôt mal venue, même si elle peut se comprendre dans l’évolution des personnages. On pourra également noter quelques effets spéciaux ratés, en contradiction avec d’autres, excellents, sans doute du à un tournage rapide et un budget réduit. Bref, rien de bien transcendant, mais c’est toujours un plaisir de voir la petite Tomie à l’écran, plus ou moins avec brio, et ici interprétée avec talent, et tout ce qu’il faut pour le rôle : une touche de folie, un calme ambiant et une beauté dérangeante.

13

Les plus

Un film rythmé

Matsumoto Rio livre une bonne Tomie

De bonnes idées bien que pas nouvelles

Les moins

Manque de nouveautés dans la série

Quelques effets spéciaux ratés

 

En bref : Rien de neuf, mais le film est bien mis en scène, et Tomie est encore une fois magnifique. Malgré quelques erreurs, c’est rythmé et prenant.

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