STARRY EYES de Kevin Kolsch et Dennis Widmyer


STARRY EYES

Titre original : Starry Eyes
2014 – Etats Unis / Belgique
Genre : Horreur
Réalisation : Kevin Kolsch et Dennis Widmyer
Musique : Jonathan Snipes
Scénario : Kevin Kolsch et Dennis Widmyer
Avec Alexandra Essoe, Amanda Fuller, Noah Segan, Fabianne Therese, Shane Coffey, Natalie Castillo et Pat Healy

Synopsis : Sarah Walker a un petit boulot sans avenir sous le joug d’un patron qui la prend de haut, elle subit des amitiés superficielles avec des acteurs concurrents et participe à des castings qui n’aboutissent à rien. Après plusieurs auditions humiliantes face à un duo pour le moins bizarre, elle décroche le rôle principal dans leur nouveau film. Malgré le fait qu’ils lui demandent de faire des choses de plus en plus étranges, elle sera prête à tout pour réussir, aveuglée par son fantasme de célébrité.

Tourné en seulement 18 jours après avoir récolté un petit budget via un financement Kickstarter, Starry Eyes est un petit film de genre qui paraît bien professionnel malgré son très faible budget. Pas de CGI, photographie ultra classe, mise en scène propre et maitrisée. Starry Eyes nous propose de suivre le parcours de Sarah Walker (excellente Alexandra Essoe), une jeune actrice qui a bien du mal à vivre sa vie. Rêvant de devenir actrice, la jeune femme passe des auditions, sans résultat, travaille dans un petit fast food pour gagner sa vie, et vit en colocation. Clairement découpé en deux parties, Starry Eyes est un film qui prend son temps au départ. La première partie est lente, mais parvient à nous offrir un climat relativement glauque, oppressant, qui écrase les personnages. Sarah passe des auditions, subit sa vie, essaye de survivre à ses amis, notamment à certaines, actrices également. La compétition est rude, les coups durs aussi, et les phrases assassines et présumées innocentes lancées à la face sont fréquentes. Alors lorsque Sarah passe une audition face à deux étranges personnages et que ceux-ci rappellent après coup, c’est la joie. Sarah s’empresse de partager la nouvelle afin de rendre jalouses les autres. Via ce petit moment anodin qui ne semble être qu’un simple retour des choses, nous comprenons un peu mieux la psychologie du personnage. Oui, Sarah est au final un personnage égoïste, qui ne pense qu’à elle, qu’à son succès qu’elle pense mériter, et les quelques amis qu’elle a avec elle ne sont que des fausses amitiés, un moyen de passer le temps, et si possible, de se valoriser elle-même.

On comprend que le portrait délivré du personnage n’est pas forcément glorieux, et cela ajoute encore une fois un petit côté malsain au film. On se demande d’ailleurs un peu où les deux réalisateurs, également scénaristes de l’œuvre, veulent nous amener. Tout fonctionne bien, puis le métrage amène une scène aussi étrange que totalement clichée et donc un brin risible. Alors forcément, quand la fameuse scène, où Sarah rencontre un producteur qui veut la faire passer sous le bureau est censée être la scène qui fait basculer le film dans l’horreur plus viscérale et visuelle, on ne peut qu’être déçu et le film prend un sacré coup. Mais bon, accrochons nous malgré tout, puisque Starry Eyes, en tant que film un brin schizophrénique, a bien des choses à proposer. Son principal défaut est de changer radicalement de genre mi-parcours via une scène peu subtile et un brin ratée. Car si la première partie est avant tout psychologique et dresse un portrait à la fois de son personnage et du milieu du cinéma de manière peu glorieuse et un brin glauque, la seconde partie vire donc totalement dans l’horreur visuelle, saignante, et oublie donc un peu son ambiance, mais s’avère malgré tout efficace et possède même quelques scènes qui font sacrément mal.

Car Starry Eyes est un vrai film d’horreur, dans tous les sens du terme, juste il s’amuse à clairement séparer l’horreur psychologique de l’horreur physique, et la seconde partie se fait donc moins poignante, moins surprenante également. Elle délivre de très bons moments, mais la folie sous-jacente qui habitait la première partie est absente. Mais ces quelques moments sanglants, qui semblent vouloir aller loin, n’ont pas à rougir, puisqu’ils se font classiques, se refusent les effets numériques, et on a clairement l’impression de voir un métrage des années 80, avec son lot de défauts et de qualités que cela implique, à savoir un propos parfois un peu simpliste voir niais et peu crédible, mais une ambiance poisseuse et des scènes qui ne reculent pas devant l’effet choc. Constance entre les deux parties fortement opposées, la prestation extraordinaire de Alexandra Essoe dans le rôle principal, crédible à chaque instant et totalement habitée par son rôle. Soulignons également la très bonne bande son signée Jonathan Snipes, qui ajoute un petit plus à l’ambiance malsaine du métrage, et qui surprend, surtout qu’il n’avait travaillé jusque là que majoritairement sur des courts métrages et des documentaires. Starry Eyes tient donc dans un sens ses promesses, mais se fait parfois maladroit, notamment dans sa scène pivot. Dommage, mais pas déshonorant pour autant, loin de là.

Les plus

Une ambiance malsaine
Alexandra Essoe sublime
La première partie excellente
Une seconde partie saignante

Les moins

La scène pivot, un brin ridicule
Une seconde partie plus simpliste

 

En bref : Série B en partie bancale, Nightwish tire son épingle du jeu lorsqu’il se lâche dans sa seconde partie. Malgré la tonne de défauts techniques, on se prend au jeu.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s