ON NE VIT QUE DEUX FOIS de Lewis Gilbert


ON NE VIT QUE DEUX FOIS

Titre original : You Only Live Twice
1967 – Angleterre
Genre : Espionnage
Réalisation : Lewis Gilbert
Musique : John Barry
Scénario : Roald Dahl
Avec Sean Connery, Wakabayashi Akiko, Hama Mie, Tanbara Tetsurô, Shimada Teru, Karin Dor, Donald Pleasence, Bernard Lee et Desmond Llewelyn

Synopsis : Le gouvernement d’un pays asiatique veut provoquer un conflit arme entre les Etats-Unis et l’URSS. Afin de rester dans l’anonymat, il a confie cette mission au terrible SPECTRE. Encore une occasion pour le célèbre James Bond de montrer toutes ses possibilités dans bien des domaines.

Si les 4 premiers James Bond ont tous été tournés à une année d’écart, profitant à chaque fois de la popularité de la saga, du personnage et de son acteur principal, On ne Vit que Deux Fois est le premier opus a débarquer deux années après le précédent. Sean Connery commençait à en avoir marre du personnage et était constamment en conflit avec les deux producteurs de la saga, Lewis Gilbert au départ ne voulait pas accepter la mise en scène, le scénariste habituel n’est pas présent. Pour Sean, dans sa tête, c’est son dernier James Bond (même s’il reviendra finalement pour un dernier film officiel, et un dernier non officiel bien plus tardivement). Malgré sa production difficile, j’avais espoir sur ce nouvel opus. Déjà, 13 minutes de moins au compteur… Car Opération Tonnerre, malgré de bonnes idées, ben ce fut longuet. Le changement de réalisateur ne pouvait pas amener que de mauvaises choses non plus, bien au contraire. Et ce nouvel opus commence avec de bonnes idées dés le début, comme le fait de faire passer James Bond pour mort juste avant le générique. Et puis ce générique chanté par Nancy Sinatra, il est très bien (j’adore Nancy Sinatra). L’organisation Spectre est toujours présente et le film donne pour la première fois un visage à son numéro 1, à savoir Donald Pleasence dans le rôle de Blofeld, et j’aime Donald Pleasence. Autre surprise, le film se déroule quasi intégralement au Japon, exception faite de l’ouverture, se déroulant elle à Hong Kong. Un James Bond asiatique en 1967, voilà qui est original et rafraîchissant. L’absence de scènes en Angleterre fera forcément délocaliser le temps d’un film le bureau de M et de Moneypenny.

Passé toutes ces bonnes idées, ces bonnes intentions, que vaut On ne Vit que Deux Fois ? Et bien c’est rythmé, on ne s’ennuie pas, il y a même de gros éclairs de génie, des scènes plutôt fun, pleins de Japonaises dans tous les coins dc l’écran, des pans de la culture Japonaise plutôt rares pour le souligner (les sumos, les mariages traditionnels). Mais à côté, un certain côté fun mais sans doute involontaire se dégage de l’œuvre. Enfin, dur de savoir si cela est volontaire ou pas au final. Bien que durant 1h57 et étant dans sa première heure assez avare en action à l’exception d’une course poursuite en voiture, le métrage se fait plutôt rythmé et plaisant à suivre. Le scénario ne se préoccupe pas des détails (comment James parvient à simuler sa mort ? On s’en fou), et on l’envois immédiatement en mission. Sur place, tout va vite, il va de rencontres en rencontres, trouve les bons indices rapidement car il est doué, puis le métrage nous offre pour boucler sa première heure une fort sympathique et agréable vraie scène d’action, à savoir la poursuite en hélicoptère. Une scène fun, bien foutue, et la seule à utiliser réellement une multitude de gadgets, puisque le mini hélicoptère de Bond est équipe de lance flamme, de roquettes et autres mitrailleuses. Honnêtement, j’aurais passé un excellent moment devant cette scène. C’est passé cette scène que le film se gâte un peu et accuse alors le poids des années.

Car notre brave agent 007 va devoir trouver la base de l’ennemi, une base bien cachée (dans un volcan, ils sont intelligent ces méchants), et pour passer inaperçu, voilà qu’on lui annonce qu’il va devoir devenir Japonais et Ninja. Oui oui monsieur ! Et devenir Japonais dans le film, cela veut dire mettre une perruque et ressembler à Mr Bean (on s’en rapproche sérieusement). Devenir ninja, un petit entrainement de 2 jours et on en parle plus. Je ne sais pas si le côté dérisoire est volontaire, surtout que bon, si tout cela sert à infiltrer James, ça n’empêche pas qu’il est grillé dés le départ, puisqu’on tente de le tuer dés sa première nuit, puis dés le premier jour de son entrainement. Et que dire de son final, explosif, généreux, nous dévoilant enfin Donald Pleasence, mais donnant l’impression de voir des hommes en pyjamas jaune attaquant la base ennemie où ceux-ci sont habillés en pyjamas rouge pour bien les différencier. Oui je sais, 1967, mais voilà, ça fâche l’œil. Mention spéciale au chat tout paniqué que Donald Pleasence essaye de garder bien malgré lui dans ses bras durant plusieurs plans. Alors oui, il y a du risible dans le métrage, quelques moments ratés, mais au final, le métrage s’avère divertissant et n’ennuie jamais. C’est déjà pas mal, et ça en fait un métrage que l’on regarde avec plaisir. Notons d’ailleurs que les deux Japonaises principales du métrage, Wakabayashi Akiko et Hama Mie, avaient déjà tournées ensembles en 1962 dans King Kong contre Godzilla de Honda Ishirô, et que le film se paye le luxe d’avoir également Tamba Tetsurô dans son casting, qui après une prolifique carrière, aura beaucoup tourné pour Miike Takashi au début des années 2000 avant de rendre l’âme en 2006. Un épisode plein de bonnes intentions et plutôt amusant donc, mais loin d’être parfait.

Les plus

Le cadre du Japon
La poursuite en hélicoptère
Rythmé et divertissant
Donald Pleasence

Les moins

Des moments ridicules
Assez avare en action durant la première heure

 

En bref : James Bond part au Japon pour une aventure divertissante mais avec pas mal de défauts. L’ensemble reste fortement attachant.

2 commentaires

  1. Très kitsch, plein de défauts en effet, mais terriblement attachant ce Bond nippon !
    Notons également la présence au scénario de Roald Dahl, le célèbre auteur de littérature jeunesse (Charlie et la Chocolaterie, Matilda, etc…), ex-pilote de la RAF et jadis ami de Ian Fleming. Cela ajoute un peu de nostalgie à l’ensemble : one life for yourself and one for your dreams.
    Superbe chronique, juste et généreuse.

    1. Comme quoi, un opus sur deux, on tombe d’accord 🙂
      C’est en effet un opus bien sympa, malgré tous ces défauts. Comme les 4 opus précédents, je ne l’avais jamais vu avant. Et très bonne anecdote que je n’avais même pas mentionné.
      Nous verrons si on continue de tomber d’accord sur les opus suivants.

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