LA FILLE DES ENFERS, SAISON 1 de Ômori Takahiro


LA FILLE DES ENFERS, SAISON 1

Titre original : 地獄少女 – Jigoku Shōjo
2005 – Japon
Genre : Animation
Réalisation : Ômori Takahiro
Musique : Yasuharu Takanashi
Scénario : Kanemaki Ken’ichi
Avec les voix de Iwata Sayuri, Kato Kazuki, Sugimoto Aya, Nishimura Kazuhiko et Irie Sâya

Synopsis : Tous les soirs, à minuit sonnant, il est possible d’accéder à un site Internet appelé « Le Courrier des Enfers ». Quiconque désire se venger de quelqu’un peut écrire le nom de son ennemi(e) sur ce site. La Fille des enfers viendra alors venger la personne, faisant vivre à son ennemi(e) tout le mal qu’il / elle a commis avant de l’emmener en enfer via le Styx. Pour cela, elle remettra à la personne une poupée ornée d’un ruban rouge ; lorsque le demandeur ou la demandeuse retirera le ruban, le pacte sera scellé. Des rumeurs à propos du site se propagent parmi les lycéens, comme une légende urbaine, car l’action de la Fille des enfers n’est pas gratuite, et le prix de cette transaction est l’âme de la personne désireuse de vengeance, comme le dit son slogan, « deux tombes pour une malédiction »

Parmi les très très nombreuses séries animées existantes, on peut finalement dire que peu d’entre elles débarquent en France, à l’exception des plus connues bien entendu. Malgré le grand nombre de fans, des pays comme l’Angleterre ont un beaucoup plus grand catalogue. Parfois pourtant, quelques animes un peu moins connues débarquent, mais ne font pas parler d’elles. Alors qu’au final, avouons le, une série animée comme Hinamizawa Le Village Maudit (Higurashi No Naku Koro Ni) est bien plus intéressante, de par son ambiance, son scénario et son mélange de genre qu’une série comme Naruto ou Bleach. La Fille des Enfers est, comme Hinamizawa d’ailleurs, une série intéressante, bien qu’ici imparfaite, mais qui n’aura pas trouvé son public, si bien que seule la première saison aura eu les honneurs d’une sortie française. Il faut dire que pas mal de spectateurs auront souligné un des gros défauts de l’œuvre, un défaut qui sera très gênant pour une partie des spectateurs, qui prêtera bien plus attention à la forme qu’au fond. Datant de 2005, cette première saison met en place doucement son univers. On nous présente donc le site internet Le Courier des Enfers. Si l’on y accède à minuit, l’on pourra accéder au site, y écrire un nom, et si notre requête est acceptée, la fille des enfers, Enma Ai, nous apparaît pour faire un pacte. Elle enverra notre ennemi en enfer, mais en échange, nous conduira à notre tour en enfer au moment de notre mort.

Simple, rapide. Seulement la série va faire des choix qui pourront dérouter certains spectateurs, notamment dans sa structure. Car sur 26 épisodes, il faut bien l’avouer, environ 20 épisodes auront la même structure. Chaque épisode, nous découvrons un nouveau personnage, qui fera appel à Enma Ai pour envoyer quelqu’un en enfer. Chaque épisode aura donc le même déroulement, le même début, et la plupart du temps, la même fin, avec Enma Ai amenant en enfer la personne victime de la malédiction. Oui, les raisons de la malédiction seront toujours différentes, tous comme les personnages, mais la structure ne changera presque jamais, donnant un aspect assez répétitif à la série. Là, deux choix face aux spectateurs. Il y aura les spectateurs qui se contenteront des images que l’anime leur propose, trouveront donc malgré des qualités visuelles et sonores l’ensemble répétitif, et feront soit le choix d’arrêter totalement, soit passeront des moments en accéléré. Et il y aura les autres, qui sauront passer outre l’aspect répétitif et verront une évolution dans le fond de l’histoire. Car au début de la série, les cas que l’on nous propose seront des cas simples, avec de vrais personnages à la morale douteuse, nous rendant presque heureux lorsqu’ils sont au final punis par Enma Ai et son équipe, puis envoyés aux portes de l’enfer. Puis petit à petit, la morale devient plus discutable, les cas plus complexes moralement, les personnages plus humains et donc ni tout blanc, ni tout noir. Et puis, parfois, nous aurons même des cas ultra discutables, où les personnages sont soit trop jeunes et donc ont une vision très limitée de la vie et des conséquences de leurs actes, ou alors des personnages sans morale justement.

Car dans le fond, La Fille des Enfers n’est pas qu’un spectacle, mais aussi une sorte d’analyse du comportement humain, en allant la plupart du temps chercher nos plus grandes failles. Une jeune fille qui agit sous le coup d’une impulsion, une enfant de moins de dix ans qui ne sait pas comment réagir face aux comportements égoïstes des adultes qui l’entourent, ou pire encore, des personnages lançant des malédictions sans raisons, juste pour s’amuser, ou bien encore des personnages voulant se venger de quelqu’un, mais qui n’est pas la personne réellement coupable de leurs malheurs. La morale bien entendu, c’est que la vengeance n’est pas forcément la bonne solution. Mais malgré ces excellentes intentions, que la série parvient la plupart du temps à très bien retranscrire, il faut également avouer qu’avec sa structure répétitive et surtout ses 26 épisodes, La Fille des Enfers souffre de grosses longueurs. Heureusement parfois, la série se ressaisît, comme lors de l’épisode 8 où elle introduit enfin des personnages récurrents avec Shibata le journaliste et sa petite fille de 7 ans, qui vont alors traquer Enma Ai durant tous les épisodes. Ces personnages vont amener un peu de nouveauté, puis encore une fois, la série va se répéter quelque peu, avant de se ressaisir avec sans doute son meilleur moment, à savoir ces trois derniers épisodes, assez intenses. Mais par moment, il faudra s’accrocher.

Dommage donc, surtout que pour une anime de 2005, le graphisme fait pas mal de choses plutôt bien, la vision de l’enfer est particulièrement réussie, tout comme tout ce qui touche à Enma Ai. Et surtout, contrairement à aujourd’hui, l’anime ne sexualise pas ses personnages féminins. Enma Ai est d’ailleurs la plus grande réussite de l’anime, puisque le personnage évoluera tout le long de la série, se montrant d’abord froide, puis montrant des doutes, avant finalement de se montrer plus humaine qu’elle ne le pensait elle-même. On se met à aimer son personnage, à l’opposé de ce que la plupart des animes nous proposent depuis. Un personnage jeune, mais froid, peu bavard, semblant distant, et jamais sexualisé. Soulignons également pour envelopper le tout la superbe musique, assez sombre et convenant à l’action, autant dans les moments calmes, de tensions, et de doutes des personnages, que lors des passages plus rythmés, lorsque les personnages sont punis par Enma Ai, puis emmenés aux enfers. Alors oui, malgré tout ça, La Fille des Enfers s’addresse à un public qui saura s’accrocher, la faute à sa structure volontairement répétitive, très répétitive. Trop pour beaucoup apparemment. Pourtant, certains personnages valent le détour, et les trois derniers épisodes (tous comme le final de la saison 2 et 3) sont des grands moments.

Les plus

Enma Ai
Un visuel assez accrocheur
Les musiques sublimes
Les trois derniers épisodes

Les moins

La structure même, très répétitive
Forcément, quelques vengeances moins bonnes

 

En bref : Voilà bien un anime qui va diviser, dont le fond prend le pas souvent sur la forme. Un peu trop long, mais par moment vraiment bon.

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