Critique Jeu Vidéo : Fear Effect Sedna


FEAR EFFECT SEDNA

2018
Studio : Sushee
Editeur : Square Enix
Genre : Tactical en temps réel
Multijoueur : Non
Joué et testé sur : PS4
Existe sur : PC, Playstation 4, Xbox One, Switch

Synopsis : Libérée de l’étreinte des triades, le jeune trentenaire Hana vit en couple avec Rain à Hong Kong et travaille occasionnellement comme mercenaire, alors que Deke s’est éloigné du tandem et que Glas est retourné aux Etats-Unis. La première mission d’Hana se situera en France, sa cible étant l’ancienne statuette retenue par l’ambassadeur de Chine. Elle rencontrera Axel, un agent de la DGSI, qui sera relié à l’équipe.

17 ans que les quelques fans de la saga Fear Effect attendent le retour de celle-ci, depuis la sortie de Fear Effect 2 : Retro Helix en 2001 en Europe. Les années suivantes furent excitantes, puis décevantes, avec l’annulation pure et simple de Fear Effect Inferno, dont le développement sur PS2 était assez avancé (plus de 60% apparemment). Puis plus rien. Fear Effect appartient, comme beaucoup de jeux de l’ancien éditeur Eidos, à Square Enix à présent. Sauf que Fear Effect n’est pas Tomb Raider, et est resté dans un tiroir, jusqu’à ce que le développeur breton (oui oui, de la Bretagne, en France) Sushee ne se décide à utiliser le Square Enix Collective, qui aide des petits développeurs à relancer des licences mortes via des campagnes de financement et autres. En gros, Square met son nom dessus, mais hors de question d’y mettre de l’argent, car ils n’y croient pas. Et c’est ainsi que Fear Effect Sedna, après une démo sur PC en 2017, débarque en ce 6 Mars 2018. Est-ce que Sushee a su faire évoluer la formule ? Est-ce que celle-ci est trop identique aux deux jeux d’origine ou a-t-elle trop changée ? La réponse dans ce petit test, fait par un fan de la licence. D’emblée, Fear Effect Sedna fait un choix plutôt risqué. À savoir, si l’univers est le même, et que les quatre personnages principaux de la licence sont de retour, à savoir Hana, Rain, Deke et Glass, le reste change radicalement. De jeu avec des caméras fixes façon Resident Evil pour un mix entre action, horreur et parfois infiltration, Fear Effect Sedna devient un jeu privilégiant l’infiltration, dans une aventure en vue du dessus, se rapprochant beaucoup des jeux tactiques.

Pour preuve, il sera même possible avec le pad tactile de la PS4 de mettre le jeu en pause et de prévoir les mouvements des personnages avant de relancer l’action. Une aventure donc radicalement différente mais dans un univers que le fan connaît bien, puisque la direction artistique est très semblable, on retrouve nos personnages principaux, le style des personnages est toujours en Cell Shadding et j’en passe. Sur le papier, même si je préfère de loin le style des deux premiers jeux, ça a de la gueule, ça ose des choses, et ça continue l’aventure. Maintenant, manette en main, qu’est ce que ça vaut ? Et bien il faut avouer que c’est loin d’être parfait, même si en soit, le jeu n’est pas non plus catastrophique. Hana, Rain, Deke, Glass par la suite et aussi un petit nouveau dans l’équipe sont envoyées pour voler une œuvre d’art à Paris. Ça tourne mal, forcément, et les voilà à suivre une piste dans le grand Nord, pour une histoire versant encore une fois vers le fantastique et la mythologie. Après l’enfer, les dieux et divinités chinoises, c’est au tour ce coup-ci des divinités inuit, donc Sedna donc, qui donne son titre au jeu. Une histoire donc en soit fidèle aux premiers opus, dans le bon ton, plutôt intéressante bien qu’au final un peu courte. Mais retrouver des personnages que l’on apprécie et avoir une histoire sympathique ne suffit pas à faire un bon jeu.

Et c’est en premier lieu dans son gameplay brouillon que Fear Effect Sedna trouve son grand défaut. Vouloir faire un jeu plus tactique qu’autrefois, avec une vue du dessus, la possibilité de prévoir ses mouvements et tout, c’est intéressant, mais manette en main, ça ne fonctionne pas toujours, on a du mal à contrôler nos personnages surtout que l’IA fait ce qu’elle veut la plupart du temps, et le joueur ne sera pas aidé par quelques pics de difficulté ainsi que quelques boss bien retors. Heureusement, le jeu propose de recommencer le niveau en cours depuis le début dans les options, ce qui permet la plupart du temps de refaire une petite section en sachant par avance où sont les ennemis, permettant ainsi d’économiser des précieux kits de soin. Mais de nombreux moments sont frustrants. La maniabilité des deux premiers jeux n’était pas parfaite non plus, mais on s’y faisait rapidement, tandis qu’ici, les quelques pics de difficulté ne vont pas nous aider. Et un peu à l’image de Capcom, après avoir un peu galéré, on se retrouvera face à un boss de fin ultra simple. Voilà, niveau maniabilité, il y a pas mal de petits défauts, de petits éléments pas forcément bien pensés qui viennent un peu abaisser le verdict malheureusement. Techniquement, si ce n’est pas la folie, notamment avec la vue choisir, il faut avouer que ça fait néanmoins plaisir, l’univers étant respecté, et les cinématiques très sympathiques, reprenant le style graphique que l’on connaît.

Mais si l’histoire reste sympathique malgré une maniabilité exigeante et souvent frustrante, le seuil de tolérance dépendra des joueurs, de leur connaissance avec la saga, mais également de leurs attentes vis-à-vis du soft, qui reste un petit jeu développé par un petit studio et vendu 20 euros. Pour ce prix, n’attendez pas non plus une durée de vie exemplaire, le soft se fait malgré des moments bien hard plus courts que les précédents, avec une durée de vie entre 7 et 9 heures. Plutôt honnête malgré tout. Vous avez compris en tout cas, Fear Effect Sedna va diviser, que ce soit les fans ou le public en général. En fait, on peut même dire facilement que le jeu va se faire descendre par une partie du public, et c’est dommage. D’ailleurs, en parlant de durée de vie, signalons que le jeu a trois fins différentes, vraiment très différentes, mais qui ne nécessitent pas spécialement de jouer d’une manière ou d’une autre, ou de faire des actions spécifiques, mais juste de faire un choix ou un autre vers le final. Si Sushee compte un jour nous fournir une suite, il faudra voir quelle fin sera la « vraie » fin.

Terminons donc en parlons de la qualité sonore du titre, amenant ainsi à sa plus grande qualité, mais également un de ces défauts gênants. Sushee a soigné l’ambiance sonore, puisque le score musical est franchement sympathique, voir même excellent, avec quelques rares reprises de thèmes des précédents jeux (du second en tout cas). Franchement sympathique. Mais malheureusement à côté, on a les doublages du jeu, en anglais intégralement, qui ne sont pas extraordinaires, loin de là. Ils manquent de naturel, sonnent faux la plupart du temps. Et c’est clairement dommage, car les dialogues, s’ils ne sont pas non plus foufou, sont sympathiques et dans le bon ton, les personnages cohérents et respectant ce qui a été fait par le passé. Fear Effect Sedna, c’est ça, un jeu qui souffle le chaud et le froid, mais qui m’aura finalement donné ce que j’attendais de lui. De quoi vraiment attendre le remake du premier… et je l’espère un jour, de sa suite Retro Helix également.

Les plus

Retrouver Fear Effect
Une intrigue sympathique
Les musiques du jeu

Les moins

Quelques pics de difficulté
Un gameplay souvent brouillon
Les doublages, pas top

En bref : Fear Effect Sedna est plein de bonnes intentions, et a quelques bons atouts dans sa poche, mais souffre d’un gameplay approximatif qui va en faire rager certains sur certains passages assez hard. Pour le fan, cela permet en tout cas de retrouver les personnages et de voir leur évolution.

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