Critique Jeu Vidéo : Blue Reflection


BLUE REFLECTION

2017
Studio : Gust Co Ltd
Editeur : Koei Tecmo
Genre : JRPG
Multijoueur : Non
Joué et testé sur : PS4
Existe sur : PC, Playstation 4, PS Vita

Synopsis : Hinako est une écolière japonaise et ancienne danseuse ayant abandonné son rêve à cause d’une blessure à la jambe. Un jour Yuzuki et Raimu, deux jeunes filles mystérieuses, vous approche et vous donne le pouvoir de devenir une Magical Girl du nom de « Reflector ». Sous cette forme, vous devez combattre le mal et comprendre pourquoi ces pouvoirs vous ont été confiés.

J’aime bien les JRPG. Et si la PS4 n’était pas pourvue, du moins en Europe, d’un catalogue énorme (quelques Mega Neptunia, Omega Quintet), l’arrivée de Persona 5 avait remit les pendules à l’heure. Et du coup, d’autres JRPG débarquent depuis, comme Tokyo Xanadu, ou ce Blue Reflection dont je vous parle aujourd’hui. Un jeu qui m’avait fait envie grâce à son trailer, ayant un petit côté Persona 5 justement, mais au féminin, avec des relations à gérer, des scènes dans un lycée, puis des combats dans un autre monde avec des monstres. Mais l’ambiance semblait totalement différente, bien plus douce et lente, un peu comme pour le visual novel Root Letter. J’étais donc preneur. Au final, Blue Reflection était bien sympathique, malgré deux énormes défauts. Des défauts de taille. Le premier, c’est son inévitable comparaison avec Persona 5, puisque Blue Reflection ne fait pas le poids face au jeu d’Atlus. Il y a énormément de ressemblances, autant dans le gameplay que dans l’histoire ou la narration. Le second gros défaut, c’est son absence totale de difficulté. Et j’aurais poussé le vice jusqu’à pousser la difficulté en Hard pour voir si ça changeait quelque chose, mais non, ma vie n’a jamais été véritablement en danger, et évoluer dans un monde où la mort n’est jamais là, ça retire un peu du challenge. Bref, Blue Reflection, de quoi ça parle ? Nous jouons Hinako, lycéenne qui débarque fraichement dans un lycée pour filles, en classe normale, ayant été forcée d’abandonner le ballet suite à une blessure au genou qui ne guérira jamais. Après sa rencontre avec les sœurs Yuzu et Lime Shinjô, elle devient une Reflector, lui permettant de naviguer dans un monde parallèle où elle agît librement, à la recherche de fragments, représentant les émotions (positives ou négatives) de ses camarades de classe.

Alors oui, clairement à la lecture du pitch, on pense à Persona 5. La nouvelle élève, qui se découvre un pouvoir qui lui permet de combattre des monstres dans un monde alternatif, afin de sauver un monde en péril… Si on ajoute à cela que le joueur va donc évoluer parmi les deux mondes, à savoir parler avec ses camarades de classes, les inviter, se balader dans les couloirs du lycée dans la vie de tous les jours, puis faire des missions secondaires, affronter des monstres et autres une fois dans le monde alternatif, appelé le Common, on s’en rapproche encore plus. Là où le jeu par contre parvient à se différencier de Persona 5, c’est dans le fait que les personnages sont tous féminins, que l’on gagne de l’XP de manière assez inhabituelle, et que le ton n’est pas punchy ou jazzy, mais très calme, lent, mélancolique et doux. Un fond donc assez similaire mais une mise en application totalement différente. Tout au long de 12 chapitres plus ou moins longs si le joueur prend le temps de parler à ses camarades pour faire augmenter leur affinité, nous allons en apprendre plus sur Hinako, sur sa blessure, ses rêves, et partir dans un royaume merveilleux pour affronter des monstres et sauver le monde par la même occasion en se changeant en magical girl.

Au fur et à mesure des chapitres, le gameplay et la narration ne changeront que rarement. On se lève le matin, on est témoins de quelques petites scènes en fonction de ce que l’on a fait la veille avant de se coucher, on assiste aux cours, avant d’être un peu libre de parler à tout le monde dans l’école, d’aller faire des quêtes secondaires (courtes mais assez répétitives, comme éliminer 5 monstres de telle catégorie, récupérer 5 objets, ou en crafter deux ou trois), puis de parler à Lime et Yuzu, les deux personnages qui vont nous apprendre les règles de l’univers, ou tout simplement rentrer chez nous, prendre un bain (ou étudier, ou faire du sport) et passer à la journée suivante. Assez classique oui, mais heureusement, les personnages sont assez bien écrits et surtout plutôt attachants. On n’échappe pas à certains clichés, mais un certain soin a été apporté. Hinako et sa blessure au genou par exemple, et qui reprend goût à la vie en allant dans le monde alternatif où elle peut se pouvoir parfaitement, est un excellent personnage, tout comme son développement. Tous les personnages ne seront pas du même niveau, mais dans l’ensemble, ça reste fort sympathique, et on prend donc plaisir au départ à aller leur parler et à sortir avec eux après les cours pour mieux les connaître. Au départ, car finalement, les lieux visités sont peu nombreux, et si l’on veut maximiser l’affinité avec tout le monde, le procédé devient redondant.

Car Blue Reflection a quelques mécaniques de gameplay assez différentes de nos habitudes. La première sera la gestion du temps. En fait, impossible de faire avancer l’histoire si l’on n’a pas atteint un certain nombre de points, qui s’obtiennent en faisant des missions secondaires. Certes, au final, il y a plus de missions proposées que de points demandés, mais atteindre le bon nombre de points nous fait commencer chaque journée de la même manière, avec l’ultime proposition de parler à Yuzu et Lime pour faire avancer le jeu. Hors, quand on veut faire quelque chose, on en arrive toujours à dire non, faire ce qu’on doit faire, journée suivante, redire non. Et du coup, l’impression de tourner en rond s’installe. L’autre mécanique différente, c’est l’obtention de l’XP pour augmenter de niveau. Vous pourrez affronter 150 monstres ou bien 2, cela ne changera rien, les combats ne vous donneront que des objets, jamais d’XP. Si vous voulez augmenter de niveau, une seule solution : faire des quêtes secondaires, augmenter l’affinité avec vos camarades, et avancer dans l’histoire, pour espérer atteindre dans les derniers chapitres le niveau 50. C’est comme ça et puis c’est tout. Du coup, beaucoup de combats deviennent facultatifs, ou alors uniquement là pour récupérer de précieux objets afin de crafter d’autres objets, ou d’augmenter la force de nos fragments. Car parler avec nos camarades nous donne des fragments, à équiper sur nos différentes attaques, donnant de précieux bonus lors des combats.

Bon dis comme ça, ce n’est pas hyper enthousiasmant. Mais heureusement, Blue Reflection se fait malgré ces défauts attachants, avec ces personnages, les choix des différents thèmes, son ambiance très douce, sa narration simple. Il a plusieurs atouts de plus dans sa poche. S’il est loin d’être le jeu le plus beau du monde, Blue Reflection a une patte artistique plutôt sympathique. Les couleurs sont pétantes, et si les lieux sont au final très petits, les décors ont un certain charme, que ce soit les lieux explorés dans le Common ou tout simplement l’école. Les petits détails font de l’effet, comme lorsqu’il pleut avec les reflets de pluie, la pluie sur les vitres, ou de belles ombres travaillés lorsque la journée est ensoleillée. Dans le Common, ce sont les arrières plans qui sont très travaillés et en mettent plein la vue, même si en soit, les niveaux sont minuscules. La plus grande réussite par contre, ce sera clairement l’ambiance sonore. Comme pour l’ambiance du titre, l’ambiance sonore est souvent très douce, mais lors des combats de boss, ça s’excite immédiatement plus. Car si comme je le disais le jeu ne propose aucun réel défi, les ennemis étant facile dés que l’on maîtrise le très sympathique système de combat, les boss eux, sans être insurmontables, sont excellents. Très grands, avec des parties secondaires pouvant faire mal, il faudra alors bien gérer la timeline, abuser d’attaques repoussant l’adversaire et détruire les parties secondaires de l’ennemi sous peine de se prendre parfois 5 attaques de suite. Et les musiques de ces boss sont ultra entrainantes !

On en viendrait presque à souhaiter que les boss soient plus nombreux, sauf qu’ils ne sont qu’au nombre de cinq en comptant le boss final. Alors oui, Blue Reflection est un JRPG s’adressant sans doute aux joueurs qui ne cherchent pas un gros défi, mais plutôt une histoire sympathique et douce, parlant des difficultés des jeunes femmes. En ce sens, c’est réussi. Sauf que moi, je voulais juste un peu plus que ça. Plus de challenge. L’aventure ne fut pas désagréable, loin de là, mais un peu redondante sur la fin (quand j’ai du augmenter l’affinité de quasi tout le monde, d’un coup, et donc enchaîner les discussions). Au final, en complétant le jeu à 100%, Blue Reflection m’aura demandé environ 20h, ce qui n’est pas si mal malgré tout. Il faut en tout cas savoir dans quoi on se lance, ne pas attendre un jeu ultra rythmé, et surtout, ne pas lancer Blue Reflection juste après avoir terminé Persona 5, puisque la comparaison sera évidente, et fatale pour le titre de Gust.

Les plus

Une jolie direction artistique
Les musiques
Un jeu doux
Quelques sympathiques personnages
Les combats de boss

Les moins

Beaucoup trop facile, aucun challenge
Pas mal de points communs avec Persona 5

En bref : Blue Reflection est un petit JRPG fort sympathique. Il ne propose pas de grands défis vu sa difficulté (même en hard), et n’est pas punchy comme d’autres titres, mais l’aventure proposée est douce et sympathique si on accroche aux personnages et à la direction artistique.

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