À L’INTÉRIEUR de Alexandre Bustillo et Julien Maury


À L’INTÉRIEUR

Titre original : À L’Intérieur
2007 – France
Genre : Horreur
Réalisation : Alexandre Bustillo et Julien Maury
Musique : François Eudes
Scénario : Alexandre Bustillo
Avec Alysson Paradis, Béatrice Dalle, Jean-Baptiste Tabourin, Claude Lulé, Dominique Frot, Nathalie Roussel et François Régis-Marchasson

Synopsis : Sarah passe seule le réveillon dans sa maison. Une femme étrange frappe à sa porte pendant la nuit, bien décidée à lui arracher le bébé de son ventre.

Le cinéma de genre n’a jamais été facile en France. Il suffit de se rappeler par exemple de la sortie de Baby Blood, ou alors pour remonter encore plus loin aux films de Jean Rollin. Mais en 2005 avec Haute Tension, Alexandre Aja a ouvert la voie à une nouvelle vague de films de genre, une vague de films dits chocs. Sans humour, sans détour, à coup de gore et d’effets chocs direct dans la face du spectateur. Parfois, ça marche, parfois ça ne marche pas du tout. Parfois, la critique applaudit, parfois elle crache sur les films. Parfois, les films font un gros buzz. La liste des films est longue en tout cas depuis : Haute Tension, À L’intérieur, La Horde, Frontière(s), Martyrs, Grave, Lady Blood, Horsehead. Parfois, les réalisateurs se cassent la tête pour livrer des produits différents et bons (Horsehead, Grave), parfois ils choisissent la facilité et se plantent dans un discours gratuit et sans intérêt (Martyrs), ou tout simplement car le film est nul (Lady Blood). Mais bon, je n’ai pas du comprendre grand-chose car tout le monde adore Martyrs… À sa sortie, À L’Intérieur a pas mal fait parler de lui, et à même été applaudit. Par une partie du public seulement, et détesté par une autre partie. Personnellement, je me trouve entre les deux. À l’Intérieur bouscule quelque peu nos habitudes, va à fond dans son délire, frontalement, sans détour, et le fait même plutôt bien. La photographie est jolie, la mise en scène parvient parfois à instaurer un climat de tension bienvenue, les effets gores sont d’un très bon niveau. Mais je ne peux pourtant pas passer sous silence la bêtise de certains personnages, une volonté de s’attarder sur les effets gore jusqu’à désamorcer tout effet, mais également un dernier acte clairement en dessous des autres.

À l’Intérieur, sur le papier, cela tient sur un bout de papier, voir un mouchoir. C’est le réveillon de Noël, Sarah est seule chez elle, elle doit accoucher le lendemain. Mais une étrange femme l’espionne et parvient à rentrer chez elle. Et puis c’est tout. L’histoire ne va pas chercher plus loin. Et dans un sens, tant mieux. L’histoire minimaliste, tout comme les dialogues, permettent de se focaliser avant tout sur l’ambiance et le rythme, ce qui, pour un film de seulement 1h22, est tout à son honneur d’ailleurs. Malheureusement à certains instants, le film tente de se justifier et se plante. À l’Intérieur est le bébé de Alexandre Bustillo, ancien de Mad Movies (magazine avec lequel je suis rarement d’accord depuis le début des années 2000, ayant la fâcheuse manie de s’enflammer pour des films souvent tout juste passables, voir mauvais – Jason X) et de son ami Julien Maury. Et en tant que réalisateurs, ils savent clairement ce qu’ils font. On pourrait même dire qu’à quelques fautes de goûts près, la première partie est excellente. La première partie joue sur la tension. Béatrice Dalle joue l’intruse, qui va rentrer dans la maison de Sarah (Alysson Paradis), et la nuit va être longue pour les deux. Une base simple, pour une première partie tout en tension. L’intruse est aperçue à la fenêtre, une ombre rôde, puis elle se faufile silencieusement dans la maison. La mise en scène est aux petits oignons et fait fonctionner l’ensemble.

Et puis dés que les deux sont face à face, la confrontation a lieu, et là c’est un festival, de gore. Les réalisateurs ne reculent devant rien, et accumulent les effets, très bien faits, mais comme dit plus haut, ils s’attardent souvent beaucoup trop sur leurs effets, désamorçant ainsi petit à petit la tension qu’ils avaient construits. Néanmoins, pour les spectateurs sensibles, ces effets spéciaux feront leurs petits effets, assurément. Et en soit, le rythme ne faiblit pas. Là où par contre À l’Intérieur déçoit totalement, c’est dans son dernier acte, comme si les réalisateurs ne savaient plus où aller, et que seule la solution de facilité restait devant eux, à savoir en rajouter toujours plus, quitte à verser le ridicule. Ainsi, ils tentent de justifier les actes de l’intruse, mais cela reste bien trop maigre pour fonctionner. Et quand il n’y a plus assez de personnages, ils ont recours à quelques situations à la limite du ridicule qui nous sortent du film. Et c’est bien dommage. Car oui, le film bénéficie d’une très bonne technique (réalisation, photographie, montage, musique), les deux actrices principales sont excellentes (les autres beaucoup moins), mais à force de vouloir en faire toujours plus tout en restant dans le sérieux le plus total, les deux réalisateurs semblent clairement dépassés et se plantent à la fin.

Les plus

Une ambiance glauque
De bons effets
Alysson Paradis et Béatrice Dalle

Les moins

Une dernière partie ridicule
Des personnages secondaires pas fameux

 

En bref : À l’Intérieur part d’une bonne initiative, et les réalisateurs ne reculent devant rien. Mais à force d’en faire trop, ils versent dans le ridicule dans la dernière partie. Pas le choc annoncé, mais intéressant.

2 commentaires

  1. Vu au cinéma à sa sortie (lors de la journée mondiale du don du sang, véridique !), et une impression comme toi, pas désagrable. On est d’accord, c’est un pur film de mise en scène, il n’ya pas grand chose derrière sinon l’idée d’une série de huis-clos successifs (la maison, une pièce de la maison, le ventre d’Allyson Paradis) et une Béatrice Dalle suffisamment mystérieuse pour tenir l’intrigue un moment. Mais lorsque les deux réals renversent (transpercent ?) les bidons d’hémoglobines, on fini par se noyer dedans. Ou en faire du boudin, au choix. 😉
    Chouette chro en tous les cas camarade.

    1. Hey hey merci de ton avis, en général ce film divise, mais une grande partie lui voue un culte, que je ne comprends pas totalement vu certains aspects un peu faciles voir bancals de l’oeuvre. Si ce n’est que c’est comme toujours rare de voir un film de genre qui tient la route en France.
      Sympa l’anecdote du don du sang ahah!

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