LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE de Dennis Iliadis


LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE

Titre original : The Last House on the Left
2009 – Etats Unis
Genre : Rape & Revenge
Réalisation : Dennis Iliadis
Musique : John Murphy
Scénario : Adam Alleca et Carl Ellsworth d’après Wes Craven
Avec Garret Dillahunt, Michael Bowen, Riki Lindhorne, Sara Paxton, Josh Coxx et Aaron Paul

Synopsis : John et Emma Collingwood sont deux jeunes parents qui possèdent une résidence secondaire à côté d’un lac. Leur fille Marie et sa copine Paige se font enlever par une bande. Paige va être tuée et Marie violée. Celle-ci arrive à s’échapper en plongeant dans le lac mais est blessée par un tir de pistolet. La laissant pour morte, la bande cherche alors à s’abriter d’un orage et finit par trouver refuge dans la maison des Collingwood. Marie arrive malgré tout chez elle quelque temps plus tard et lorsque ses parents se rendront compte de la véritable nature des gens qu’ils abritent dudit orage, ils mettront tout en œuvre à la fois pour la protéger… et la venger.

La dernière Maison sur la Gauche est considéré comme un film culte de Wes Craven, qu’il signa en 1972. Comme souvent, l’annonce d’un remake en fit crier plus d’un. Pas moi, car je n’aime pas le métrage de Wes Craven. Comme pour son film La Colline a des Yeux, je trouve que le métrage a affreusement vieillit, et que son manque de budget se fait sentir. Oui, le film se veut choc mais certains éléments ratés le rendent à mes yeux ridicules, comme par exemple la sous intrigue avec les policiers, ou même certains éléments chocs qui ne fonctionnent pas. Alors oui, le film est culte, le film est sans doute important c’est indéniable, il aura même lancé le genre du rape & Revenge qui donna par la suite I Spit on Your Grave, La Maison au Fond du Parc (qui a le même acteur principal) ou encore l’Ange de la Vengeance de Abel Ferrara (que je n’aime pas non plus, le trouvant vieillot), mais le métrage a beaucoup de défauts pour moi pour en faire un bon film, malgré des choix osés pour l’époque. Du coup l’idée d’un remake de nos jours avec plus d’argent, surtout à présent que l’on peut aller beaucoup plus loin visuellement, ce n’était pas pour me déplaire. Et ce remake fait en plus le choix, tout en gardant exactement la même structure que l’originale, de s’en éloigner par certains aspects, ce qui me convient parfaitement également. Et il faut avouer que si tout ne fonctionne pas (notamment la dernière scène du métrage, catastrophique), l’ensemble fonctionne bien mieux qu’à l’époque, alors que paradoxalement, il se fait dans son propos moins intéressant.

En 1972, c’était une période étrange, de nombreux réalisateurs énervés livraient des œuvres subversives pour évacuer certains traumatismes, ce qui donna des œuvres comme La Dernière Maison sur La Gauche, Massacre à la Tronçonneuse ou encore Le Diable (de Zulawski). En 2009, le remake de La Dernière Maison sur la Gauche n’est qu’un remake, une œuvre d’exploitation surfant sur la vague à la fois des remakes et des films de plus en plus trashs visuellement. Un pur produit de consommation donc, qui n’a pas de messages particuliers. Et pourtant, cette version 2009 se fait divertissante, tendue par moment, plutôt maîtrisée par son réalisateur Dennis Iliadis qui signe là son second long métrage après Hardcore en 2004, film méconnu et d’ailleurs plutôt rare, tourné en Grèce, son pays d’origine. Oui encore une fois, les productions vont chercher un réalisateur Européen pour signer un remake. Iliadis s’éloigne du style documentaire et fauché du métrage de Wes Craven pour livrer un film visuellement bien torché, beaucoup plus sérieux donc, et finalement s’intéresse à ses personnages et leurs émotions. Le gore est présent, les éléments chocs aussi, on retrouve forcément le viol au centre de tout, les excès gore de la vengeance, mais le film ne choque absolument pas, il n’essaye pas d’aller toujours plus loin comme ces métrages des années 70. Soyons clair, le film reste très violent, certains moments sont tendus et malsains, mais le film n’a pas pour but de repousser les limites.

Il se contente de montrer la violence telle qu’elle est sur une histoire très classique, celle d’un groupe de truands violant et tuant une jeune femme, et trouvant refuge la nuit chez, pas de bol, les parents de leur victime, qui vont se venger. La force de ce remake, outre son côté visuel beaucoup plus sérieux, et aussi par ailleurs son casting qui fonctionne, c’est finalement le fait qu’il s’éloigne réellement de l’original tout en gardant la même structure, les mêmes événements. Des petites différences s’invitent dans le récit, notamment dans la seconde partie, changeant ainsi la signification de telle ou telle action, et ces différences sont clairement bienvenues, même si elles ne plairont pas forcément aux fans du film original. Mais dans le fond, ce remake fait ce qu’un remake doit faire : donner une relecture du film original, la vision du réalisateur donc, et savoir corriger les défauts du film original. Car oui, à quoi bon faire un remake d’un film parfait ? (ce qui arrive bien trop souvent malheureusement). En ce sens, La Dernière Maison sur la Gauche version 2009 corrige les défauts de l’original. Le côté amateur de la mise en scène est remplacé par une mise en scène sérieuse et appliquée, les acteurs amateurs et parfois ridicules sont remplacés par des professionnels. Le film perd son côté choc et documentaire au profit d’un film beaucoup plus carré, moins choquant, mais bien plus divertissant et maîtrisé. On notera même une excellente musique signée John Murphy (28 Jours Plus Tard). Alors oui, ce n’est pas si choc que ça, oui la scène finale est totalement ratée et en décalage d’ailleurs avec le reste du film (là, du choc pour du choc, ridicule en plus), mais cette mise à jour du film de Craven fait plaisir.

Les plus

Un remake fait sérieusement
Mise en scène appliquée
Violent certes mais pas gratuit
De grosses différences avec l’original

Les moins

Mise en scène peut-être trop impersonnelle
La scène finale bien nulle

 

En bref : Moins choc que l’original mais beaucoup plus professionnel à tous les niveaux, ce remake fait des choix qui l’éloignent de son modèle. En ce qui me concerne, carrément meilleur bien que n’étant qu’un simple film d’exploitation.

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