GODZILLA CONTRE MEGALON de Fukuda Jun


GODZILLA CONTRE MEGALON

Titre original : Godzilla 80 – Gojira tai Megaro – ゴジラ対メガロ
1973 – Japon
Genre : Kaiju du pauvre
Réalisation : Fukuda Jun
Musique : Manabe Riichiro
Scénario : Fukuda Jun, Kimura Takeshi et Sekizawa Shinichi
Avec Sasaki Katsuhiko, Kawase Hiroyuki, Hayashi Yutaka, Robert Dunham, Tomita Kotaro et Nakajima Gentaro

Synopsis : Devant l’accroissement de la pollution des mers, le roi de Seatopia décide de prendre des mesures : envahir le monde de la surface en envoyant le monstre Megalon. Pour aider Megalon, des agents sont envoyés dérober un robot qui servira de guide d’attaque au monstre : Jet Jaguar. Megalon détruisant tout sur son passage, on décide d’appeler Godzilla à l’aide pour vaincre le monstre.

Aaaaaaah Megalon…. Pars se crever les yeux et reviens… Face à un tel spectacle, je ne sais même pas par où commencer. Déçue de Godzilla contre Hedora en 1971, la Toho était repartie chercher Fukuda Jun pour réaliser en 1972 Godzilla contre Gigan, métrage enfantin qui régressait encore une fois, entre une intrigue pas nouvelle, peu intéressante, des stock shots nombreux, un nouveau Kaiju surréaliste. Mais il faut croire que la Toho aime détruire sa propre création, car elle n’attend pas longtemps avant de refaire appel à Fukuda pour livrer un nouvel opus dès 1973, le tristement célèbre Godzilla contre Megalon, aussi appelé Godzilla 80. Oui, 80, même s’il date de 1973 au Japon, 1976 en Amérique et en France. Voilà pour la base. On pourrait aussi ajouter le fait que le film s’ouvre sur des… images ahurissants puis des stock shots de Les Envahisseurs Attaquent. Ou que le métrage contient Jet Jaguar, un robot issue de Bioman, qui devait au départ avoir son film à lui tout seul, mais n’étant pas jugé assez rentable, fut inséré dans un film Godzilla. Jet Jaguar, c’est le summum du kitch, c’est surtout un robot désigné par un enfant de 12 ans pour un concours. Et au final, c’est plutôt Godzilla qui est inséré dans le métrage de Jet Jaguar, car bon, avouons le, le lézard radioactif devenu gentil n’apparaît que tardivement pour se fighter, se ridiculiser, puis repartir de là où il est venu. Bref, Godzilla contre Megalon, un des pires opus de la saga, si ce n’est le pire, aux côtés de Godzilla’s Revenge. Et surtout, un métrage prouvant après Ebirah, Le Fils de Godzilla et Godzilla contre Gigan que Fukuda n’aura rien apporté de bon à la saga. 4 films, pour 4 mauvais films.

Mais on atteint donc ici des sommets, des sommets d’incompétences, des sommets dans le ridicule, des sommets dans le non budget. Tout est kitch, rien n’a de sens, tout est filmé à l’arrache, avec des plans provenant de les Envahisseurs Attaquent, ou même de Godzilla contre Gigan. L’histoire ? Alors essayez de suivre un peu. Il y a des essais nucléaires (pendant 35 secondes, j’ai cru que le film allait avoir un message), ce qui, nous raconte le narrateur, a un effet sur Monsterland. Sauf qu’en fait, on s’en fou, car les monstres ils resteront pendant 1h sur leur île, ils s’en foutent eux de ce qui se passe loin de chez eux ! Donc en fait, les essais nucléaires, ils ont surtout pour effet de faire un trou au fond d’un lac, l’eau fou le camp, et cela dérange une ancienne civilisation cachée sous Terre, et attention les yeux, ça s’appelle Seatopia, les femmes passent leurs temps à danser (et c’est tout, aucun dialogue, aucun personnage féminin), les hommes portent des tenues d’anciens dieux Grecs car ils viennent de l’île de Pâques, et leur chef, c’est Robert Dunham. Ils sont pas contents, donc comme souvent, ils vont vouloir tuer les humains, détruire la Terre. Mais innovation, le danger ne vient pas de l’espace, mais de sous Terre… Donc du coup, ils sont pas contents et ils envoient Megalon pour tout détruire. Mais on y reviendra plus tard. Ils savent que Megalon ne suffira pas, donc ils appellent Gigan à la rescousse. Niveau bad guys, check. Bon, et il faut des gentils humains et des gentils Kaijus donc. Donc on se retrouve à suivre un scientifique et son fils tête à claques, qui comme par hasard, étaient sur le lac lorsqu’il s’est vidé, et que comme par hasard, le père a créé un super robot nommé Jet Jaguar. Vous savez, le fameux… Non ? Tant pis. Donc Jet Jaguar, ou un pauvre homme en costume ridicule (en fait, ils étaient deux), un robot digne de Bioman qui peut changer de taille ce qui lui permet à la fois d’avoir des scènes avec les humains et les Kaijus, de se battre, tout ça tout ça. Avec son sourire niais constamment sur sa face, ses sons ridicules, le fait qu’il s’envole, change de taille. Non mais non.

Godzilla est redevenu un pur produit pour enfant, où le seul plan qui pourrait choquer est en réalité un plan de Godzilla qui saigne, plan venant du film précédent. Et Jet Jaguar, il est tellement pas doué que les humains l’envoient sur Monsterland pour aller chercher Godzilla, le seul, le vrai, l’unique et… non, son costume a été refait, à l’arrache (une semaine), il ressemble de plus en plus à un humain, et d’ailleurs il se comportera comme tel avec Jet Jaguar. Il faudra voir les deux discuter en gesticulant pour se rendre compte du carnage. Voilà, je vous ai résumé la première heure, je suis sympa non ? Oui je sais, le métrage ne dure que 1h21 mais bon, de toute façon, c’est ultra mauvais. C’est lent, compliqué pour rien, ça part dans tous les sens, il y a des courses poursuites (mal filmées) en voitures, des plans des anciens films (pauvre Anguirus, faisant maintenant de la figuration à base d’anciens plans), il y a des hommes tout poilus en robe blanche, des lumières qui clignotent dans le ciel. Et là, Fukuda Jun, bien déterminé à pourrir la saga une fois de plus, se réveille et se dit qu’il faut maintenant mettre du catch, et pas qu’un peu mon neveu. Il vise haut, il vise grand, il veut 20 minutes de fight entre Jet Jaguar, Godzilla, contre Megalon et Gigan. Et bien quel spectacle mes amis. 20 minutes, ça peut paraître long même lorsqu’un combat est génial, alors imaginez quand le résultat à l’image oscille entre le consternant à se jeter d’une falaise et le ridicule à s’étouffer de rire avec un Haribo.

Megalon déjà. Parlons en enfin ! Mais qu’est ce que c’est que ce Kaiju franchement. Je sais que Fukuda n’a pas créé que du bon loin de là, Ebirah n’était pas fameux, Minilla était catastrophique. Et bien Megalon, c’est comme Minilla, mais sans jamais pouvoir le décrire. Minilla, c’était Casimir avec un son d’otarie morte. Megalon, c’est un mix improbable. Deux perceuses à la place des bras, un corps de cafard (ou de mouche, ou des deux), des ailes toute pourries, des yeux jaunes, et le tout se déplacera en faisant des sauts comme dans le générique de La Petite Maison dans la Prairie. Alors quand on verra Jet Jaguar retenir le monstre et Godzilla prendre son élan pour faire un saut arrière et s’envoler vers le monstre, on se frappe la tête. Non content d’avoir livré un produit exécrable, Fukuda Jun continue en nous livrant trois minutes finales éblouissantes. Nous verrons Jet Jaguar serrer la main (la patte ?) de Godzilla avant que ce dernier, consterné aussi par le résultat, ne se casse de nouveau chez lui, puis notre robot redevenir humain pour s’éloigner au soleil couchant avec son maître et le petit tête à claque, sur une musique sortant droit d’un Bioman. Alors oui, la vision fut dure, quelques rires se sont échappés, mais pas des rires funs, plutôt des rires dus à des tics, comme si mentalement, je n’étais pas assez fort pour tenir le coup. Godzilla contre Megalon, c’est la mort ! Et c’est d’ailleurs le premier film de la saga Godzilla qui n’a pas dépassé le million d’entrées au Japon à sa sortie. Un signe ? Vous croyez ? Ce qui n’a pas empêché la Toho de se dire que 1974, c’est les 20 ans de Godzilla, qu’il faut refaire un film, et que ce serait cool de reprendre Fukuda Jun pour le faire…

Les plus

Attendez je cherche encore

Les moins

Ridicule
Fauché
Enfantin
Mal foutu
Scénario incompréhensible
Seatopia
Le combat de 20 minutes
Megalon

 

En bref : Fukuda à livré son chef d’œuvre… Ironie quand tu nous tiens.

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