LE DOUBLE MALÉFIQUE de Avi Nesher


LE DOUBLE MALÉFIQUE

Titre original : Doppelganger / The Evil Within
1993 – Etats Unis
Genre : Fantastique / Thriller
Réalisation : Avi Nesher
Musique : Jan A.P. Kaczmarek
Scénario : Avi Nesher
Avec Drew Barrymore, George Newbern, Dennis Christopher, Leslie Hope, Sally Kellerman et George Maharis

Synopsis : Holly Goodling arrive à Los Angeles et loue une chambre chez Patrick, un jeune scénariste qui galère. Son but est de rendre visite à son frère, enfermé dans un hôpital après avoir assassiné leur père. Mais Holly cache un secret, elle est persuadée qu’elle possède un double maléfique, un Doppelganger.

Doppelganger, renommé en France Le Double Maléfique, c’est un métrage que j’avais découvert il y a des années via la sortie d’un zone 1. Puis j’avais un peu oublié le film, jusqu’à retomber dessus, En me disant que je n’en avais gardé absolument aucun souvenir, excepté la présence de Drew Barrymore, un de mes fantasmes de jeunesse. Du coup, il aura suffit d’une soirée d’été un peu fraiche pour que je me lance dans la vision de Doppelganger, séance de rattrapage, dans un format 4/3 que mes yeux n’ont plus l’habitude de voir. 1h44 plus tard et le verdict tombe, Doppelganger, ce n’est pas excellent, c’est même souvent bancal, mais ça a ce petit cachet téléfilm des années 90 qui fait un peu ce qu’il veut en dépit du bon sens et qui lui donne un aspect sympathique si l’on sait dans quoi on se lance. Car le métrage est foutraque, peu cohérent, part dans des directions parfois radicalement opposées et qui ne sont pas forcément logiques, et pique un peu dans les genres en vogue du début des années 90, notamment le thriller violent à tendance légèrement érotique depuis la sortie de Basic Instinct. Le choix de Drew Barrymore semble alors logique, la jeune femme devenue adulte ayant posée nue l’année précédente pour un magazine, et jouant dans des films plus adultes, comme Fleur de Poison. L’actrice a eu quelques soucis de drogue, à présent derrière elle, mais se sert de son image de bad girl pour revenir sur le devant de la scène au cinéma. Ça tombe bien, puisque dans Doppelganger, elle joue un double rôle, celui d’une jeune femme sage et gentille, et de son double maléfique comme l’indique le titre français, habillée en noir et armée d’un grand couteau.

Doppelganger, dans ses grandes lignes, est un thriller violent teinté d’érotisme tout ce qu’il y a de plus classique. On aura des flics, des sous intrigues, des meurtres, quelques scènes de nudité. Est-ce que ça fonctionne ? On ne va pas mentir, ça fonctionne plutôt moyen, la faute à des soucis de rythme, que l’on doit à la fois au scénario plutôt faible mais également à la mise en scène. Les deux sont signés par Avi Nesher. Le scénario, au final très classique, développe parfois pas mal d’éléments peu utiles à l’intrigue ni même aux personnages, comme pour gonfler sa durée artificiellement. Cela nous donne malgré tout la possibilité de voir une gueule bien connue dans un tout petit rôle secondaire, celle de Danny Trejo, jouant un ouvrier Mexicain, ce qui fera sourire. Mais au delà de ça, la mise en scène est à remettre en cause également. Autant pour un téléfilm, la photographie est soignée et part parfois dans des tons surréalistes que les giallo ne renieraient pas, autant la mise en scène alterne le bien vu et les plans en roue libre. Comme si Avi Nesher n’avait pas de regard de metteur en scène, et filmait plusieurs dialogues en plan éloigné, fixe, sans rien de particulier pour intéresser le spectateur ni même attirer l’œil. Comme si au final la scène était inutile, et que le réalisateur avait juste placé sa caméra et laisser tourner. Ce genre de moments n’est pas rare dans le métrage, et fait retomber le rythme du métrage. Surtout que son intrigue reste en soit classique, bien qu’abordant des thèmes qui auraient pu être intéressants avec le bon traitement.

Et c’est là que sans prévenir, après plus d’une heure partant dans une direction de thriller horrifique assez classique et dans l’ère du temps, que le film part en sucette, littéralement, jetant la logique à la poubelle pour livrer 10 dernières minutes marquantes, que l’on y adhère ou pas. Dur d’y adhérer d’ailleurs si l’on garde un esprit critique et logique, puisque si ce final surprend autant, c’est en partie car il n’a aucun sens. Et pourtant, bien que dénué de sens, voir assez stupide et incohérent par rapport au reste du métrage, ce final nous permet de voir de bons effets spéciaux de la part de KNB, et se permet de conclure l’ensemble par un brin de folie qui semble au final beaucoup plus intéresser le spectateur, qui soigne déjà plus sa mise en scène, son rythme, son montage même. Si bien que ces 10 petites minutes semblent ultra précipitées, comme pour conclure le film et puis c’est tout. Doppelganger est donc une œuvre étrange, bancale, surprenante parfois, parsemée de quelques moments marquants, outre le final on pourra citer la fameuse douche de sang de la part de Drew Barrymore, ou quelques moments sanglants qui nous ramènent au cinéma de Hitchcock, le talent en moins bien entendu. Dur de détester le film de mon point de vu donc, mais difficile de le conseiller à qui que ce soit également.

Les plus

Drew Barrymore
Quelques scènes surprenantes
Le final nawak

Les moins

Des gros soucis de rythme
Une mise en scène inégale
Le final pas très cohérent

 

En bref : Doppelganger est une œuvre bancale et balançant un peu tout ce qu’il veut à l’écran sans se soucier du reste. Parfois surprenant, parfois ennuyeux, le film a le mérite de surprendre et de livrer quelques bonnes scènes, déjà ça.

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