LE MONDE NE SUFFIT PAS de Michael Apted


LE MONDE NE SUFFIT PAS

Titre original : The World is Not Enough
1999 – Angleterre / Etats Unis
Genre : Action
Réalisation : Michael Apted
Musique : David Arnold
Scénario : Neal Purvis, Robert Wade et Bruce Feirstein
Avec Pierce Brosnan, Sophie Marceau, Robert Carlyle, Denise Richards, Robbie Coltrane, Judi Dench, Desmond Llewelyn et John Cleese

Synopsis : James Bond est chargé de protéger Elektra King, la fille d’un magnat du pétrole qui vient d’être assassiné. Celle-ci a été kidnappée auparavant par le terroriste connu sous le nom de Renard …

Si Goldeneye avait relancé clairement la saga en 1995, Demain ne Meurt Jamais, aussi divertissant soit-il, était un peu la régression. Ou disons plutôt un épisode cherchant un peu trop à coller sur la mode actuelle. Du coup, le métrage s’était transformé en film d’action lambda. Parfaitement exécuté, court et divertissant certes, mais au sérieux minimaliste et n’ayant pas grand-chose de mémorable au final. Et de manière plutôt surprenante, l’opus suivant, Le Monde ne Suffit Pas, tente de ne pas refaire les mêmes erreurs en amenant de nouvelles choses, mais finit bien malgré lui par arriver au même résultat. Paradoxal je sais. Le Monde ne Suffit Pas, c’est également le premier et en fait le seul épisode de James Bond que j’avais vu au cinéma à l’époque. Alors après le satellite destructeur de Goldeneye et le mégalo voulant créer une guerre entre la Chine et l’Angleterre, que nous propose ce nouvel opus ? Et bien sur le papier, pas mal de choses intéressantes, à commencer par un Bond un poil plus vulnérable, une Bond Girl gentille mais en fait pas du tout intéressante dans son traitement, un terroriste qui après une exécution ratée ne peut plus ressentir la douleur (ou même le plaisir), une relation toujours un poil plus développée entre Bond et M, et des scènes d’action toujours plus impressionnantes, avec son lot d’explosions, courses poursuites et fusillades. Le film gagnant donc sur le papier. Et quand on regarde un peu l’équipe, on peut se dire que le film a tout comprit, puisqu’outre Pierce Brosnan qui est totalement à l’aise dans le rôle, on lui met Sophie Marceau à ses côtés (elle est convaincante), Robert Carlyle en grand méchant, et on file la mise en scène à Michael Apted.

Et si je ne suis plus sa carrière depuis longtemps, Michael Apted, pour ceux du fond qui ne connaissent pas, c’était le réalisateur de Gorilles dans la Brume en 1988, et dans les années 90 de l’excellente thriller Blink ou encore de l’excellent drame Nell. Avec un réalisateur normalement plus habitué au développement de personnages et à la tension, on se dit que le métrage a tout comprit. Et pourtant, Le Monde ne Suffit Pas finit dans les mêmes travers que le film précédent, à savoir un surplus d’action qui vient alors parasiter et réduire l’intrigue à sa plus simple utilité : aller d’une scène d’action à une autre. On nous offre de bons personnages, mais le scénario fait dans la simplicité, avec un grand méchant qu’il faut arrêter, et puis c’est tout. Alors maintenant soyons honnête, malgré tout ça, pendant une heure, le métrage fonctionne très bien. Robert Carlyle est peu présent à l’écran, Sophie Marceau a droit à un personnage plutôt étoffé, le scénario nous plante quelques éléments forts intéressants. Dès l’impressionnante et longue scène d’ouverture, Bond est blessé et part en mission malgré tout avec une épaule plutôt mal en point. On voit donc ici de nombreuses possibilités, malheureusement peu exploitées. Sophie Marceau dans le rôle d’Elektra, fille qui avait été kidnappée des années auparavant, c’est un très bon personnage, qui a un fond, une histoire, en plus d’avoir une présence à l’écran. Et puis, même si cela est prévisible, elle s’avère être méchante. La bonne idée, c’est qu’en réalité, le film en fait la GRANDE méchante, la principale de l’aventure. Bien film, très bien même. Sauf que forcément, Sophie Marceau ne pourra pas se battre contre James Bond, donc dans la seconde heure, on mettra Robert Carlyle en avant.

Robert Carlyle, jouant ce méchant qui ne peut plus rien ressentir, c’est une sacrée idée aussi, sauf que à l’exception de deux minuscules scènes, il est tellement peu présent qu’il ne sert pas à grand-chose, si ce n’est faire avancer l’intrigue et amener le final. Le scénario ne semble jamais exploiter ses bonnes idées, préférant même passé un certain stade accumuler les scènes d’action, certes impressionnantes et bien foutues, mais qui arrivent tellement les unes après les autres (le ski, le silo, le pipeline, l’usine à caviar, le phare, le sous-marin) que parfois ça en perd limite du sens. Et puis surtout, si Sophie Marceau est en fait la Bond Girl méchante et qu’elle est convaincante, pourquoi met-on Denise Richards dans le rôle de la Bond Girl gentille. Voir Denise Richards et son physique… avantageux dirons nous, en short moulant et gros débardeur avec décolleté plongeant nous disant sans conviction qu’elle est physicienne nucléaire, on appelle ça une erreur de casting. Quand en plus elle ne sert strictement à rien dans l’intrigue (sa seule action utile est stoppée par James qui préfère laisser la bombe exploser) et qu’il faudra uniquement la sauver, à plusieurs reprises, on se dit que le film ne fait que régresser dans les années 60 et 70. Du coup, Le Monde ne Suffit pas n’est pas une mission désagréable, loin de là, mais c’est une mission bancale qui n’exploite jamais le potentiel de son scénario, et ça c’est bien dommage. Brosnan, bien que jouant un bon Bond, n’a vraiment pas de chance, avec des films souvent moyens et qui ne savent pas exploiter leurs possibilités. Mais le pire est bel et bien à venir…

Les plus

Beaucoup d’idées intéressantes
De bonnes scènes d’action
Très bonne ouverture
Une partie du casting convaincante

Les moins

Mais des idées jamais exploitées
La seconde heure qui accumule un peu trop l’action
Denise Richards, mauvais choix

 

En bref : Pierce Brosnan n’a pas de chance, pour sa troisième aventure, il se retrouve une nouvelle fois dans un film d’action assez bancal et classique, blindé de bonnes idées mais peu voir pas exploitées. Le spectacle reste divertissant.

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