ROTTWEILER de Brian Yuzna


ROTTWEILER

Titre original : Rottweiler
2004 – Espagne / Angleterre
Genre : Horreur
Réalisation : Brian Yuzna
Musique : Mark Thomas
Scénario : Alberto Vazquez Figueroa d’après son roman
Avec William Miller, Irene Montalà, Paulina Galvez, Cornell John, Lluis Homar, Paul Naschy et Ilario Bisi-Pedro

Synopsis : La nature en a fait un animal. La science, un monstre… Laissé pour mort, un rottweiler particulièrement féroce se redresse sur ses pattes, transformé dans les laboratoires de l’armée en véritable cyborg. L’ossature blindée par des injections massives de calcium, la mâchoire naturelle remplacée par une prothèse d’acier et déjà doué de l’instinct du chasseur, il se jette sur les traces de Dante, un évadé qui ignore encore qu’il a le diable à ses trousses…

Brian Yuzna a toujours eu mon capital sympathie. Pas le meilleur réalisateur du monde, loin de là, puisqu’en dehors de ces scènes chocs et osées, ses films ont plutôt une mise en scène de téléfilm, mais un mec honnête, qui sait ce qu’il fait, ce qu’il aime, et ne ment pas sur la marchandise. Mais après une fin des années 90 difficile en Amérique (Progeny et Le Dentiste 2), il part en Espagne pour bosser avec Julio Fernandez, et ainsi naîtra la Fantastic Factory. Un studio sur lequel je plaçais de grands espoirs, puisque autant en réalisateur que producteur, Yuzna y faisait du bon (malgré quelques ratés : Arachnid de Jack Sholder). On avait Dagon de Stuart Gordon, Darkness de Jaume Baleguero, et du côté des réalisations de Yuzna, le fun bien que ultra bancal Faust et Beyond Re-Animator que j’adore. Mais après ce film justement, je ne sait pas ce qui est arrivé à Yuzna, mais la qualité est descendu drastiquement dés 2004, où il signe Rottweiler. Pourtant sur le papier, le pitch faisait envie, entre les mains de Yuzna. Un chien tueur et un poil modifié génétiquement, qui traque un prisonnier en fuite. On s’attend donc à un carnage bien sanglant, des idées débiles avec le dit chien. Puis le principe de course poursuite, voilà l’idée parfaite pour rythmer le film, car comme je le disais, la mise en scène de Yuzna pour les moments calmes n’est pas son point fort. Sauf que Rottweiler est sans doute le plus gros ratage de la carrière de Yuzna. Oui, même pire que La Malédiction des Profondeurs qu’il fera en 2005, et pire que Amphibious 3D qu’il fera en 2010 en Indonésie. Adapté par Alberto Vazquez Figueroa d’après son propre roman, on ne comprend pas vraiment ce que Rottweiler veut être. Le roman était-il déjà aussi bancal, brouillon, chaotique, peu intéressant ? Rottweiler en film en tout cas, c’est trop sérieux pour intéresser et faire rire, mais trop con pour être jugé correct, voir même moyen.

Rottweiler donc, c’est un film d’horreur, mais aussi un film d’action, et aussi un film de science fiction un peu, et on pourrait dire une critique sociale également. Totalement ratée, mais c’est bien là. Dans un futur proche (enfin… ça se passe en 2018, donc maintenant), Dante, un Américain, parvient à s’évader de prison. Il était enfermé là après avoir tenté de rentrer illégalement en Espagne avec sa petite amie. Pourchassé par un Rottweiler à moitié robot, il va tenter de survivre et de rejoindre la ville pour y retrouver sa petite amie, détenue par un très méchant homme. On alterne donc cavale et flashback pour bien tout comprendre et STOOOOOP. En seulement quelques plans, voir allez, quelques scènes, ça cloche. Entre ce générique tout pourrit qui veut être trop futuriste avec une vue subjective de chien robot, cet acteur principal (William Miller) qui ne sait pas jouer, et puis LE FUUUTUUUUUUUR pas si futuriste que ça à l’exception du chien. Pourtant, j’ai eu un minuscule espoir lorsque notre héros s’évade avec un autre prisonnier qui se fait sauvagement bouffé par notre Rottweiler du titre. Puis après, non, ça ennuie et ça ne veut plus rien dire, ça part dans tous les sens. Dante, le héros donc, court, se cache, croise le Rottweiler, croise des gens, parle, tue un gardien et manque de tuer super chien qui revient miraculeusement à la vie, et on nous offre de magnifiques flashbacks de Dante et sa copine. Jusque là, c’est nul, mais ça ne fait qu’une demi-heure, et on comprend où le film veut aller. Et là tout à coup, tout se dérègle.

Dante se met à avoir des visions d’un chien tout en métal sur des collines (et lui criera souvent « go to hell », wow), puis finit entièrement à poil pour fuir ce qui fait de Rottweiler le film ayant la scène de nudité masculine la plus longue de l’histoire du cinéma (est-ce vraiment un exploit ?). Et quand Dante arrive chez une brave dame et sa petite fille, on se dit que bon, ça va saigner. SAUF QUE, sans raison aucune, la brave dame décide de violer Dante. Double wow ! Puis ça saigne gentiment par la suite. Et Dante se remet à fuir, tandis que le spectateur baille en ne comprenant pas ce qu’il a devant les yeux. Et là, je me vois dans l’obligation de spoiler, mais vu la qualité du film, je pense que tout le monde s’en moque. Car le film franchit un gros cap dans ses 20 dernières minutes. Dante arrive enfin à son objectif, on se dit que au moins, malgré ses égarements, le film a tenu sa ligne directrice. Flashback, la copine de Dante est morte en fait depuis le début du film, sous ses yeux en fait. Mec, je sais pas, mais un détail aussi important, le seul détail qui te caractérise depuis le début du film (outre le fait que tu es mauvais acteur), moi je ne l’oublierais pas. Tout ça pour amener quelques CGI dégueulasses sur la fin lors d’un combat contre super méchant pas du tout impressionnant, et une grosse copie de Terminator avec un chien métallique sortant des flammes pour affronter Dante. Alors oui c’est sûr, ces twists finals sont tellement stupides qu’on ne les a pas vu venir, mais ça ne sauve rien. Ça enfonce le film, qui était déjà mauvais, mais là, il sombre bien bas. Le pire de la filmographie de Yuzna même. Un film qui veut tout être et qui finalement, à l’arrivée, n’est rien du tout à part un simple calvaire.

Les plus

Quelques rares moments sanglants

Les moins

Les twists risibles
Les moments WTF qui débarquent comme ça
Chiant au final
Un film qui part dans tous les sens

 

En bref : D’habitude, j’aime Yuzna. Rottweiler par contre, il faut avouer, je déteste. Rien n’est bon dans ce film, de la mise en scène au scénario bordélique et con, jusqu’à l’acteur principal nul et le chien qui fait coucou de temps en temps.

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