STAR TREK V : L’ULTIME FRONTIÈRE de William Shatner


STAR TREK V : L’ULTIME FRONTIÈRE

Titre original : Star Trek V The Final Frontier
1989 – Etats Unis
Genre : Science Fiction
Réalisation : William Shatner
Musique : Jerry Goldsmith
Scénario : David Loughery
Avec William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, Walter Koenig, Nichelle Nicols, George Takei et Laurence Luckinbill

Synopsis : En 2287, Sybok, le demi-frère de Spock, s’empare de l’Enterprise A. Agissant en véritable messie, celui-ci oblige l’équipage à traverser la grande barrière spatiale afin de gagner le centre de l’Univers. Sa quête ? Découvrir Dieu…

Même s’il fut bien reçu par les critiques à sa sortie, et est même très aimé par les fans de la saga, Star Trek 4 fut pour moi un carnage. Probablement le pire métrage de la saga jusque là. Heureusement, pour Star Trek 5, Leonard Nimoy cède sa place de réalisateur, et grâce à une clause de contrat signée depuis la série télévisée, c’est au tour de William Shatner de passer réalisateur. Il conçoit d’ailleurs l’histoire de base avant de laisser un scénariste bosser dessus. Quelques soucis de production interviennent, notamment Harve Bennett, producteur de la saga depuis le second, qui veut partir, mais reste finalement à bord. La grève des scénaristes frappe aussi les studios, mais la Paramount, après des demandes de réécriture pour réduire le budget, notamment lors du final, lance la production malgré tout. Le résultat lors de la sortie du film fut assez pauvre, le film obtenant de mauvaises critiques en général, et Star Trek 5 étant souvent considéré par les fans comme le mouton noir de la saga. D’ailleurs, Star Trek 5 reçu le Razzie Award du pire film, en plus d’obtenir pour Shatner celui du pire acteur et pire réalisateur. Mais pourquoi tant de haine ? L’histoire de ce nouvel opus ? Sybok, un Vulcain, prend en otage l’équipage de l’Enterprise pour l’emmener aux limites de l’univers et trouver Dieu. Bon, certes, l’histoire ne peut pas plaire à tout le monde, mais entre la quête pour Dieu et retourner dans le passé pour sauver des baleines, je préfère pourtant la proposition de William Shatner. Surtout qu’au final, bien qu’il soit bancal, je ne l’ai pas trouvé si mauvais ce cinquième opus. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi il s’est fait descendre par la critique plus que d’autres opus. Les éléments pas fameux sont quasiment les mêmes qu’auparavant, ça ne s’améliore pas, tandis que les bons éléments montrent une réelle évolution. Ça se voit dés la scène d’ouverture sur une planète de sable, avec une mise en scène posée, des beaux plans, une tentative pour poser une ambiance mystérieuse, et le retour de Jerry Goldsmith à la musique qui ajoute un certain cachet.

On découvre immédiatement le personnage de Sybok, mystique à souhait, ce qui n’est pas pour me déplaire, surtout que Laurence Luckinhill livre une très bonne prestation. Il faut bien ça d’ailleurs car le scénario, bien qu’ayant des tas d’idées, va parfois s’attarder sur ce qu’il ne faut pas. Sybok donc, et bien au final, on ne saura pas grand-chose de lui, de l’origine de son « pouvoir » (faire disparaître la peur des gens, leur laver le cerveau). Un poil de background, mais jamais bien poussé. Et pourtant, c’est dés que Sybok sera à l’écran que le film montrera beaucoup de potentiel. Il livre même ses meilleures scènes lorsqu’il prendra en otage l’Enterprise et tentera de laver le cerveau de son équipage, en particulier Spock et McCoy. Et c’est là que Star Trek 5 fait des chois parfois étranges, en se focalisant un peu trop longtemps sur quelques éléments peu intéressants, et en mettant de côté ses plus gros atouts. Le début en est le parfait exemple. Après la très bonne scène d’ouverture, le film nous montre l’équipage de l’Enterprise hors du vaisseau, prenant des vacances. Spock, Kirk et McCoy sont ensembles à la montagne, et le film nous offre alors quelques développements de personnages intéressants (voir les plus intéressants de la saga), alors que les films étaient jusque là plutôt radins à ce niveau. Au coin du feu, les personnages se confient, leur amitié prend alors un autre sens, avant que la scène parte dans l’humour, puis dans une petite chanson chantée au coin du feu. Le problème, c’est que le film s’attarde énormément sur ce genre de moments au lieu de passer à la suite, donnant au métrage un rythme assez bancal.

On passe de scènes plutôt graves, presque émouvantes même par moment, avant de repasser à du développement pas inintéressant mais soit trop long, soit un poil maladroit. De même lorsque William Shatner doit filmer l’action, on ne le sens pas totalement à l’aise, alors que le budget toujours montant de la saga atteignait quasiment 28 millions ici. Il paraitrait que le montage original de Shatner, sans les génériques d’ouverture et de fin, durait plus de 2h, et qu’il passa la post production à se battre avec le monteur sur ce qu’il fallait garder et couper. Est-ce que cela expliquerait certains moments assez bancals ? Car il y en a. Certains qui auraient pu être plus forts en les raccourcissant, d’autres certes qui ne marchent pas le début, comme lorsque l’équipe envoie Uhura danser dans le désert pour détourner l’attention de l’ennemi. Et les faux raccords sont très fréquents, et très voyants. Il suffit de revoir avec un œil un tant soit peu attentif la scène où les personnages s’échappent dans le cage de l’ascenseur pour bien remarquer qu’aucun plan ne va avec le précédent ou le suivant. Dans le même ordre d’idée, le final, bien que très intéressant, paraît un peu précipité et illogique par moment. Ce cinquième opus souffle le chaud et le froid, et chacun préférera y retenir, au choix, ce qui fonctionne ou ce qui se plante. Personnellement, j’aurais passé un bon moment devant le film de manière générale, le trouvant largement supérieur au quatrième film, et cela m’aura suffit.

Les plus

Plus de développement de personnages
De très bonnes scènes
Un propos maladroit mais bel et bien présent

Les moins

Un montage alternant le bon et le mauvais
Quelques scènes bien kitch

 

En bref : L’opus le plus mal aimé de la saga n’est finalement pas si mauvais que ça. Il alterne excellentes scènes et d’autres bien moins bonnes, se fait bancal et parfois hésitant, mais ose des choses.

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