KING KONG de John Guillermin


KING KONG

Titre original : King Kong
1976 – Etats Unis
Genre : Aventures
Réalisation : John Guillermin
Musique : John Barry
Scénario : Lorenzo Semple Jr.
Avec Jeff Bridges, Charles Grodin, Jessica Lange, John Randolph, Rene Auberjonois, Julius Harris et Jack O’Halloran

Synopsis : La compagnie pétrolière « Petrox » monte une expédition à la recherche de nouvelles nappes. L’île sur laquelle ils viennent de débarquer abrite un gorille gigantesque. Ils décident de le capturer pour l’exhiber. Arrivé aux Etats-Unis, le gorille s’échappe…

Même si aujourd’hui pour les plus jeunes, King Kong c’est avant tout l’œuvre de Peter Jackson en 2005, pour les cinéphiles, c’est avant tout l’œuvre culte de 1933. Et entre les deux, il y a souvent l’opus mal aimé, le King Kong de John Guillermin en 1976. À tort ou à raison, mais ce King Kong demeure une œuvre culte de ma jeunesse, et qui, malgré des défauts bien voyants, reste quoi qu’il arrive un métrage qui a une place dans mon cœur de cinéphile. On ne parlera par contre pas de King Kong II, réalisé dans les années 80 par ce même John Guillermin, sauf si on en parle au sein du gag sur King Kong 2 dans le très fun The Big Hit de Kirk Wong. King Kong version 1976, c’est avant tout une production plus que chaotique, un film devant être au départ un remake très fidèle signé Universal. Qui fut annulé puisque de son côté, Dino De Laurentiis planifiait déjà son remake actualisé et se déroulant de nos jours (en 1976 donc). Plus intéressant en fouillant un peu, on apprend que la Hammer voulu elle aussi se frotter à l’exercice de remaker King Kong, mais après quelques tests, le projet fut annulé. King Kong est un projet monstre, qui a fait peur à de très nombreux producteurs et cinéastes. Mais Dino De Laurentiis n’a peur de rien (la preuve, il produira également Dune en 1984, un autre métrage peu aimé). King Kong, c’est en plus d’être une production difficile un gros bordel, avec un tournage de sept mois dés Janvier 1976, une scène finale tournée à New York et avec 30 000 figurants (et pas de CGI pour les dédoubler). Et c’est surtout un Kong géant créé par Carlo Rambaldi qui coûta plus d’un million et qui ne fonctionna pas vraiment, amenant la production à appeler Rick Baker au secours. Au final, le métrage coûta environ 24 millions, et s’il fut rentable avec plus de 50 millions récoltés sur le sol Américian, il n’est pas le succès espéré. Et aujourd’hui encore, King Kong version 1976 est soit oublié du public, soit moqué par ce même public. Pourquoi tant de haine ?

Le métrage nous propose 2h14 de pure aventures, Jeff Bridges dans le rôle principal, le premier rôle de la mignonne Jessica Lange, un Kong mécanique taille réelle impressionnant… Et puis, ce King Kong n’est pas une version copiée collée de l’original, loin de là (comme c’était souvent le cas pour les remakes durant les années 70 et 80), et s’il est bien plus long, il se sert de cette durée pour nous donner un peu de tension, et un vrai sens de l’aventure. Pas comme la version de 2005, qui allonge encore la durée jusqu’aux 3h uniquement pour livrer un spectacle visuel qui m’aura lassé. King Kong 1976 suit donc les aventures d’un bateau qui se rend sur une île étrange entourée de brume afin d’y récupérer du pétrole. Outre l’équipe habituel, on y trouve Jack Prescott (Jeff Bridges), journaliste, qui s’infiltre à bord. Et en cours de route, Fred Wilson, le chef de l’expédition, récupère Dwan (Jessica Lange), seule rescapée d’un accident, actrice en herbe. Sur la fameuse île, ils découvrent des indigènes, qui vouent un culte à Kong, et vont vouloir lui donner en offrande nulle autre que Dwan. Voilà pour les prémices, et basiquement, pour la première heure du film, dans laquelle Kong n’est même pas présent à l’écran. King Kong 1976 sait prendre son temps, sans pour autant ennuyer, et ça, j’apprécie. Maintenant, on ne va pas se mentir non plus, nostalgie ou non, des défauts, il y en a un bon paquet. Même avant même l’apparition de l’imposant gorille. Dwan par exemple, jouée par Jessica Lange, apparaît parfois comme une cruche (disons les choses telles qu’elles sont), et elle est souvent mise en avant par le film comme un objet de fantasme. Alors quand on lui donne la parole et qu’elle admet qu’elle a passée un casting pour jouer dans Gorge Profonde, forcément, le spectateur il tousse face à un film qui assume totalement son choix. Heureusement à ses côtés, il y a le reste du casting. Mais la liste de défauts continue une fois l’apparition de Kong.

Autant la bête sait être impressionnante, ses expressions lors des gros plans montrent tout le talent de Rick Baker, autant tous les plans ne sont pas convaincant. Certains plans larges trahissent les fonds verts pas si bien incrustés que ça, et la « romance » entre la belle et la bête ne cherche encore une fois même pas à cacher son côté un peu coquin. Sauf que bon, on parle tout de même d’un gorille géant, qui a l’air de baver devant Jessica Lange en lui soufflant dessus pour la sécher après un bain. L’affrontement entre Kong et un serpent géant ne sera pas bien convaincant non plus, faisant plus penser à un Kaiju Eiga qu’à l’épique film d’aventure typiquement Américain que le film veut être. Mais malgré ses défauts, et bien, il se dégage quelque chose du film. Peut être le métrage est moins naïf dans son propos comparé à l’original mais un peu plus dans sa mise en image et que cet aspect me touche plus, mais King Kong reste pour moi un excellent film d’aventures. La première heure fonctionne très bien, certains plans mettant Kong en avant sont impressionnants, le final se lâche en action, certaines scènes sont très jolies, et j’adore le plan final, même si je sais qu’il en fait rire certains. Cette version prend certes plus son temps durant la première heure tout en rendant l’île moins dangereuse que dans l’original (pas de dinosaures), mais dans un sens plus réaliste, mais rend la seconde heure parfois plus violente et triste, et si la relation entre Kong et Dwan n’est pas toujours convaincante, elle essaye d’ajouter de nouvelles choses, et j’apprécie ça. Un film injustement mal aimé à mes yeux, bien que je puisse comprendre que certains défauts soient trop gênants pour certains.

Les plus

Un remake qui tente de nouvelles choses
Un bon film d’aventure
Kong parfois impressionnant
Bon casting principal
Quelques belles images

Les moins

Quelques incrustations foireuses
Le personnage de Dwan peu subtil
L’île moins dangereuse que dans l’original

 

En bref : Opus mal aimé de la saga Kong, cette version 1976 est pourtant tout à fait sympathique. Elle a pas mal de petits défauts, mais le métrage est une aventure rythmée et pleine de bonnes intentions, et avec quelques images impressionnantes (et d’autres beaucoup moins).

8 commentaires

  1. Une madeleine de Proust aussi pour moi, un film que j’ai vu un paquet de fois durant mon enfance… Malheureusement, je trouve qu’il a mal vieilli. Ce King Kong là ressemble plus à un film catastrophe (un genre très à la mode dans les 70’s) qu’à une authentique bande fantastique (ce n’est pas pour rien que le bestiaire florissant de 1933 se résume ici à un serpent géant…). En réalité, ce qui manque au Guillermin, c’est le sens du merveilleux du Schoedsack/Cooper, sa magie, sa poésie. Bon, je critique, je critique, mais en même temps j’aime bien le côté Bis fauché de King Kong 2 (du Congo avant l’heure avec Sarah Connor). Et pour aggraver mon cas, j’ajouterais que j’affectionne tout particulièrement ce qui reste pour moi le meilleur Guillermin : Sheena (rien n’est plus beau qu’une Tanya Roberts en peau de bête).

    1. Je crois que ce film a au final fait la jeunesse de pas mal de monde, ce qui fait qu’on lui pardonne certains défauts 😉 Pour le côté film catastrophe, ce n’est pas faux, et Guillermin sortait de La Tour Infernale et de son gros succès au box office, ce qui n’a pas du rendre insensible De Laurentiis dans l’orientation du projet. C’est vrai que c’est dommage, surtout que la scène du serpent est un peu ratée… Il faudrait que je retente ce Kong 2, pour la blague au moins. Jamais vu Sheena, au final je connais assez peu la filmographie de Guillermin passé ses King Kong et La Tour Infernale. Je vois que le film a du avoir ses fans, ils en avaient fait une série TV au début des années 2000 en plus !!

  2. Un film plus intéressant pour sa fabrication que pour sa vision. J’ai du mal à le revoir aujourd’hui et pourtant c’est aussi le premier Kong de ma longue vie parmi les grands singes bipèdes. Et, c’est vrai, comme toi, j’avais adoré les hélicos à la fin et même le combat avec le gros python (à l’époque même pas émoustillé par Miss Lange et complètement hermétique à la référence à « Gorge Profonde », c’est dire). Mais vu aujourd’hui, je préfère et de loin largement le Guillermin de « la Tour infernale » ou du « Crépuscule des Aigles ».

    1. Je vais me sentir seul à force, car je l’aime toujours beaucoup ce King Kong, même si oui, il y a des défauts, quelques incrustations font mal aux yeux il faut avouer. La Tour Infernale, bien que ne l’ayant pas revu depuis de longues années, c’est clairement d’un autre niveau oui !

  3. Comme d’autres avant moi, et étant de la génération 80, ce King Kong là est le premier que j’ai vu bien avant la version de 1933. La séquence finale dans la ville, lorsque Kong s’échappe, m’avait profondément impressionné étant enfant, et la mort du monstre m’avait littéralement fait chialer! Au delà de ses nombreux défauts que j’ai pu aisément déceler une fois adulte, ça reste pour moi un très bon divertissement et un bon film de Kong! Par contre toute la nostalgie du monde ne me fera pas être aussi clément pour sa suite, véritable nanar du genre! :p

    1. Tout ceux de la génération 80 ont du voir cet opus avant l’original. Mais je partage ton avis et je le dis clairement, si ce n’est pas parfait, ça reste pour moi un bon gros divertissement des années 70, avec ses hauts et ses bas, mais qui est bien représentatif de son époque. Rah par contre à force vous allez tous me donner envie de voir la suite vite ! 😀

      1. La suite vaut le coup d’œil, en tout cas pour tout bon amateur de nanar qui se respecte! :p
        On t’improvise une pirouette scénaristique pour justifier du retour de Kong (après avoir repris tranquillou les dernières minutes du film précédent, remplissage oblige!), on trouve une femelle pour la bête, et c’est parti pour le grand nawak! ^^ Ce qui a de vraiment affligeant dans cet opus, ce sont les jeux d’acteurs des gorilles géants tellement grossières et caricaturales, mais surtout trop humaine, qu’on pourrait y ajouter des voix de doublage par dessus!

      2. Bon allez c’est parti, je vais profiter de ma semaine de repos au calme pour me faire ce King Kong 2 ! Ou une soirée nanar si je suis motivé, mais ça j’en doute ^^

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