HELLBOY de Neil Marshall


HELLBOY

Titre original : Hellboy
2019 – Etats Unis / Angleterre / Bulgarie
Genre : Action sanglante
Réalisation : Neil Marshall
Musique : Benjamin Wallfisch
Scénario : Andrew Cosby d’après le comic de Mike Mignola
Avec David Harbour, Milla Jovovich, Ian McShane, Sasha Lane, Daniel Dae Kim et Troy James

Synopsis : Hellboy est de retour et il va devoir affronter en plein cœur de Londres un puissant démon revenu d’entre les morts pour assouvir sa vengeance.

Hellboy en 2004, puis sa suite en 2008, ce sont des œuvres adulées par le public, et par les fans de Guillermo del Toro. Mike Mignola, créateur du comic book, n’est pas bien fan lui de ses adaptations. Et quitte à me faire jeter des cailloux par une horde de fans, évacuons tout immédiatement. Je ne suis pas un fan de Del Toro, et par extension, de Hellboy. Je n’ai d’ailleurs jamais vu le second film, et jamais vu le premier en entier, c’est vous dire l’amour que je porte à ces métrages. Du coup, une préquelle/reboot/ je sais pas trop, avec un nouvel acteur et un nouveau réalisateur, pourquoi pas. Non pas que du coup l’univers m’intéressait plus, mais j’avoue avoir une certaine sympathie pour Neil Marshall, et ce depuis son premier métrage, pour rappel, la série B un peu conne mais divertissante Dog Soldiers. Puis après, il y eu The Descent, Doomsday. Soit un excellent survival claustrophobe et un hommage burné aux séries B des années 80. Centurion par contre, j’ai fais l’impasse. Et à sa sortie, et même avant sa sortie, ce Hellboy fut condamné. Condamné à être détesté de tous, à faire un bide. Oh surprise, il fut souvent détesté et fit un bide au box office, ne rentabilisant pas sur le sol Américain son budget de 50 millions. Voilà qui me motive encore plus à me pencher dessus. Après tout, pourquoi certaines œuvres sont vouées à l’échec avant même leur sortie tandis que d’autres ont droit à un culte et un phénomène médiatique avant même leurs sorties (hein Avengers). Oui, on savait avant la sortie d’Hellboy qu’il ne marcherait pas (un peu comme Dark Phoenix, mais ça on en reparlera une autre fois), et on savait avant la sortie du dernier Avengers qu’il cartonnerait. Les voies du marketing, du business et du cinéma sont impénétrables. Et donc, ce Hellboy cuvée 2019 ? Alors, soyons honnête, ce n’est pas un très bon film. Certains CGI sont discutables, l’humour est souvent vulgaire et facile, le scénario n’est pas le plus palpitant du monde et part dans tous les sens, il y a des fautes de goûts bien que semblant souvent assumées. Mais j’aurais passé un super moment pendant 2h devant le spectacle proposé.

Plusieurs raisons à cela. La première, c’est forcément si l’on compare Hellboy au reste de la production grand public. Car bien que doté d’un budget ridicule de 50 millions vu ses ambitions, Hellboy est une adaptation de comic, et un « gros » film, normalement attendu. Et donc si on le compare aux autres gros films, aux autres productions adaptant des comics, il y a un fossé. Hellboy est vulgaire, Hellboy est violent, parfois immoral, et n’a pas peur d’aller dans un gore qui tâche énormément lors de certaines séquences, avec des décapitations, membres tranchés, des démons qui s’éclatent sur des humains innocents, transperçant les corps. Ah ça c’est rentre dedans. On pourrait presque le comparer à du Deadpool, mais comme je déteste Deadpool de toute mon âme pour son aspect putassier, ne racontant absolument rien, aux CGI dégueulasses et son rythme bancal (en bref, une origin story avec 2 pauvres scènes d’action), on évitera. Même son héros, Hellboy donc, maintenant campé par David Harbour, on a plus l’impression de voir un jeune adolescent maladroit qui a recours a pas mal de blagues pour cacher son insécurité face au monde qui l’entoure et son travail, consistant à traquer les siens. Bon, ce n’est pas tout bien entendu, puisqu’il y a un puissant démon joué par Milla Jovovich qui revient d’entre les morts pour se venger, une porte de l’enfer qui s’ouvre, Sasha Lane ayant des pouvoirs psychiques, un homme puma (oui comme dans le nanar du même nom), Excalibur, Arthur, Merlin et pleins d’autres choses ou créatures qui semblent balancées à l’écran sans trop que l’on sache quoi en faire. Oui, c’est bordélique. Ah, et il y a des trolls, pour une scène gore plutôt sympa. En fait oui, à défaut d’être exceptionnel, ce nouveau Hellboy est généreux dans ce qu’il propose. Généreux en gore, généreux en action et péripéties, généreux en fun parfois même, et généreux en conneries.

Il est possible au final que sans l’éternelle comparaison avec les opus de del Toro, Hellboy aurait été au moins mieux accueillit par les fans du genre. Bon, la presse grand public, ça n’aurait rien changé. Mais voilà, tout n’est pas à jeter dans ce Hellboy. Si c’est brouillon et que ça part dans tous les sens, ça se fait au moins rythmé et ça diverti. David Harbour campe un Hellboy plutôt convaincant, même si dans le fond, ses blagues ne fonctionnent qu’une fois sur deux. Les CGI ne sont pas tous au top, loin de là, mais certaines idées pour les mettre en scène via des plans séquences dynamiques (les trolls) nous rappellent que Neil Marshall est derrière, qu’il aime le sang, et qu’il aime s’amuser. Ça semble d’ailleurs être le but principal du film, de nous amuser. Un film de sale gosse en somme. Et donc pas un film pour tout le monde. D’ailleurs, le reste du casting est en général plutôt convaincant, à quelques exceptions près, et on pourra aussi souligner la bande son, alternant morceaux rock bien sentis et un score bien punchy composé par Benjamin Wallfisch, qui dans des genres bien différents, avait fait de l’excellent travail sur Blade Runner 2049, Ça Partie 1 (et bientôt 2) ou encore A Cure for Wellness. Bref, pas des manchots dans l’équipe, malgré le résultat fun mais oh combien bancal. Mais moi j’ai envie de l’aimer ce film, et j’ai envie de l’encourager, cette tentative de gros film saignant qui se moque de tout. Maintenant, ce qui m’intéresserait, ce serait de savoir à quel niveau le produit finit correspond à la vision de Neil Marshall, celui-ci n’ayant pas eu droit au final cut sur le film. Mais voilà, au lieu de bouder le film, mieux vaut le prendre pour ce qu’il est, même si au final, ce n’est pas très bon.

Les plus

Parfois très gore
Stupide mais rythmé
Quelques notes d’humour font mouche
L’équipe semble s’amuser

Les moins

Le scénario est un gros bordel
Parfois trop vulgaire
L’humour qui parfois tombe à l’eau

 

En bref : Sans vouloir le comparer avec les précédents, Hellboy est un divertissement de sale gosse. Gore, vulgaire, irrévérencieux et rock. Alors oui, ce n’est pas du grand cinéma, mais à l’heure où les grosses sorties sont souvent aseptisées, ben ça fait du bien.

4 commentaires

    1. Malheureusement, avec Disney qui rachète de plus en plus les studios et livre des produits family friendly, les « gros » films qui osent risquent de se faire de plus en plus rares.
      Reste les gros films d’auteur, j’attend avec impatience le Dune de Villeneuve.

  1. J’ai adoré ce Hellboy pour toutes ces raisons! De la grosse série B à la limite du nanar, qui tâche et qui ne cherche pas à faire dans la branlette! C’est con, mais c’est ça qu’est bon! ^^

    1. Ah ben ça fait plaisir de voir que je ne suis pas le seul à le défendre, même si oui, c’est souvent limite nanar et avec pas mal de défauts. Mais ça fait du bien !

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