LA NUIT DU JUGEMENT de Stephen Hopkins


LA NUIT DU JUGEMENT

Titre original : Judgment Night
1993 – Etats Unis
Genre : Policier
Réalisation : Stephen Hopkins
Musique : Alan Silvestri
Scénario : Lewis Cunningham
Avec Emilio Estevez, Cuba Gooding Jr., Denis Leary, Stephen Dorff, Jeremy Piven, Peter Greene, Erik Schrody et Michael Wiseman

Synopsis : Quatre copains, voulant se rendre à un match de boxe, se retrouvent coincés dans des embouteillages sur l’autoroute. Pour arriver plus vite, ils prennent la première sortie et tentent de trouver un autre chemin pour arriver à temps au match. Mais ils trouvent coincés et sont témoins d’un meurtre affreux et brutal. Le tueur ne veut laisser aucune trace et décide donc de les tuer également …

La Nuit du Jugement, techniquement, ce n’est pas le film qui renouvelle le genre ou invente quoi que ce soit. Mais La Nuit du Jugement, c’est un film que j’ai découvert très jeune lors de sa diffusion sur Canal +, et qui gardera toujours un gros capital sympathie pour moi. Quoi qu’il en soit, La Nuit du Jugement, c’est un des très nombreux films policier qui vient abreuver le catalogue d’un peu tous les studios dans les années 90. Et en y faisant un peu plus attention, on pourra même dire que le métrage est une relecture plutôt intéressante de Délivrance. Ou alors je cherche trop loin, mais les similitudes sont là. Un groupe de quatre amis, qui part en voiture et se retrouve dans un coin reculé, où les locaux ne les voient pas d’un très bon œil. Ça tourne mal, et les amis se retrouvent pris en chasse, commence alors un jeu de chat et de la souris, pour survivre. On aura même droit à un mort par chute, autre point commun entre les deux films. Mais La Nuit du Jugement ne se déroule pas à la campagne, mais plutôt dans la banlieue mal famée d’une grande ville. Et donc en soit, est-ce que c’est aussi bien que dans mes souvenirs, nostalgie mise de côté ? Bon, soyons clair, La Nuit du Jugement n’est pas le film du siècle. Il se fait très classique, prévisible dans sa construction et pas mal de ses retournements. Mais ça n’en fait aucunement un mauvais film. Le film bénéficie en effet de quelques atouts. Le scénario est simple et les personnages assez clichés au final, mais ils sont suffisamment caractérisés pour que ça fonctionne. Mais les gros points forts, ce sont le casting et une partie technique propre et même parfois classe. Le casting, il faut dire qu’il est bien sympa.

Dans la bande de pote, on trouve le malheureusement trop rare Emilio Estevez en père de famille, Stephen Dorff encore inconnu joue le petit frère, Cuba Godding Jr. et Jeremy Piven jouent les meilleurs potes de la bande. Un casting plutôt solide, malgré une ou deux têtes un poil exagérées de la part de Cuba Godding Jr., mais rien de dramatique vu la situation dans laquelle les personnages se retrouvent plongé. L’histoire donc, plutôt classique, est plutôt bien rythmée. Les quatre amis, en voulant prendre un raccourci puisque l’autoroute est bloquée, se retrouvent dans un coin paumé et sont témoins de meurtre radical (une balle dans la tête) d’un homme par un gang. Sauf qu’ils sont témoins, et la chasse peut commencer à travers cette partie de la ville. Au programme, des HLM, des gares abandonnées, des rues désertes et mal famées. Visuellement, ça fonctionne bien, ça a de la gueule, et le tout allié à une technique très sympa rend certaines scènes ultra prenantes. Le passage sur les toits par exemple, où nos compagnons doivent fuir d’un bâtiment à l’autre en passant sur une échelle hyper fragile suspendue entre les deux immeuble est un grand moment, que le réalisateur sait mettre en valeur avec des plans de grue certes facile mais bien fichus, et surtout avec des cascades réelles vu l’époque du film, pas de fond vert, de CGI. Et cela donne un côté bien prenant au métrage. Justement, on peut souligner la mise en scène, certes pas géniale, mais efficace de la part de Stephen Hopkins, qui avait signé quelques années plus tôt Predator 2, et qui retrouve d’ailleurs ici le compositeur Alan Silvestri, livrant une composition d’ailleurs très proche, assez tribale dans ses sonorités.

Mais Hopkins, tout comme Silvestri, savent parfois changer un peu la donne. Lors de quelques moments, comme dans les égouts, Hopkins nous livre alors quelques plans plus stylisés que ce qui précédaient, avec l’usage de la demi bonnette (un objectif spécial pour faire la mise au point au premier plan d’un côté et au second plan de l’autre de l’image). Un peu plus tard, il mettra l’environnement en valeur parfois même devant les personnages, donnant alors plus de profondeur à sa mise en scène, et plus de tension dans ses scènes. Et dans ces moments, Silvestri livre une partition alors beaucoup plus calme et silencieuse, ne cherchant plus alors à rythmer le film et les images, mais plus à poser une ambiance, et ça fonctionne parfaitement. Et c’est pour ça que La Nuit du Jugement m’a toujours interpelé, a toujours eu mon capital sympathie. Si dans le fond, il n’invente rien et se fait prévisible, il a été fait avec sérieux, proprement filmé, bien joué, et du coup, le suspense fonctionne et la traque s’avère rythmée et variée, le film changeant de lieux assez souvent pour les mésaventures suivantes. Ah, et oui, comment ne pas parler de Denis Leary, jouant Fallon, le psychopathe, absolument jouissif, utilisant l’ironie, mais parfois, devenant tout simplement vulgaire et énervé. Il se fait plaisir, sans pour autant trop surjouer (quoi que des fois), et ça passe hyper bien.

Les plus

Un polar rythmé et efficace
Bon casting principal
Des scènes à suspense qui fonctionnent

Les moins

Prévisible et rien de bien neuf
Quelques facilités d’écriture

 

En bref : La nuit du Jugement est un thriller efficace. On se doute un peu de l’issue ou du déroulement, mais l’ensemble sait gérer son suspense et ses quelques scènes d’action, en faisant une chaude recommandation.

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