MARA de Clive Tongue


MARA

Titre original : Mara
2018 – Angleterre
Genre : Fantastique
Réalisation : Clive Tongue
Musique : James Edward Barker
Scénario : Jonathan Frank
Avec Olga Kurylenko, Craig Conway, Javier Botet, Rosie Feliner, Lance E. Nichols, Mackenzie Imsand et Ted Johnson

Synopsis : Alors qu’une psychologue criminel creuse le mystère d’un ancien démon qui tue les gens dans leur sommeil, elle éprouve les mêmes symptômes pétrifiants que toutes les victimes précédentes et la course pour se sauver avant qu’elle n’ose se rendormir commence.

Mara, voilà bien un film qui ne m’inspirait pas bien confiance. Petit DTV anglais, premier long métrage de Clive Tongue après trois courts métrages horrifiques, le film nous promettait des jumpscares (meeeh) et la présence d’un monstre fantomatique s’en prenant à divers personnages durant leur sommeil. Seul le casting pouvait éveiller la curiosité du public, avec dans le rôle principal la charmante Olga Kurylenko à la carrière variée mais dont les métrages vus par moi-même ne furent pas glorieux (ouais, Quantum of Solace, Max Payne, Hitman, voilà quoi), et la présence de Javier Botet, que tout le monde connaît sans pouvoir dire son nom qui joue le monstre Mara. Car Javier Botet, on le voit dans quasiment tous les films de genre depuis 10 ans dés qu’il y a un monstre un peu difforme. Révélé par la petite porte par Brian Yuzna en 2005 en jouant un monstre difforme donc dans La Malédiction des Profondeurs, tout le monde aura retenu qu’il jouera une créature (difforme oui, vous suivez bien) dans les 4 Rec. Sa physionomie bien spéciale aura attiré, et on le retrouve dans des rôles similaires dans un paquet de films : Sexykiller et Balade Triste en Espagne, Crimson Peak de Del Toro, The Revenant de Innaritu, The Conjuring 2 de Wan, et pour les films bien récents, Alien Covenant, La Momie ou encore Slander Man et Ça Partie 1. Un acteur dont on retient surtout la présence et le physique des créatures qu’il incarne. Et donc, il tient le rôle titre de ce Mara, une créature (difforme donc c’est bien vous suivez) qui s’en prend aux gens dans leur sommeil, créature inspirée de la mythologie scandinave. En Norvège, c’est Mara, dans la culture grecque, c’est Mora, et le nom existe même dans la culture Boudiste. Une jolie jeune femme, des morts, une créature mythologique, des scènes de rêves, pourquoi pas.

Le monde des rêves après tout, il est au repos dans le cinéma horrifique depuis des années, et son côté surréaliste aussi. Car oui, Freddy, il est à la retraite depuis bientôt 10 ans et le remake pas terrible des Griffes de la Nuit. Il y a donc une place à prendre. Et on ne va pas mentir, Mara ne va pas prendre cette place, le métrage restant ce qu’il est à la base. Un DTV sans grande prétention, avec quelques jumpscares mais qui prennent tellement leur temps que le sursaut ne viendra même pas à cause du son qui nous casse les… vous me comprenez. Donc ici, schéma classique, Kate est une psychiatre qui donne un verdict sur un homicide. La possible coupable parle de Mara, un démon du sommeil qui aurait assassiné son mari, et Kate, lors d’une paralysie du sommeil, se met à voir la fameuse Mara. Elle va alors mener son enquête, à la fois pour sauver sa peau et pour rectifier son verdict erroné qui aura mis à l’hôpital une mère innocente. Pourquoi pas, sauf que le film va peiner à passionner, un peu le même verdict d’ailleurs que pour le récent Slumber, où Maggie Q jouait une docteur du sommeil qui protégeait une famille d’un démon qui se nourrissait des cauchemars des gens. Comme quoi le monde du sommeil, ce n’est pas si simple à mettre en scène. Ou plutôt que les réalisateurs et producteurs n’osent pas. Ils n’osent pas accepter clairement le concept de leurs propres films, préférant laisser le côté onirique et surréaliste du sujet principal pour se forcer à nous offrir une intrigue terre à terre qui pourra plaire au plus grand nombre, et donc, au grand public. Car les idées par rapport aux rêves et cauchemars, il n’y en aura quasiment pas, le film préférant ici prendre le côté d’une simple enquête. Enquête au départ réaliste jusqu’à la révélation sur Mara et ses premières apparitions, puis enquête pour comprendre d’où vient Mara, et comment la combattre.

Sur toute la ligne, Mara se fait classique et prévisible, accumule les clichés, et ne sait jamais vraiment passionner son public. Pas de grandes idées de scénario, pas de grande frayeurs, et pas d’idées de mise en scène originale pour relever le tout, non, juste un film assez plat qui suit son scénario le plus simplement du monde. Un scientifique un peu beau gosse et rationnel rejoint l’aventure, puis fatalement un homme un peu instable qui sera là pour révéler quelques éléments en grande pompe, et voilà, le scénario peut avancer avec quelques petites apparitions, et c’est dans la poche. Vraiment, Mara n’est pas un film franchement passionnant, malgré les premières apparitions de Mara en soit assez réussies (mais juste les premières, car à force de suivre le même procédé tout le long, et bien, ça ne surprend plus), et malgré, il faut le souligner, une Olga Kurylenko investie dans son rôle, mais ça ne suffit pas à faire passer la pilule. Oui tout n’est pas mauvais, mais Mara n’ose rien, Mara suit son petit bonhomme de chemin, et au terme de la vision, on n’en retient clairement pas grand-chose, et le film peut retomber dans l’oubli, aussi vite disparu qu’il ne sera arrivé. Alors oui, ça aurait pu être pire, ça peut toujours être pire quelque part. On ne demande pas à tous les films de renouveler le genre, surtout un genre aussi codifié, mais on lui demande de nous intéresser au moins pour que suivre les personnages soit intéressant. Ce qui n’est pas le cas ici, on a plus envie de bailler et de rejoindre la couette.

Les plus

Les premières apparitions fonctionnent
Olga Kurylenko, mignonne et investie

Les moins

Un métrage peu passionnant
Ne tente rien, n’innove en rien
Des apparitions au final répétitives

 

En bref : Mara n’invente rien, et se fait bien trop sage pour convaincre, il préfère rester dans son intrigue policière qu’accepter son postulat onirique. Tout n’est pas mauvais, mais l’ensemble endort plus qu’autre chose.

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