UNDERWATER de William Eubank (2020)

UNDERWATER

Titre original : Underwater
2020 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h35
Réalisation : William Eubank
Musique : Marco Beltrami et Brandon Roberts
Scénario : Brian Duffield et Adam Cozad
Avec Kristen Stewart, Jessica Henwick, Vincent Cassel, T.J. Miller, John Gallagher Jr. et Mamoudou Athie

Synopsis : Dans la fosse des Mariannes, endroit le plus profond de la croûte terrestre, la société Tian Industries emploie de nombreuses personnes dans des stations sous-marines. Après ce qui semble être un séisme, la station Kepler 822 est quasiment désintégrée. Norah Price, qui a donné l’alerte, est parvenue à se réfugier dans une zone protégée. Seules quelques personnes ont survécu : l’expérimenté capitaine W. Lucien, le déjanté Paul Abel, l’étudiante en biologie marine Emily Haversham, son petit-ami ingénieur forage Liam Smith ainsi que le responsable système Rodrigo Nagenda. Piégés à plus de 10 000 mètres de profondeur, ils vont devoir survivre et tout tenter pour remonter à la surface.

Underwater fait parti de ces nombreux métrages produits par la 20th Century Fox et qui traîne sur des étagères depuis des lustres, suite au rachat de la boite par Disney. Quand je dis que Disney fait mal au cinéma, je suis sérieux, la preuve on y revient toujours. Bref, comme Dark Phoenix ou The New Mutants, qui lui a apparemment enfin une date de sortie, Underwater a trainé, mais a finalement débarqué en ce début d’année 2020 dans les salles obscures, US et Française. Et malheureusement, comme beaucoup de films du genre se déroulant en milieu aquatique, c’est un flop financier. Avec son budget de 80 millions de dollars, il n’en aura récolté durant sa première semaine d’exploitation que 16 millions…dans le monde ! Tourné en 2017 donc, Underwater ne raconte dans les faits rien de bien neuf. Une équipe de chercheurs tout au fond de l’océan, un tremblement de terre, et c’est la merde, il faut survivre, surtout que Underwater traite d’un genre que j’aime beaucoup, à savoir le film de monstre aquatique. J’ai une affection particulière pour le genre, avec des films comme Leviathan, M.AL. ou encore The Rift. Ma phobie de l’eau et des profondeurs doit aider. Underwater donc sur le papier reprend une formule bien établie, qui est en réalité celle d’Alien, et qui fut reprise dans les années 80 par les films cités ci-dessus, transposant la dite formule en milieu aquatique pour diversifier un peu. Mais là où la plupart prennent le temps de nous développer personnages, contexte et intrigue, rien de tout ça ici. Ce qui sera à la fois la plus grande force du métrage et sa plus grande faiblesse. Après un générique tout ce qu’il y a de plus classique et quelques plans d’introduction furtifs sur les lieux, nous découvrons le personnage principal, Norah, joué par Kristen Stewart en mode Ripley dans Alien 3 niveau coup de cheveux. La mise en scène se fait appliquée, on se dit que l’on connait la formule, sauf que non, à peine 4 minutes après le début du métrage, la catastrophe arrive et le film entre cash dans le genre de la survie.

Ah ça, niveau efficacité, Underwater fait fort, retirant ainsi souvent une des faiblesses du genre, à savoir une longue exposition de personnages clichés. Le souci, c’est que du coup, on apprend à connaître les personnages sur le tas, ou parfois même après coup (traduction, après leur mort), ce qui empêche toute identification, surtout que malheureusement, niveau scénario, les personnages s’avèrent malgré tout bien clichés. Mais au moins, bien interprétés, puisque le casting est en soit plutôt solide. Kristen Stewart donc dans le premier rôle, dévoilée par Twilight avant de montrer ses talents dans des films plus sérieux (The Runaways, Café Society), mais le reste du casting n’a pas à rougir. On trouve en vrac Jessica Henwick (Game of Thrones), T.J. Miller (Deadpool, Cloverfield) ou encore Vincent Cassel (Mesrine, Black Swan, Irréversible) dans des rôles importants. Certes, les personnages ne sont pas à tomber par terre, mais avoir de bons acteurs aide toujours à faire passer la pilule. Mais bon, on ne regarde pas Underwater pour ces personnages, clairement, mais pour son environnement, ses monstres et son suspense. Et là, ma foi, ça fonctionne plutôt bien. Le suspense ne va pas vous faire stresser sur votre fauteuil, étant donné que le ton est donné cash pour ne pas faiblir, mais en terme d’efficacité, on n’a clairement pas le temps de s’ennuyer. Surtout que si ça commence immédiatement, le réalisateur sait aussi poser sa caméra lors de certaines situations, et ça il le gère plutôt très bien. Les excursions de nos personnages, dans leurs tenues, devant marcher dans les profondeurs pour tenter de survivre et rejoindre d’autres parties de la base fonctionnent à merveille, grâce à un bon boulot sur la photographie, et des plans assez claustrophiques qui arrivent à nous mettre à la place des personnages.

Du coup, du haut de ses 1h35 générique de fin inclus, on ne peut pas dire que Underwater fait les choses à moitié. Ça va vite pour ne pas nous perdre, ça sait parfois poser un bon suspense, et ça fait le job de manière propre jusqu’à un final qui monte en intensité. Oui, certaines situations sont prévisibles, car inhérentes au genre, mais elles fonctionnent sur le coup, avec la découverte d’abord d’une petite créature, puis d’une plus grosse, et ainsi de suite. Mention spéciale au passage, calme et tendu, précédant le final, qui fonctionne à merveille en plus de nous offrir de belles images. On se dit rapidement qu’en fait, il n’aurait manqué que 10 petites minutes en guise d’introduction au métrage pour en faire une série B encore plus recommandable, et qui de toute façon n’aura pas perdu de temps par la suite. En fait, on pourrait presque le comparer au film Life. Une série B, avec un bon casting, un budget plus que confortable permettant à l’équipe d’avoir un rendu qui a de la gueule, pour un film prévisible, qui n’invente rien, mais d’une redoutable efficacité. Et quoi de mieux pour commencer cette année 2020, qui débute fort, avec en seulement 15 jours, les sorties des Filles du Docteur March, First Love (de Miike) Les Enfants du Temps, Underwater, 1917, Swallow et The Grudge (oui, ce film est l’intrus, de par sa médiocrité absolue). De quoi rattraper une fin d’année plutôt tiède et blindée de suites pas fameuses.

Les plus

Une très solide série B
Efficace de bout en bout
Quelques scènes qui fonctionnent très bien
Le monstre, peu montré, mais qui a de la gueule

Les moins

Prévisible et un peu cliché
Aucune introduction
 

En bref : Flop de ce début d’année, Underwater est une solide série B au budget confortable. Rien qui ne vient bousculer le genre de la survie aquatique, mais un film court, bien mené, avec quelques jolies scènes et une tension qui fonctionne malgré des personnages clichés et pas franchement introduits.

4 réflexions sur « UNDERWATER de William Eubank (2020) »

  1. Note honorable et beaucoup de plus pour ce film qui me tente bien. J’ai dans mes cartons encore sous blisters un autre de film d’Eubank acheté à l’époque avec Mad Movies (space time). On le disait déjà pas mal, mais je n’ai jamais pris le temps de le regarder.
    Quoiqu’il en soit, sale temps pour la série B de ce genre qui, au vu de la promo désastreuse par les studios et des résultats en salle, semble de plus en plus condamnée à la VOD ou DTV.

    1. Ah oui j’ai vraiment beaucoup apprécié, comme je le dis dans mon papier, il est assez proche dans son approche de LIFE, mais sous l’eau au lieu de l’espace.
      Par contre je n’ai rien vu d’autre de monsieur Eubank, mais si ça reste dans la même veine techniquement parlant, j’y jetterais volontiers un oeil.
      Triste à dire, mais niveau promo, le studio appartenant maintenant à Disney, c’est déjà un miracle d’avoir pu découvrir ça en salles. Même si le choix de la sortie début Janvier, période souvent creuse et faible pour le box office, montre bien le désintérêt pour le film.
      Si ça continue, on retournera quelques années en arrière, où je trouvais que les meilleures séries B ne sortaient qu’en DTV (The Monster, John Dies at the End et compagnie).

  2. Tu l’as quand même noté sèchement je trouve ahahah. Franchement, un (très) bon film d’horreur/survie/suspense ça ne court pas les rues et encore moins le fond des océans. Certes il recycle pas mal de choses, mais comme tu le dis c’est hyper efficace, rythmé, avec un ou deux trucs originaux bien vus selon moi (le clin d’œil final à…). Pas au niveau des meilleurs mais ces dix dernières années il est dans le haut du panier avec le sympathique LIFE. Enfin, pour moi !

    1. Je crois que je vais bannir la note 13 de mon blog haha. C’est on dira pour donner un ordre d’idée (car oui comme dit, rien de nouveau, ça reste de la grosse série B), l’article compte plus que la note finale dans mon ressenti. Mais bon, beaucoup de personnes ont besoin d’un coup d’oeil rapide à une note pour se faire une idée plutôt que de lire trois paragraphes donc bon.
      Car oui perso j’ai beaucoup aimé aussi, comme LIFE, pour les mêmes raisons que toi, et l’un comme l’autre, les blu-Ray sont fièrement dans ma collection. Ça reste super efficace, sans vrai temps morts, le casting est plus que compétent, les effets spéciaux même excellents vu les docu que j’ai vu (tournage pas du tout sous l’eau, donc une post prod complexe, et un jeu compliqué pour les acteurs, dans des tenues ultra lourdes pour simuler l’eau, et souvent plongés dans le noir complet). Et oui, la fin est bien trouvée. Dès le passage assez énorme éclairé en rouge avant le final d’ailleurs. Rajoutons la musique qui fait clairement du bon boulot alors que Marco Beltrami, j’ai souvent du mal avec son style récemment.
      Bref, si c’est ça, je vais me lâcher au niveau des notes pour de bon ! 😀

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