YOUNG GUNS de Christopher Cain


YOUNG GUNS

Titre original : Young Guns
1988 – Etats Unis
Genre : Western
Réalisation : Christopher Cain
Musique : Brian Banks et Anthony Marinelli
Scénario : John Fusco
Avec Emilio Estevez, Kiefer Sutherland, Lou Diamond Phillips, Charlie Sheen, Dermot Mulroney, Casey Siemaszko, Terence Stamp et Jack Palance

Synopsis : Dans les années 1870, la guerre du comté de Lincoln éclate au Nouveau-Mexique et scelle la légende de William H. Bonney, surnommé Billy the Kid.

Dans les années 80, le western n’a plus franchement la côte, alors que le genre est apparu très tôt, dés 1910, même s’il était loin de ce qu’il sera par la suite. Le cinéma muet met en avant Tom Mix et William S. Hart. Puis quand le cinéma devient parlant, d’autres stars prennent le relais, lors de l’âge d’or d’Hollywood, allant des années 30 à 50 notamment. Gary Cooper et John Wayne prennent le relais et deviennent les visages du western. Puis vint le western spaghetti dans les années 60, en Italie. En Amérique, certains continuent, notamment Sam Peckinpah, ou bien entendu Clint Eastwood, qui dés 1973, signera comme réalisateur L’Homme des Hautes Plaines, puis en 1976 Josey Wales Hors-la-loi. Il retournera au western en 1985 avec Pale Rider puis en 1992 avec Impitoyable. Mais dans les années 80 et 90, le western est quasiment mort. C’est alors qu’apparaît en 1988 Young Guns, réalisé par Christopher Cain, un autre film de ma jeunesse même si j’ai toujours eu plus d’affinité avec Young Guns 2, signé deux ans plus tard, mais on y reviendra plus tard ça. Un film au budget très modeste de 11 millions mettant en avant des jeunes acteurs bien en vogue à l’époque, et faisant le choix de nous raconter l’histoire de Billy the Kid durant la guerre du comté de Lincoln de 1878. D’après certains dires, Young Guns serait d’ailleurs à l’écran la version la plus réaliste de ces événements. Une guerre qui débute dans le sang, et finira, forcément, dans le sang, une histoire de vengeance classique pour le genre, lorsque John Tunstall (Terence Stamp, quand même), tenant un ranch, se fait froidement abattre par son ennemi juré, Murphy (Jack Palance, encore une fois, quand même !). Tunstall avait prit sous son aile divers fugitifs, lui servant de protection en échange d’un toit, de nourriture et d’une éducation, et ceux-ci, menés par Billy the Kid, prennent plutôt mal la mort de leur mentor.

Ils décident alors de se faire justice, et deviennent très rapidement des hors la loi. L’histoire de Billy the Kid, elle n’est pas nouvelle au cinéma. Avec beaucoup de libertés, son histoire sera apparue dés les débuts du western, en 1911, mais on retiendra surtout Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah en 1973 (avec au casting James Coburn et Kris Kristofferson). Young Guns par contre ne parle pas de la rivalité entre le Kid et Garrett (même si le personnage sera rapidement présent, et d’ailleurs joué par Patrick Wayne, fils de John Wayne), mais ne se focalise que sur la guerre de Lincoln, et donc, une période d’un an basiquement, ce qui lui permet, scénaristiquement, de ne pas s’éparpiller. Young Guns est solide au niveau de sa trame et de ses personnages, même si forcément, sur 1h40, certaines simplifications seront faites, et certains événements rapidement survolés histoire de se focaliser sur l’important, à savoir la vengeance du Kid et de sa bande, et un assaut final (où Tom Cruise a un caméo, pour l’anecdote). Et ça fonctionne, on suit l’aventure, respectueuse du mythe et du genre, avec plaisir, d’autant plus que les acteurs sont charismatiques et conviennent plutôt bien à leurs personnages. Emilio Estevez fait un bon Kid, qui n’hésite pas à se moquer de tout, amenant souvent la bande dans des situations bien difficiles. À ses côtés, Kiefer Sutherland et Lou Diamond Phillips complètent les premiers rôles et font plutôt forte impression. Si en plus, on ajoute Charlie Sheen à leurs côtés dans un rôle certes assez limité mais intéressant, et que l’on nous met Terence Stamp et Jack Palance dans les rôles, certes en retraits, mais clés de l’aventure, on obtient un casting plus que solide. Et malgré les blagues du Kid et son côté désinvolte (ah la jeunesse), Young Guns se veut être un western tout ce qu’il y a de plus sérieux.

Ce n’est pas aussi sombre ou violent que les westerns des décennies précédentes, ou aussi crépusculaire que les rares westerns de ces années là, mais Young Guns veut raconter son histoire en y restant fidèle la plupart du temps. En fait, on pourrait presque dire que Young Guns pourrait être un grand western, sauf qu’il souffre malgré tout de quelques défauts qui viennent abaisser le verdict. Et en premier lieu, ce sera la mise en scène, ce qui est malgré tout juste, ben, hyper important. La mise en scène de Christopher Cain, si elle n’est pas honteuse, loin de là, semble plus hésitante et brouillonne dés lors que les colts se mettent à parler. Cela se remarque notamment par un abus de ralentis et de gros plans. Parfois, ils sont judicieusement placés, comme lors de la mort de Tunstall, ou alors d’une tentative désespérée lors du final, et à d’autres moments, lors de quelques fusillades anecdotiques, le réalisateur en abuse comme pour camoufler certaines choses. Certaines anecdotes disent que certaines scènes d’action furent totalement improvisées par les acteurs, et il est possible que ce côté improvisé ai rendu la mise en scène de Cain brouillonne. Cela ne retire clairement rien au capital sympathie du film, grâce à sa fraicheur, son histoire réaliste et son très bon casting, mais abaisse un peu le verdict, surtout que finalement, à quelques headshots près, le film se fait plutôt soft dans son approche de la violence, à une époque qui était justement plutôt violente et immorale. Ce côté réaliste, la suite va le perdre, pour y gagner une mise en scène bien plus solide et un côté B bien plus assumé.

Les plus

Excellent casting de gloires sûres et têtes montantes
Une histoire réaliste et plutôt fidèle à la réalité
Une intrigue bien ficelée qui se suit très bien
Un western très sympathique

Les moins

Un côté parfois brouillon
Scènes d’action un peu décevantes

 

En bref : Young Guns, sans être un grand film ou un grand western, est intéressant et reste réaliste dans ce qu’il raconte sur la guerre du comté de Lincoln. Le tout est aidé par une grande galerie d’acteurs.

6 commentaires

  1. Chouette un western!
    Pourtant je n’ai jamais été très fan de ces westerns juvéniles années 80, mais dans mon souvenir c’est quand même moins mauvais que Tombstone. C’était l’âge d’or du « Brat Pack », où Estevez jouait avec son frangin. Ça vaudrait le coup que je le remate à l’occasion.
    Moi à cette époque j’étais déjà plus Eastwood, et bientôt Costner (Open Range, c’est de la balle, et du bon calibre).
    Je vois que tu as révisé la petite histoire du genre pour ton intro, c’est bien. Vu que je te sens chaud sur Tom Mix, tu peux me rappeler le nom de son cheval ? 😉

    1. Et il y a encore du western de prévu très bientôt 😉 Et déjà planifié en fait.
      Peut-être étais-je juste bien jeune à l’époque, mais Young Guns 1 et 2 j’avais toujours aimé. Les revoir m’a fait bien plaisir en tout cas, et d’ailleurs j’écoute pas mal l’ost du 2 depuis quelques jours. Tombstone je l’ai revu justement, et j’ai bien aimé 😀 Ce n’est pas subtil, le final est d’ailleurs bien raté, mais j’aime bien. Bon casting en plus. C’est Wyatt Earp qui a toujours coincé pour moi, en plus de sa durée de 3h10 (mais excellent casting également).
      Je me refais très prochainement quelques Eastwood que je n’ai pas vu depuis des lustres (Pale Rider et Josey Wales en tête, je viens de me les acheter).
      Je n’ai par contre jamais vu de westerns muets, j’en suis tout triste, et pas sûr d’arriver à en trouver facilement 😦 Tout ce que je sais, c’est que Tom Mix, c’est sans doute bien meilleur que Tom Six 😀

      1. Tu donnes ta langue au cheval ?
        Il se trouve que j’ai vu « l’échange » d’Eastwood (puisque tu en parles), il y a peu, et le gamin, fan de Tom Mix rêve de le rencontrer à Hollywood, avec son cheval Tony. 😉
        « Pale Rider » et « Josey Wales » sont deux immenses westerns, mais l’apothéose reste « unforgiven ». Josey Wales, j’ai lu le bouquin aussi. Excellent, mais l’écrivain, Forest Carter, est un personnage des plus sulfureux… Je te laisse mener l’enquête.
        « Wyatt Earp », c’est clair, c’est pas le meilleur. Mais c’est Kasdan. Sur l’affaire OK Corral, je crois que rien ne surpasse « My darling Clementine » de Ford.

      2. Exactement 😀
        Ah ben voilà, tu connais de manière détournée, tricheur !!! Un Eastwood que je n’ai pas vu en plus, c’était vraiment la question piège pour le coup.
        J’en ai des excellents souvenirs, mais pas revu depuis, pfiou, l’époque de la VHS, donc là ce sera une redécouverte, HD et VO. Unforgiven, revu il y a peu, et ça reste sans doute le meilleur western d’Eastwood, il y a pas photo. Celui-là aussi il me le faudra en HD pour remplacer mon dvd.
        C’est justement parce que c’est Kasdan, et pour le casting, que j’accepte de lui donner une énième chance, quand j’aurais 3h10 et la motivation. Mais ce sera sans doute après tous les autres. J’ai une pile de westerns, tout support confondus, à regarder, et il y a plus d’une quarantaine de titres, j’ai donc de quoi faire.

  2. Je garde de très bons souvenirs des YOUNG GUNS. Loin des classiques du genre, mais j’aimais bien. Le premier je l’ai vu pas mal de fois je crois.

    1. La nostalgie aidant, tu repasseras un très bon moment devant. C’est sûr que ça ne vaut pas les classiques de l’âge d’or, ou du western Spaghetti (revu hier POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS), ou même les Eastwood des années 80/90. Mais en tant que divertissement avec un jeune casting, ça fait plus que bien le boulot.

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