BLADE OF THE IMMORTAL de Miike Takashi


BLADE OF THE IMMORTAL

Titre original : Mugen No Jūnin – 無限の住人
2017 – Japon / Corée du Sud / Angleterre
Genre : Chanbara fantastique
Réalisation : Miike Takashi
Musique : Endo Kôji
Scénario : Oishi Tetsuya
Avec Kimura Takuya, Sugisaki Hana, Fukushi Sota, Ichihara Hayato, Toda Erika, Kitamura Kazuki, Kuriyama Chiaki, Mitsushima Shinnosuke, Ebizô Ichikawa et Tanaka Min

Synopsis : Manji est un Samourai en fuite après avoir tué son seigneur corrompu et ses gardes du corps, dont fait partie le mari de sa sœur Machi qui a perdu l’esprit de douleur. Peu après, il rencontre une religieuse âgée de 800 ans, Yaobikuni, avant que sa sœur soit prise en otage par un groupe de ronins en vue de gagner la récompense pour la tête de Manji. Quand le chef des ronins tue sa sœur après qu’il s’est désarmé à sa demande, Manji tue tous les membres de la bande avant de s’écrouler, blessé à mort. Mais Yaobikuni implante des vers de sang dans son corps. Cinquante deux ans après, devenu un immortel sans âge, Manji est approché par Rin Asano qui lui demande son assistance pour l’aider à venger la mort de son père Kurose aux mains de Kagehisa Anotsu de l’école d’art martial Ittō-ryū.

Miike Miike Miike ! Dois-je encore le présenter ? Il suffit de jeter un œil sur mon blog pour voir qu’avant, j’adorais Miike, et tentais de voir un peu tout ce qu’il faisait. Oui, il est boulimique de la pellicule, mais quand on fait 8 films en une année, forcément, si l’on fait 2 purges infâmes, on se dit qu’à côté, on a pu avoir du bon. Mais depuis quelques années, la fin des années 2000, Miike a une réputation, au Japon et hors du Japon, on lui offre de bien plus gros budgets, des adaptations de manga populaires. Du coup, Miike passe toujours sa vie sur des plateaux, mais Miike tourne moins de films. Et par extension, quand avec seulement un ou deux films par an, il nous livre une purge infâme, on a largement plus le temps de se focaliser dessus. Voir Yakuza Apocalypse au cinéma pour moi, ça m’a fait mal en 2015. Alors quand en 2016, sur seulement deux films réalisés, il livre Terra Formars, sans doute l’un de ses pires films, et bien j’ai eu envie de dire stop. Miike, je pardonnais tes faux pas avant, mais quand maintenant, tes faux pas coûtent hyper cher et sont forcément plus fréquents, je n’ai plus forcément la patience pour ça. Mais depuis l’accident industriel Terra Formars, Miike semble avoir réussi à reconquérir une partie du public, depuis 2017, avec Blade of the Immortal, disponible sur Netflix, et l’année dernière avec First Love (que je dois voir celui-là). J’ai donc décidé de lui laisser le bénéfice du doute et de me plonger dans ce chanbara encore une fois adapté d’un manga. Après tout, pourquoi pas, les dernières incursions de Miike dans le chanbara, ça a donné le génial 13 Assassins, et le remake sympathique mais inutile Hara-Kiri. Alors, le verdict 2h21 après le lancement ? Et bien ce n’était pas si mal. C’est même encourageant j’ai envie de dire, mais ça aurait pu être tellement mieux.

Blade of the Immortal donc, c’est l’adaptation d’un manga que je n’ai pas lu, et forcément d’un animé que je n’ai pas vu. Parce que ça prend du temps tout ça. Et de l’argent, aussi ! C’est un chanbara, qui place au cœur de son récit un élément fantastique, le fait que son personnage principal, Manji, soit immortel. Il ne peut mourir suite à une malédiction 50 ans plus tôt, et devient le garde du corps, ou plutôt l’instrument de la vengeance de Rin, bien décidée à venger la mort de ses parents par une école d’art martiale décidemment à part, puisque mélangeant tous les styles. Voilà un point de départ intéressant, et soyons fous, disons le, les 15 premières minutes, le prologue donc, en noir et blanc, claque bien. Visuellement, ça a la classe, c’est dynamique, Kimura Takuya même s’il tire la tronche s’en sort bien, ça gicle. Ça donne envie en fait. Le souci vient juste ensuite, quand l’intrigue débute vraiment de nos jours… Enfin, de nos jours, 50 ans après le prologue. Rapidement, Blade of the Immortal prend des allures de jeu vidéo. Passé le point de départ, Manji va avancer, rencontrer un ennemi qui va le reprocher de son but, il va l’éliminer après quelques difficultés, et ainsi de suite, ennemi suivant. Le souci de cette structure, c’est qu’elle est un brin répétitive, et qu’au milieu de tout ça, les personnages n’ont pas vraiment droit à un quelconque développement. On a bien deux ou trois tentatives en ce qui concerne Manji ou Rin, ou bien le grand méchant, mais ça n’ira souvent pas bien loin, et le film reprend sa route. Du coup on regarde le spectacle, très joliment réalisé il faut avouer, souvent peu concerné. C’est bien filmé, bien éclairé, les cadrages sont propres et on a même quelques très jolis plans, mais ça n’ira pas plus loin. Les combats eux sont en général très sympathiques, mais sans génie, et on aura à quelques moments des combats beaucoup moins bons. Ce qui est un comble, pour un chanbara, bien que partant dans le fantastique.

Miike fait en soit du bon boulot, mais travaille à partir d’un scénario pas forcément excellent. Bien qu’on ai au final connu pire. Et malgré la répétitivité, on ne s’ennuie pas non plus. Quelques moments bien violents réveilleront au pire le spectateur assoupi au fond de la salle. Enfin, au fond du canapé, Netflix oblige. Si Kimura Takuya fait le boulot dans le rôle qu’on lui demande, Sugisaki Hana par contre peine à convaincre sur la durée, sans pour autant être désagréable pour les yeux (ah ah, ça tombe bien, elle fait souvent les gros yeux). Heureusement pour le métrage par contre, il se réveille totalement sur la fin, comme si Miike voulait refaire son 13 Assassins, en faisant s’affronter deux personnages… contre une armée entière de samouraïs. Et là, ça se réveille, autant niveau chorégraphie, rythme. Miike semble se faire plaisir et alterne les plans rapprochés et les travellings fluides pour mettre en scène cette épique bataille. Enfin, épique. C’est bien là le souci premier du métrage. Cette longue et intense bataille finale, elle aurait pu être épique. Là dans les faits, elle est juste bonne, voir très bonne. Mais si ce qui précédait avait réussi à instaurer de bons personnages, ou du moins à nous faire ressentir quelque chose pour eux, comme dans, encore une fois, 13 Assassins, et bien elle serait passé de bonne à excellente, de jouissive à épique. Mais le spectacle proposé reste honorable et divertissant. Ce qui, vu mes attentes, n’est finalement pas si mal. En espérant que son dernier film en date, First Love, encensé par presque tout le monde, soit vraiment la claque annoncée.

Les plus

Bonne mise en scène
La grande bataille finale
Le concept
Divertissant et pas ennuyeux

Les moins

Des personnages peu développés
Une structure qui tourne en rond
Quelques combats moins bons

 

En bref : Miike revient au chanbara avec un film en demi-teinte. Pas mauvais, mais pas excellent. Du potentiel, un très bon final, mais un peu répétitif et parfois avec des enjeux trop maigres.

2 commentaires

  1. 12/20… Pas terrible, hein ? J’ai été plus dur que toi, lorsque je l’ai vu, et tu sais pourquoi. Parce que ça aurait dû être mieux, beaucoup mieux.

    1. Oui je sais bien pourquoi. Je pense que autant ton avis que le mien a de bons arguments. C’est pas terrible, mais on est loin d’une catastrophe (genre, euh, Terra Formars ? Yatterman ? Ninja Kids ?). Mais ça aurait du être mieux, surtout vu le passif de Miike dans le chanbara, autant classique (le génial 13 Assassins) que plus étrange (j’adore IZO).

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