NIGHTMARE ISLAND de Jeff Wadlow


NIGHTMARE ISLAND

Titre original : Fantasy Island
2020 – Etats Unis
Genre : Suspense
Réalisation : Jeff Wadlow
Musique : Bear McCreary
Scénario : Jeff Wadlow, Chris Roach et Jillian Jacobs
Avec Michael Pena, Maggie Q, Lucy Hale, Austin Stowell, Portia Doubleday, Jimmy O. Wang, Ryan Hansen et Michael Rooker

Synopsis : Quelques personnes sont invitées par Mr Roarke à passer quelque jours de vacances dans un luxueux complexe hôtelier, isolé sur une île paradisiaque. Sur celle-ci, tous leurs fantasmes se réaliseront. Mais il faut faire bien attention à ce que l’on souhaite… Les fantasmes se transforment rapidement en cauchemars et les invités, pour survivre, devront percer les mystères de l’île.

L’année dernière, j’étais tombé un peu par accident sur le trailer de ce Fantasy Island, en essayant de voir les sorties 2020 niveau cinéma de genre. Ça ne m’avait pas du tout fait envie. Le film étant maintenant sorti, j’ai pu poser mes yeux dessus, et ma première impression fut la bonne. Ce n’était pas bon du tout. J’aurais du m’en douter ceci dit. Après tout, le film est produit par Blumhouse, capable du meilleur comme du pire, mais qui surtout ne perd jamais de vu un concept pouvant attirer le jeune public avide de sensations fortes dans les salles, mais souvent peu regardant sur la qualité. Et puis, il s’agît de la seconde réalisation de Jeff Wadlow pour le compte de Blumhouse, après le très moyen Action ou Vérité. Wadlow, il faut dire que dés le départ, je ne suis pas fan, son Kick-Ass 2, s’il n’est pas totalement mauvais, avait tout de la suite putassière, peu utile, et largement inférieure au film original. Fantasy Island partait donc mal. D’ailleurs en France, pour être sûr de cibler le bon public, le film fut renommé Nightmare Island. Oui, avoir une tête de mort sur l’affiche, ça ne suffit pas pour le public visé, il faut être encore plus explicite sur le contenu du métrage. Ça ne sentait vraiment pas bon. Et c’est donc sans aucune attente que j’ai lancé la vision de la chose. 1h50 plus tard, ben le verdict tombe, tout ce que l’on pouvait craindre d’un tel produit se vérifie. Passé quelques surprises au casting et de très beaux décors naturels, Fantasy Island est l’exemple du film vide, qui est souvent bien trop gentil dans le traitement de son sujet et donc, dans son visuel, et qui ne fait que viser le public concerné, sans se soucier du reste, et n’hésite pas à nous mettre des twists peu intéressants dés qu’il le peut.

Au moins, le film évite les jumpscares putassiers, comme c’est bien trop souvent le cas dans les productions Blumhouse. C’est déjà ça. Ici donc, une bande de jeunes bien stéréotypés comme il faut sur lequel le scénario s’attarde beaucoup plus que de raison se rend sur une île qui aurait le pouvoir de réaliser leurs plus grands fantasmes. Ils sont donc accueillis par Mr Roarke (Michael Pena, transparent… lui qui semblait s’amuser dans le film Dora…) qui va les guider pour les aider à réaliser leurs fantasmes. Le premier gros défaut du film sera d’accorder bien trop d’importance à des personnages qui ne sont jamais intéressants. Pire, lorsque le film veut nous faire croire à leurs différents traumas, on a plus envie de rire qu’autre chose, ça vous donne une idée du niveau général. Mais pire que tout, le film se prend assurément beaucoup trop au sérieux. Plutôt que de jouer la carte du fun et donc d’aller à fond dans son concept, non, rien de tout ça, le film se veut premier degré, tout le temps, si bien que l’ennui peut rapidement pointer le bout de son nez, ce qui est un comble pour un film qui veut nous effrayer. Sauf que finalement, on ne sera jamais effrayé, et pire, on ne rira jamais avec le film, mais du film. Lorsqu’il tente d’aller dans l’humour à quelques rares occasions, c’est plutôt lamentable. La présence de la toujours jolie Maggie Q au casting, ainsi que de Lucy Hale, déjà présente dans le précédent volet de Wadlow ne viendra jamais sauver les meubles, ni nous réveiller, tant le tout est soft au possible afin de plaire au jeune public. On a donc droit en vrac à une trop longues présentations des personnages et du concept, un lancement très doux de l’histoire, avant que l’ensemble ne commence à se bouger lors d’une scène faisant passer Hostel pour A Serbian Film. Comme si le film n’osait donc jamais rien.

À partir de là, tout s’accélère, pour les personnages car le spectateur lui ne se sentira toujours pas concerné par l’aventure, qui délaisse alors son côté « film de jeunes pour faire peur » pour se lancer plutôt dans le divertissement d’actionner gentiment horrifique. Ah ça oui, ça va fusiller, tirer, on aura des explosions, l’arrivée d’hommes masqués pouvant passer pour des terroristes, des bazookas, de la jungle. C’est assez fou de ce dire qu’un tel concept, entre les mains de quelqu’un d’autre, aurait pu livrer un film beaucoup plus percutant, sans forcément partir dans une violence crue et frontale, mais avec de vrais personnages, une vraie tension, ou du moins, une progression dramatique beaucoup plus intéressante pour rendre le peu d’enjeux du film à même de nous captiver. Et justement, parlons en un peu de l’histoire du métrage. Oui, il y a du potentiel, mais jamais pleinement exploité, le film se permettant d’expliquer ce qui l’arrange, et délaissant le reste au bon vouloir des événements. Et comme il ne faut froisser personne, on reste bien sûr avec un final gentillet, avec un minimum de morts au compteur, et une possibilité pour une suite. Il faut espérer que le score relativement tiède au box office comparé aux autres productions Blumhouse (47 millions récoltés, pour un budget de 7 millions) ne laissera pas de place pour une suite dés 2021, ou 2022, le calendrier de sortie de 2021 étant plus ou moins compliqué (vive le confinement).

Les plus

De beaux décors naturels
L’idée de base, bonne

Les moins

Personnages jamais intéressants
Se prend beaucoup trop au sérieux
Soft et visant uniquement le jeune ado
Jamais flippant
Parfois involontairement drôle, et donc gênant

 

En bref : Ça ne sentait pas bon, et surprise, ça ne l’est pas. Convenu, peu intéressant, jamais flippant, s’étirant et ne sachant jamais profiter d’un concept pourtant permettant énormément, Fantasy Island est une production opportuniste.

6 commentaires

  1. Ça sentait l’arnaque à plein nez ce truc. Tu confirmes dans le détail. En te lisant, j’avais l’impression de lire une chronique sur un vieux Z de Mattei.

    1. Tu ne rates absolument rien. Je m’y attendais hein, mais avec la fatigue, je voulais pas me prendre la tête avec un film trop long, trop lent, trop sérieux. Pas de bol 😀 Heureusement j’ai enchainé hier juste après sur une bonne surprise dont je parlerais ces prochains jours.
      Et encore, Mattei ça m’étonnerait qu’il ai eu un budget de 7 millions pour un seul de ces films !

      1. Dans le fond, je suis sûr qu’on n’est pas loin de la réalité, malgré la quantité de bobines du monsieur (j’en ai d’ailleurs de lui, mais la motivation pour voir ça n’est pas bien haute).

    1. Non mais maintenant tu peux l’oublier aussi vite que tu viens de le découvrir haha ! Sauf si tu veux que je te l’envois, mais j’en doute clairement 😉

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