GUNS AKIMBO de Jason Lei Howden


GUNS AKIMBO

Titre original : Guns Akimbo
2020 – Angleterre / Allemagne / Nouvelle Zélande
Genre : Action
Réalisation : Jason Lei Howden
Musique : Enis Rotthoff
Scénario : Jason Lei Howden
Avec Daniel Radcliffe, Samara Weaving, Rhys Darby, Mark Rowley, Natasha Liu Bordizzo, Ned Dennehy et Grant Bowler

Synopsis : Miles, un homme ordinaire, se retrouve à lutter contre un site du dark web qui propose de la violence à ses spectateurs le jour où on lui visse littéralement des pistolets aux mains.

Guns Akimbo, c’est le film qui faisait parler sur internet depuis son tournage en 2018, avec l’apparition de photos de Daniel Radcliffe en peignoir, slip, chaussons en forme de pattes de tigre et pistolets cloués aux mains. Et j’étais forcément passé à côté. Mais sur les conseils d’un ami (dont je me méfie, car pour rappel, ce même ami m’avait conseillé Nekrotronic que j’avais détesté), et surtout avec le manque de temps, le manque d’énergie et le manque de bonne humeur qu’occasionne un confinement lorsque l’on travaille dans un commerce d’alimentation, et bien il était l’heure d’un film pas prise de tête au concept improbable. Mais Guns Akimbo avait du potentiel, et avait de quoi m’intéresser. Déjà car son sujet avait déjà été traité dans un film que j’avais pu voir, à savoir Nerve. Oui, les déboires actuels de nos nouvelles technologies, avec des jeux mettant la vie des participants en danger tant que cela fait de l’audience, ce n’est pas nouveau. Mais Nerve était gentillet et s’adressait dirons-nous à un public adolescent, là où Guns Akimbo fait dans la violence radicale et frontale, l’humour vulgaire, et s’adresse donc à un public adulte. Et puis, il y a le casting. Daniel Radcliffe, qui se détache donc encore une fois totalement de l’image d’Harry Potter, et qui fait des choix le rapprochant un peu plus d’Elijah Woods. Jugez vous même ces dernières années, on a pu le voir dans Horns chez Alexandre Aja (même si c’était bancal), Victor Frankenstein aux côtés de James McAvoy (bancal aussi), Swiss Army Man (où il joue un cadavre), Jungle où il doit survivre dans la jungle, et maintenant ce Guns Akimbo. Et à ses côtés, il y a Samara Weaving soit l’assurance d’un personnage déjanté et vulgaire, le genre de rôles qu’elle semble clairement adorer, après les funs The Babysitter et Mayhem, et le décevant Ready or Not. Il n’en fallait pas plus. Et finalement, Guns Akimbo, malgré des défauts, a délivré la marchandise que l’on attendait de lui.

Alors oui, c’est souvent vulgaire, ça ne vole pas très haut, son histoire est prétexte et une fois lancé, n’évoluera pas des masses, et comme souvent, à force de toujours vouloir en faire plus, le final sera un peu convenu et en dessous de nos attentes et de ce qui précédait, mais Guns Akimbo a été ce film défoulant, pas prise de tête, et plutôt bien fichu malgré un budget que l’on imagine pas franchement élevé. En fait, dés le début, Guns Akimbo nous montre ce qu’il a dans le ventre, avec une course poursuite en voitures, le tout filmé par des drones et avec une reprise de You Spin Me Round en fond sonore, montrant clairement ses ambitions, son concept et son côté rentre dedans qui ne recule devant rien. Plans rappelant des FPS, montage acéré, giclées de sang XXL, photographie colorée comme il faut, et à quelques exceptions près, une mise en scène et des effets spéciaux qui ont de la gueule. Il faut le préciser, Jason Lei Howden, signant là son second long métrage seulement, vient du monde des effets spéciaux, ayant bossé sur des opus de La Planète des Singes, sur le premier Avengers ou encore des films Hobbit, et cela s’en ressent. Il semble mettre en avant ses talents pour les effets spéciaux, et surtout en faire une composante importante de l’univers de son film. Niveau mise en scène, il n’a clairement pas à rougir non plus, c’est ultra dynamique, la caméra est souvent libre, tourne dans tous les sens (ce qui peut rappeler le cinéma de Gaspar Noé par moment), suit les personnages en steadycam même pendant l’action (une scène rappelle la scène de l’église de Kingsman niveau technique). Son film de sale gosse s’élève alors au dessus du lot, clairement, par sa générosité, son rythme, et sa technique. Le miracle du coup, c’est qu’il parvient très rapidement à nous faire oublier son propos mince pour s’éclater avec les personnages.

Miles, Radcliffe donc, passe une bonne partie du métrage à fuir, pistolets vissés aux mains, habillé d’un peignoir, d’un slip et de ses fidèles chaussons, et Nix, Samara Weaving, passera cette même partie à le poursuivre pour le buter, armée de mitrailleuses, lance roquette et j’en passe, juste pour divertir le public d’internet avide de sensations fortes, le tout dans la joie et la bonne humeur, et avec un humour souvent vulgaire mais bon enfant, et qui fonctionne la plupart du temps. Certaines situations sont prévisibles, d’autres un peu too much, mais le rythme fait que l’on n’a à peine le temps de se poser des questions que l’on passe déjà à autre chose. Bien entendu, après une première demi-heure explosive et quasi non stop, le rythme se calme quelques instants histoire de rajouter un peu de piment dans les maigres enjeux du métrage, mais sans dévier de sa ligne de conduite, faisant encore une fois passer la pilule. Un défouloir géant en fin de compte. Et puis, je ne vais pas mentir, je l’aime bien Nix, avec son humour vulgaire et son côté « je me fous de tout ». Comme elle le dit elle même, Shoot deepshits in the head is life. Ah, si seulement je pouvais faire pareil dans la vraie vie ! Mention spéciale également à la musique composée par Enis Rotthoff, certes par moment un peu répétitive (des thèmes un peu trop souvent repris) et assourdissante, mais convenant parfaitement au métrage et contribuant à en faire, ben, ce qu’il est finalement. Un produit autre, et fun.

Les plus

Fun et gore
Rythmé à fond
Mise en scène ultra dynamique et lisible
Le personnage de Nix, barré

Les moins

Le propos reste léger
De par ses excès, pas pour tout le monde
Final en dessous du reste

 

En bref : Guns Akimbo, c’est clairement le spectacle fun, con, rythmé, vulgaire et violent que le film nous vend dés le départ. Ça ne ment pas sur la marchandise, et en plus, c’est correctement emballé et vraiment fun, du coup on profite en laissant de côté ses défauts.

4 commentaires

  1. Je ne connaissais pas. Mais là, tout de suite, je me pose une question. Comment fait-on pour aller aux toilettes avec des pistolets vissés dans chaque main ?

    Voilà c’était juste pour participer au concours du commentaire le moins instructif du mois.

    1. Et bien je te rassure, il y a une scène dans le métrage qui répond parfaitement à cette question 😉 Donc finalement, ton commentaire n’était pas si inutile que ça haha.

  2. C’est marrant que tu évoques Elijah Wood dans l’article, je pensais justement à lui en voyant les photos. Je finis par les confondre tous les deux.
    Clairement pas ma came ce film, je crois que je passerai mon tour.

    1. Un ami me disait la même chose. Il faut dire aussi que leur carrière n’aide pas, ils ont tous les deux commencés par une saga cinématographique qui a cartonné et les as mis en avant, avant de plonger dans un cinéma différent. Pour Elijah Woods,il y a eu Maniac, Sin City, Cooties et sans doute d’autres qui ne me viennent pas à l’esprit là.
      C’est un film excentrique, il faut en supporter les excès en tout cas, et être dans le « mood ». J’avais besoin de me défouler, et ça m’a fait un bien fou sur le moment.

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