Maneater (2020 – Aventures – Playstation 4)

MANEATER

2020
Studio : Tripwire Interactive
Editeur : Deep Silver
Genre : SharkPG ? Vraiment ?
Multijoueur : Non
Joué et testé sur : Playstation 4
Existe sur : Playstation 4, Xbox One, PC

Synopsis : Après la mort de votre maman, un innocent petit requin va devoir grandir et apprendre la vie à la dure en espérant pouvoir se venger.

Sorti en Mai 2020, Maneater était un de ces petits jeux présentés quelques années auparavant mais qui n’a pas bénéficié de tant de promo que ça, petit jeu oblige, développé par le studio Tripwire, à qui l’on doit des jeux comme Ghivalry 2, Espire 1 en VR, le jeu multijoueur Killing Floor 2, ou encore le navet Road Redemption. Un studio donc plutôt tourné vers l’action, souvent des FPS, et avec quelques incursions discutables dans d’autres genres. C’est Deep Silver, toujours à l’affut d’un bon plan, puisqu’on leur doit des sorties aussi variées que les Saints Row, Metro, Shenmue 3, Dreamfall, Dead Island, This War of Mine, ou encore Catherine par chez nous, qui édite. La promesse ? Un RPG où l’on joue un requin qui va devoir bouffer à tous les râteliers pour grandir et ainsi venger la mort de sa mère par un pécheur psychopathe. Voilà une promesse intéressante, surtout que les jeux de ce genre, où l’on joue un requin, c’est plutôt rare. Il y en a bien quelques uns sur PC, et à l’époque un jeu Les Dents de la Mer sur Playstation 2, mais pas de quoi se relever la nuit. Il faut dire que le gameplay submergé sous l’eau est souvent, pour le joueur, synonyme de prise de tête, et de crise de nerf. Alors, est-ce que le studio a réussi son pari ? On ne va pas passer par quatre chemins, si Maneater fait clairement le boulot et donne envie durant les premières heures du jeu, ou du moins la première heure, le jeu pouvant se boucler à 100% entre 10 et 12 heures, ça retombe très rapidement, et on en vient à s’ennuyer, face à un level design, et finalement, un design général tout simplement qui semble venir d’un ancien temps, et qui ne parvient jamais à se renouveler, voir n’essaye même pas, installant une lassitude totale.

On y joue donc un bébé requin, qui parvient à se sauver après le meurtre de sa mère par un pécheur, et qui se retrouve donc, tout jeune et innocent, lâché dans l’eau. Le but ultime sera simple : se venger. Et pour y arriver, il va falloir grandir, et donc manger. Et améliorer ses capacités, et donc, obtenir des points d’expériences et récupérer quelques babioles traînant un peu partout pour acheter quelques éléments un peu foufou, mais pas trop. Les premiers pas sont même plutôt encourageants en tout cas. Le jeu n’est pas le plus beau du monde, et après tout, il n’en a pas la prétention, se contentant de modéliser quelques fonds marins, et parfois quelques humains, et bien entendu, des animaux, mais il fait plutôt bien le boulot au départ. On croise rapidement divers poissons, ainsi que quelques prédateurs, comme d’autres requins voraces, des alligators, ou plus tard, Orca ! On dirige notre petit requin avec le stick, on appuie sur une touche pour croquer tout ce qui est à notre portée, ou on maintient pour garder notre proie (ou un objet quelconque) dans notre mâchoire, on peut donner un coup de queue, nager en surface ou sous l’eau, et voilà pour le gameplay. Le jeu se découpe en de nombreuses zones plus ou moins grandes, environ 8, où à chaque fois, le joueur devra accomplir plusieurs missions, ainsi que trouver la grotte de la région afin de sauvegarder et d’améliorer notre requin, ainsi que de lui faire équiper quelques éléments trouvés en accomplissant des missions secondaires.

Pourquoi pas hein, sur le papier, pouvoir jouer une puissante machine à tuer avec des centaines de dents, c’est sympathique, et ça peut permettre de se défouler. C’est le cas, même si forcément, au début, les menaces sont nombreuses. Du coup, on avance, on essaye de faire attention, et on accomplit quelques missions. Bouffer 10 poissons de la même espèce, récupérer 10 éléments cachés dans les fonds marins, trouver des lieux touristiques, bouffer 5 humains qui se baignent dans les environs. Puis à force de faire n’importe quoi, on fait forcément apparaître des chasseurs. Et en les attaquant, on finit par attirer un boss, un chasseur ultime. Il y en a plusieurs (8 je crois), et la difficulté montera, même si les 4 premiers sont d’une difficulté enfantine. Les abattre nous donnera bien entendu des bonus. Et une fois les missions de la zone accomplie, on avancera jusqu’à la suivante, en faisant grandir notre requin, qui deviendra par la suite un adolescent, puis un adulte, avant de continuer encore. Alors on va dans la zone suivante, et on refait des missions. Seulement voilà, à chaque zone, rien ne changera. Il faudra toujours bouffer 10 poissons de la même espèce, trouver les mêmes collectibles, manger tant de baigneurs, attirer des chasseurs et s’en débarrasser, ainsi que se débarrasser du prédateur ultime de la zone, pour pouvoir espérer aller dans la zone suivante, et ainsi atteindre la dernière et accomplir notre vengeance. C’est tout ? C’est tout !

Ce programme qui s’avérait si simple et défoulant durant la première heure devient alors répétitif, puis ennuyeux, puis laborieux. Plus on avance dans le jeu, moins celui-ci semble vouloir essayer de nous proposer quelque chose. On aura bien entre chaque zone quelques cinématiques pour nous montrer notre nemesis, son évolution, et essayer de donner un brin de profondeur à tout ça, avec beaucoup d’humour. D’ailleurs, ces quelques notes d’humour, avec un narrateur souvent très présent, fonctionnent plutôt bien. Mais finalement, ce ne sont que quelques phrases balancées un peu au hasard lorsque l’on récupère les trop nombreux collectibles ou lors des cinématiques, ce qui finalement ne doit pas représenter plus de 10% du jeu à peine. Pour le reste, on évolue dans des décors très souvent identiques malgré quelques nouvelles menaces, et on fera la même chose, en boucle, jusqu’à en être dégouté. Pire, lorsque l’on arrivera vers la fin dans des zones un peu plus grandes, ou un peu plus peuplées, le framerate commencera à faire des siennes. J’aurais même eu droit personnellement à deux plantages du jeu, sans raisons apparentes, me forçant à relancer le jeu et recommencer la dernière mission en cours. Est-ce donc ici un manque de finition ? Assurément, même si cela paraît étonnant, avec un jeu finalement si répétitif, découpé en zones si petites, et finalement si peu variées, autant visuellement qu’en terme de design.

Quelques petits sursauts d’inventivité débarquent dans le design parfois, avec des résidences où il faudra prévoir un saut pour franchir une barrière, ou passer par des canalisations pour atteindre une piscine et ainsi pouvoir bouffer les occupants, mais c’est finalement bien peu pour faire dévier le gameplay, ou tout simplement relancer l’intérêt du joueur. Quand à la difficulté, à l’exception d’un ou deux chasseurs, et véritablement d’un prédateur qui m’aura tué plusieurs fois avant que je ne le maitrise, rien d’insurmontable, d’où la durée de vie plutôt courte du soft, et heureusement d’ailleurs. Ce qui amusait au début devient lassant. Le concept ne parvient jamais à se renouveler, et on est clairement devant un jeu à l’ancienne dans son design, dans ses missions, et il ne cherche jamais à s’en éloigner. Un jeu développé trop vite ? Ou qui a voulu donner du contenu au joueur quitte à le copier coller dans chaque zone, comme ces trop nombreux open world actuellement ? Sans doute un peu des deux. Mais là où les open world copient leur contenu mais sur de très larges zones, ici, Maneater nous propose de faire constamment la même chose, sur des zones que l’on traverse en une heure seulement, ce qui augmente la sensation de répétitivité du soft. Et aussitôt terminé, Maneater se rangera dans sa boite, ou sera tout simplement effacé du disque dur, comme ce fut mon cas. Dommage, car la possibilité de jouer un requin est rare, et le concept aurait pu être plaisant. Avec une meilleure direction. Là, nous avons une grosse opportunité ratée.

Les plus

Jouer un requin
Devenir un prédateur pour les humains
Au début, séduisant
Court

Les moins

Des soucis techniques
Court
Ultra répétitif
Les mêmes missions, à chaque zone

En bref : Maneater, je l’attendais. Devenir le prédateur des océans, terroriser les plages… Malheureusement, passé une première heure amusante, on fait vite le tour du contenu du jeu, et on s’ennuie. Les zones sont petites, les missions toujours les mêmes, les sensations de gameplay ne changent jamais. Heureusement, le jeu est court, mais même ainsi, le finir devient ennuyeux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :