ONE CUT OF THE DEAD de Ueda Shinichirô


ONE CUT OF THE DEAD
Titre original : One Cut of the Dead – Ne Coupez Pas – カメラを止めるな! – Kamera o Tomeru na!
2017 – Japon
Genre : Comédie horrifique
Réalisation : Ueda Shinichirô
Musique : Suzuki Nobuhiro et Nagai Kailu
Scénario : Ueda Shinichirô

Avec Hamatsu Takayuki, Mao, Shuhama Harumi, Akiyama Yuzuki, Nagaya Kazuaki et Hosoi Manabu

Synopsis : Une équipe décide de tourner un film de zombie en un seul plan-séquence dans un vieil entrepôt abandonné de la Seconde Guerre mondiale. La situation dégénère lorsqu’elle rencontre de véritables zombies qui les attaquent.

Parfois, certains films bénéficient d’un excellent bouche à oreille, font parler d’eux, en festival, et bien plus, acquérant une notoriété monstre, devenant de monstrueux succès. C’est le cas de ce One Cut of the Dead, qui du coup, m’aura toujours fait peur. Il m’aura fallut 3 années pour franchir le pas. Et une fois n’est pas coutume, j’avais tort, et j’aurais du me jeter sur le métrage dés que cela était possible, tant l’aventure fut rafraichissante, et géniale tout simplement. Oui, parfois, on se trompe. Ça arrive. Tourné en Juin 2017, One Cut of the Dead n’a pas été en tout cas un projet facile à monter pour son créateur, Ueda Shinichirô. Travaillant avec une école de Tokyo, où le film fut en parti produit, le jeune homme, après quelques courts métrages, signe là son premier long, et se retrouve pour se faire avec un budget de 25 000 dollars environ. Trois fois rien, surtout vu les ambitions du projet. Un film avec des zombies, et donc des effets spéciaux, des acteurs pour la plupart totalement inconnus et débutants, un planning assez serré de 8 jours de tournage seulement, et une ambition folle : ouvrir le film avec un plan séquence de 37 minutes, rien que ça. Plan réellement filmé, et apparemment disponible sur le Blu-Ray du film en version brute. Un défi technique monstre, s’inscrivant même dans l’intrigue du film, et pouvant faire office de leçon de cinéma à tous ses amateurs qui nous balancent tous les ans des found footage blindés de faux plans séquences dégueulasses avec des caméras qui tremblent et une action illisible. Un plan fou donc, qui aura nécessité à lui seul deux jours de tournage, et six prises au total. Une logistique qui a du être exténuante pour l’équipe, physiquement, mais également pour les nerfs, car avec si peu d’argent et un planning si serré, impossible de se louper sans mettre en péril le projet. Pour tous les apprentis cinéastes donc, One Cut of the Dead et son plan d’ouverture est un modèle, un film rafraichissant qui va donner espoir d’ailleurs. Comme quoi, avec de l’ambition, de l’amour pour ce que l’on fait, et surtout pas mal de système D, on peut y arriver.

One Cut of the Dead donc, c’est l’histoire de Higurashi, un réalisateur touche à tout, qui accepte un projet fou pour la télévision Japonaise. Réaliser un court métrage de 30 minutes, avec des zombies. Rien d’extraordinaire jusque là, sauf que le projet ne doit être réalisé qu’avec une seule prise, et que l’erreur n’est pas permise donc, puisque le court métrage sera diffusé en live à la télévision. En terme de pression, on fait fort. Et en dire plus serait finalement dommage car gâcherait les très nombreuses surprises que le métrage propose. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il faut tenir. Oui, quand le film commence, on peut avoir des doutes. La photographie par exemple n’est pas la plus jolie que l’on peut voir sur les écrans, ce qui paraît logique d’ailleurs vu la longueur du premier plan, et certains moments semblent hésitant, avec des personnages qui parfois se regardent longtemps, ou qui semblent eux aussi hésitants dans leurs dialogues. Mais croyez moi, il faut tenir, car One Cut of the Dead est une pépite, tour à tour drôle, gore, puis carrément hilarante au fur et à mesure que les bobines défilent. Un tour de force, et une véritable déclaration d’amour au cinéma, petit et grand, au cinéma de genre, au cinéma underground, à ses difficultés, et finalement, à la motivation de ses équipes qui se démènent quoi qu’il arrive pour que le résultat tienne la route, en dépit de tous les soucis de production et autres imprévus. Car si sa première partie impressionne, avec son fameux plan séquence, One Cut of the Dead ne se limite pas à ça, et parvient à surprendre par la suite, en changeant de ton, de style, et ça, c’est fort. Ce qui était alors un petit tour de force tour à tour drôle et gore change littéralement, deviendrait presque émouvant par moment, et surtout, en allant véritablement à fond dans son délire, multiplie les situations, et je me serais retrouvé, dans son tout dernier acte, à rire de bon cœur devant mon écran, certaines situations me rappelant même des événements que j’aurais moi-même vécu sur des petits tournages.

C’est pour cela que même si certains passages paraissent un peu gros, le métrage finalement s’avère réaliste envers son sujet, à savoir donc le monde du cinéma. Enfin plus précisément du monde de la télévision, mais bon. Mention particulière au rôle du réalisateur, tiraillé entre ses envies, son besoin de filmer et d’improviser, allant par moment jusqu’à se laisser emporter, mais également, sans doute le pire, l’inévitable nécessité de rendre des comptes aux financiers, aux producteurs, et donc, de livrer un produit terminé quitte à devoir faire des concessions. Il faut bien avouer qu’autant sur le sujet et donc dans le fond que dans la forme, le found footage donc pour commencer, avec ses films en one shot, le plus souvent tournés à l’arrache et sans vrai talent juste pour l’appât rapide du gain, One Cut of the Dead est une petite bouffée d’air frais, ou vu les zombies peuplant l’aventure, une bouchée de chair fraiche. Un film généreux, résolument bis, et une mise en abime qui augmente au fur et à mesure pour plaire autant à l’amateur du genre qu’à l’amateur de cinéma, et au delà de ça, il est vraiment difficile d’en dire plus sans spoiler, et spoiler serait retirer une grosse part de la surprise lors de la première vision. Tout ce que je peux rajouter, c’est qu’il faut lui donner sa chance. Accepter ces petits défauts, tenir bon même si certains moments peuvent interroger le spectateur durant la première partie, se laisser bercer puisque One Cut of the Dead parvient le tour de force assez rare de justifier ces défauts au fur et à mesure des minutes, pour les transformer en qualité, et se transforme en film contenant divers degrés de lecture, et finalement, tout simplement une hymne à la création, un feel good movie comme on aimerait en voir beaucoup plus souvent. Bref, foncez !

Les plus

Un plan séquence de 37 minutes
Par moment extrêmement drôle
Une ode au 7ème art et à la création
Une seconde partie magique

Les moins

Au départ, quelques défauts voyants…justifiés ensuite
Une photographie parfois pas parfaite

En bref : One Cut of the Dead est un film surprenant, découpé en trois actes bien différents, et dont le premier parvient, autant dans la forme que dans le fond, à exploser le genre du found footage. Clairement le haut du panier dans le genre, et surtout une magnifique ode à la création.

4 commentaires

  1. oUI, ce film était fait pour toi. ^^ Il est fantastique, vraiment. Il y avait longtemps que je ne m’étais pas autant marré, c’est fou. Mais en plus, comme tu dis, il n’y a pas que ça. Il y a une certaine profondeur, avec cette ode aux petits créateurs. Et c’est techniquement vraiment maitrisé.

    Quelle baffe !

    1. Je sais bien, pour le coup j’ai été stupide d’attendre aussi longtemps et de repousser le visionnage. Peur d’être déçu sans doute.
      Si tous les films tournés en 8 jours avaient la même gueule, ah ben ça…. Il y a clairement de la maitrise de la part du réalisateur, qui a su bien s’entourer pour mettre sa vision sur pellicule alors que ce n’était pas gagné d’avance. Ça m’a follement donné envie de reprendre la caméra.

      1. Je sais plus si on en a déjà parlé mais il y a aussi un spin-off (« à Hollywood »). Pas le même réal, c’est moins bien.

      2. On en avait parlé vite fait sur ton blog il me semble. Mais j’avoue ne pas être tenté par ce spin-off. Les meilleures blagues sont aussi les plus courtes comme on dit, et le film se suffisait à lui-même, même si en soit le concept peut-être reproduit à l’infini, avec les genres, lieux, tout ça.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s