EROTIC GHOST STORY de Nam Nai Choi


EROTIC GHOST STORY
Titre original : 聊齋艷譚 – Liáo Zhāi Yàn Tán
1990 – Hong Kong
Genre : Érotique
Réalisation : Nam Nai Choi
Musique : Fei-Lit Chan
Scénario : Kwan Tsang

Avec Amy Yip, Ha Chi Jan, Man Siu, Tan Lap Man, Lam Chung et Manfred Wong Man Jun

Synopsis : Trois sœurs, en réalité des démons à apparence humaine qui gardent leur apparence tant qu’elles résistent à la luxure, tombent sous le charme d’un jeune étudiant qui arrive dans le coin. Malheureusement, elles apprennent bien vite que le jeune homme est un puissant démon nommé le Wu Tung. Le sexe le garde jeune, au détriment de ses partenaires.

Trois petites années, c’est le temps qu’il aura suffit aux producteurs pour se dire que le succès international d’Histoires de Fantômes Chinois, produit par Tsui Hark, pourrait être parodié pour en faire un film érotique débile. Tenter l’aventure une fois n’a pas du leur suffire d’ailleurs, puisque Erotic Ghost Story a eu droit à deux suites, de deux réalisateurs différents. Alors, chez Tsui Hark, c’était un jeune innocent qui tombait amoureux d’une fantôme. Il y avait un guerrier taoïste, de la magie, des combats, du romantisme, une mise en scène à tomber, de la suggestion. Parfait, plus qu’à rajouter de l’érotisme non ? Ah, on m’annonce dans l’oreillette que le réalisateur choisi pour le métrage est Nam Nai Choi, qui venait alors d’enchaîner des films cultes mais pas forcément bons (mais oh combien fun) comme La Septième Malédiction (un film que l’on regarde souvent pour le délire avec les potes en soirée, ça ne rate jamais pour nous donner la patate) et Story of Ricky, gros délire gore mais filmé avec les pieds. Sa réputation n’est plus à prouver, et d’ailleurs, il tient bientôt son dernier grand film en 1991 avec The Cat, soit un film avec un chat extraterrestre, des combats, des explosions de partout, un monstre géant et un combat limite de boxe entre un chat et un chien. Alors forcément, un tel réalisateur sur un tel projet, on jubile. Quelles idées débiles allait-il amener avec lui pour rendre Erotic Ghost Story inoubliable, pour le faire sortir du simple film érotique surfant sur un succès populaire ? Malheureusement, il faut croire qu’il a eu les mains liées par la production, car pendant un peu plus d’une heure, sa légendaire folie est quasiment absente du métrage, et Erotic Ghost Story est ce que l’on pourrait appeler un film érotique tout ce qu’il y a de plus classique.

Ce ne serait pas un mal en soit, sauf que voilà, pour ce qui est de filmer proprement, de poser une ambiance, car pour qu’un film érotique soit bon, il faut que les scènes érotiques soient bonnes, et bien Nam Nai Choi n’est certainement pas l’homme de la situation. Bingo, la première heure s’avère extrêmement pénible à regarder. Et ce n’est pas faute d’avoir un minimum de talent dans l’équipe technique. À la musique on trouve Fei-Lit Chan, qui s’il a beaucoup travaillé pour le réalisateur (Story of Ricky, La Septième Malédiction) a aussi fait le splendide score de l’Auberge du Dragon en 1992. La photographie, signée par le réalisateur d’ailleurs puisque pour rappel, c’était sa profession de base, n’est pas mauvaise en soit. Rien de génial, mais c’est plutôt propre, et deux ou trois plans viendront nous flatter la rétine à intervalle régulier. Au montage, Peter Cheung, quand même monteur sur Police Story 1 et 2, Jackie Chan dans le Bronx, Drunken Master 2, Pedicab Driver ou encore Mr Vampire 3, pas un manchot. Devant la caméra, un peu pareil, on a Lam Chung en moine qui viendra faire coucou, et surtout les trois sœurs, Amy Yip que l’on ne présente plus, mais pour le fun, citons Robotrix et Sex & Zen, mais également Ha Chi Chun (Aces Go Places 5, Eastern Condors) et Man Siu, toutes les trois sublimes et peu avares de leurs charmes. La nudité sera après tout fréquente, et souvent frontale. Le réalisateur ne recule jamais devant un gros plan sur les attributs féminins, que ce soit leur poitrine, généreuse, leur paire de fesses lors de quelques ébats, ou des plans larges les montrant intégralement. Ça oui elles sont jolies. Le souci, c’est que filmer platement de jolies femmes, ça ne change rien, c’est chiant. Et Erotic Ghost Story est chiant.

Je suis sûr qu’en fouillant, on a pu trouver bien pire dans le genre, que ce soit au niveau mondial (bon ça je peux le confirmer avec les films de William Hellfire) ou à Hong Kong, mais en l’état, Erotic Ghost Story se contente d’enchaîner les scènes érotiques sans trop faire d’efforts, ni pour relier le tout, ni pour nous intéresser. Les scènes érotiques sont plates, l’ensemble ne mène à rien, et on s’ennuie. Si le synopsis nous révèle le pot au rose, en nous indiquant que « rapidement » nos héroïnes découvrent que le jeune homme avec lequel elles couchent toutes est un puissant démon, à l’écran, le « rapidement » n’est pas si rapide, car il faut attendre clairement 1h10, voir 1h15 pour que l’ensemble se bouge. Ou pour que la production, contente du nombre de scènes érotiques, laisse enfin la liberté au réalisateur de conclure cette histoire de la manière qu’il le souhaite. Et alors là mes amis, l’on retrouve enfin ce fameux Nam Nai Choi que l’on connaît, avec un monstre à trois têtes (un final sans monstre géant ne serait pas un film de Nam Nai Choi enfin), des effets spéciaux ratés grattés à même la pellicule, des éclairs, des combats totalement ratés, encore plus de nudité, un peu de sang, et un des effets sanglants les plus ratés qu’il m’a été donné de voir depuis… sans doute le précédent film du réalisateur que j’ai vu. Et malheureusement, tout cela ne dure que 10 petites minutes. 10 minutes qui partent dans tous les sens, et où le réalisateur, après tant de modération, semble vouloir mettre sur la pellicule tout ce qu’on lui avait refusé jusque là. Grand bien lui a prit, car en l’absence de véritable talent, sa première heure est trop laborieuse.

Les plus

Quelques jolis plans
Les actrices, jolies
Le final, qui part dans un nawak total

Les moins

Fauché comme les blés
Filmé n’importe comment souvent
La première heure, loooooooooongue

En bref : Un réalisateur fou pour une parodie érotique d’Histoires de Fantômes Chinois, cela promettait beaucoup. Mais on a finalement droit à un simple film érotique filmé n’importe comment pendant une heure, avant un final qui se lâche totalement pour sauver les meubles.

4 commentaires

    1. Alors je tiens à signaler avant toute chose que le réalisateur est extrêmement connu pour trois nanars cultes, qui sont des films que les cinéphiles se doivent d’avoir vu. Il est parfois considéré comme le Ed Wood de Hong Kong, et son dernier film qui date de 1992, The Cat, est considéré comme son Plan 9. Un film généreux, bricolé par trois fois rien, un tournage long, des explosions, des peluches, du latex, des fusillades. Même si je lui préfère je crois La Septième Malédiction dans le nawak total, qui a en plus un casting 4 étoiles (Chow Yun Fat, Maggie Cheung, Dick Wei, Sibelle Hu). Un film d’aventures out of this world.
      Mais pour son film érotique, non, c’est du navet pur et dur, sauf la fin. J’ai vu la première suite dans la foulée, par un réalisateur plus compétent, et c’était déjà sacrément mieux !

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