THE EMPTY MAN de David Prior


THE EMPTY MAN
Titre original : The Empty Man
2020 – Etats Unis
Genre : Suspense
Réalisation : David Prior
Musique : Christopher Young et Lustmord
Scénario : David Prior

Avec James Badge Daie, Marin Ireland, Stephen Root, Ron Canada, Robert Arayamo, Joel Courtney, Sasha Frolova et Samantha Logan

Synopsis : Un ancien policier est détruit par la mort violente de sa femme et de son fils. Lorsqu’il enquête sur la disparition de la fille d’un ami, il découvre bientôt la présence sinistre qui rôde autour de lui, ce qui l’entraîne aux limites de la folie.

Bons comme mauvais, les films de 2020 sortent souvent par la petite porte, en toute discrétion. The Empty Man lui aura eu droit à une sortie en salles aux Etats Unis en Octobre, dans l’anonymat le plus total. Le box office n’a pas du être bien fameux, mais qu’importe. Le bon point de tout ça, pour le spectateur, c’est que cela permet de découvrir des films, bons ou mauvais, en ne sachant quasiment rien dessus. Du coup, si c’est mauvais, et bien on n’en attendais rien et du coup, on peut relativiser. Si c’est bon voir très bon, la surprise a encore meilleur goût. La surprise fut bonne pour ce The Empty Man, qui apparemment adapte un roman graphique dont j’ignorais l’existence. Dés sa très longue scène d’ouverture, celle précédent l’apparition du titre, une scène durant malgré tout 20 minutes, j’ai été happé. Une maitrise, en terme d’ambiance, aussi bien visuelle que sonore. Avec des procédés tout simple pourtant, mais la preuve que quand c’est bien fait, ça marche. Une montagne, de beaux décors à perte de vue, un travail minutieux sur le son et parfois sur le silence, une découverte macabre, une cabane perdue au milieu de nul part, une silhouette au loin, un personnage qui perd la boule, puis un double homicide, et paf, titre, The Empty Man, l’aventure peut commencer, en relocalisant non pas en montagnes mais dans une ville banale des Etats Unis, où nous suivons un ex flic qui a bien du mal à digérer la mort de sa femme et de sa fille, et qui va plonger dans un véritable cauchemar éveillé lorsqu’il va aider une amie dont la fille a disparue. Là aussi on pourrait dire que c’est simpliste.

Ces personnages et cette histoire, on l’a connaît, trop bien, pour l’avoir eu dans bons nombres de métrages. Mais The Empty Man démontre qu’avec un peu de savoir faire et beaucoup d’envie, on peut avoir un résultat qui dépote, et surtout s’éloigner petit à petit des clichés pour livrer des séquences proprement terrifiantes. Bon, et quelques unes ratées, une poignée seulement, à base de jumpscares, qui semblent plus être là pour rassurer les investisseurs qu’autre chose, car the Empty Man, mine de rien, c’est un film produit par un gros studio, et donc avec un budget confortable derrière, et qui bénéficie en plus d’une direction artistique ultra soignée, et surtout d’une durée conséquente pour raconter son histoire en prenant son temps, 2h17. Mais face à ce que le film réussi, j’ai bien envie de faire l’impasse sur ces quelques rares jumpscares qui n’ont presque pas leur place ici, et qui semblent d’ailleurs être là clairement histoire d’être là, puisque la caméra s’emballe souvent dans ces moments là, alors qu’elle est fluide et très élégante le reste du temps. The Empty Man décide, comme d’autres avant lui, de marier deux genres, celui de la classique enquête policière et le film d’horreur, ou plutôt fantastique. La première partie de 20 minutes semble bien loin la plupart du temps alors que l’on suit les déambulations de notre ex flic désabusé dans son enquête, avec son lot d’interrogatoires, de recherches d’indices, en passant d’un lieu à l’autre, d’un personnage à l’autre. Et ça prend, puisque ce qui commence comme un film fantastique sur une simple légende urbaine, celle donnant son titre au film, le métrage bascule alors dans quelque chose de beaucoup plus réaliste et tangible, à savoir, une secte.

Ce que le film entreprend et raconte se retrouve alors beaucoup plus encré dans notre propre réalité, et certaines scènes gagnent en efficacité, et mieux, l’aspect tendu du métrage prend une toute autre dimension. Rien qu’avec une scène d’ailleurs, je suis prêt à pardonner tous les défauts du métrage, tant le réalisateur fait preuve d’une belle maitrise de la tension via la simplicité. Lorsque notre flic se retrouve à infiltrer le culte et se retrouve au milieu de nul part, en forêt, face à des individus qui ne peuvent normalement que deviner sa présence, la tension monte, et avec de simples procédés et en utilisant le silence, le réalisateur touche au but et parvient à terrifier. Et ça, c’est beau ! Le métrage trouve un équilibre entre les différents aspects de son intrigue, et parvient à retomber sur ses pieds dans sa dernière partie, que l’on adhère à ses choix ou non, ceux-ci ont du sens. Mais ce qui est sûr, c’est que The Empty Man mise énormément sur son ambiance, et l’attente que celle-ci peut générer, et donc la tension. Si l’on n’y est pas respectif, le temps peut probablement sembler long, alors que le cas contraire, on voudra presque agripper notre siège. Tout cela, on le doit en tout cas à David Prior, réalisateur et scénariste du métrage, qui s’occupe depuis des années de monter et réaliser des documentaires, en particulier sur les films de David Fincher, et ce depuis Panic Room. Pas étonnant d’avoir un film aussi soigné visuellement donc. Et bien entendu la prestation à l’écran de James Badge Daie, investi à 200% et qui porte également le film sur ses épaules. Une belle surprise !

Les plus

Une ambiance réussie
Le mix polar/horreur fonctionne très bien
Des scènes de tension qui fonctionnent à merveille
Mise en scène et travail sur le son énormes

Les moins

Quelques rares jumpscares
Des scènes un peu plus faciles

En bref : The Empty Man est une réussite qui mise presque tout sur son ambiance, travaillée à fond par son réalisateur, et qui livre de bons moments terreurs. Quelques moments sont plus faciles à côté, mais l’ensemble reste ultra prenant et terriblement efficace.

6 commentaires

    1. Mission accomplie du coup ! Pas parfait mais pour un film de genre en direction des salles, le haut du panier. Super ambiance. Super score musical glauque de Christopher Young aussi.

      1. Après avoir appâté le public avec la bonne surprise de fin 2020, je vais maintenant vous sortir les mauvais films de 2020 (ouais, j’ai du lourd qui arrive ces prochains jours, car forcément, pour une excellente surprise inconnue trouvée au pif, il y a les mauvaises surprises à côté).

      2. Le plus simple serait de la VOD avec un VPN pour avoir un catalogue hors France pour le moment. J’attend impatiemment un Blu-Ray chez nous en tout cas, car je le prendrais. En attendant sinon, je peux te le passer, si l’absence de sous titres ne te dérange pas 😉 (faut bien se dépanner entre cinéphiles curieux).
        Je suis très curieux de la BD aussi tiens, aucune idée si c’est fidèle et à quel point, mais si l’ambiance reste identique ça me tente.

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