MONSTERS OF MAN de Mark Toia


MONSTERS OF MAN
Titre original : Monsters of Man
2020 – Etats Unis
Genre : Science Fiction
Réalisation : Mark Toia
Musique : –
Scénario : Mark Toia

Avec Neil McDonough, Brett Tutor, Jose Rosete, David Haverty, Paul Haapaniemi, Ryan Hough, Ly Ty, Ma Rynet, Kayli Tran et Jessica Blackmore

Synopsis : Une société de robotique fait équipe avec un agent corrompu de la CIA pour une mission militaire non autorisée. Quatre prototypes de robots sont lâchés dans un camp présumé de fabrication de médicaments pour le Triangle d’Or. Seulement dans le dit village, six médecins Américains sont en présents et témoins du massacre des villageois. Mais pour la CIA, pas de témoins, ils deviennent alors des cibles.

Financé via une campagne de financement participatif, je n’aurais jamais entendu parler de Monsters of Man si ce cher Oli d’Échec et (ciné)mat ne m’avait pas montré il y a quelques mois le trailer. Voir des robots au design ressemblant à Chappie faire un carnage dans la jungle, ça pouvait être fun. Une série B bourrine qui fait le job et repose les neurones. Et en soit, Monsters of Man, c’est exactement ça. On aurait presque pu dire même que c’était une excellente série B, si le film n’avait pas un gros défaut dans sa poche : sa durée. Car quand une série B n’invente rien, et ne vise que le divertissement au final, avec un concept tenant sur un post-it (des robots tueurs et pas très bien gérés qui pourchassent un groupe de civils dans la jungle), 2h10, c’est long, beaucoup trop long. Sans être désagréable, mais on se dit très rapidement qu’avec 40 voir 50 minutes en moins, le divertissement aurait été super rythmé. Monsters of Man donc, c’est l’histoire de trois pauvres ingénieurs en robotiques qui doivent, un peu malgré eux, envoyer quatre prototypes dans la jungle afin que la CIA élimine un village suspecté de fournir des trafiquants, en médicaments, armes, tout ça. Bien entendu, film de genre oblige, les quatre robots ne vont pas fonctionner comme prévu, notamment un des modèles, dont la carte principale lui servant à se connecter au réseau (et donc de recevoir des ordres directs) est volée par un enfant qui passait par là avec ses amis. On retrouve dans le fond de Monsters of Man tous les clichés du sous genre robotique au cinéma. L’intelligence artificielle défaillante, le robot qui n’en fait qu’à sa tête, qui se met à apprendre tout seul, les modèles indestructibles, et qui en cas de vrai danger, sont dotés d’un système d’autodestruction produisant une grosse explosion.

Et face à nos robots, un village, dans lequel six américains venus aider dans les pays pauvres se retrouvent, ainsi qu’un ancien militaire ayant déserté et refait sa vie. Du classique sur toute la ligne, il faut des personnages autres que de simples villageois ou terroristes pour les suivre pendant tout le long, et de préférence, un personnage avec un background militaire pour lui permettre de lutter. Rien de nouveau oui, mais il faut avouer que le film de Mark Toia a malgré tout quelques atouts, notamment un sérieux à toute épreuve dans sa mise en scène (sérieuse et propre) et dans ses effets spéciaux, les robots étant la plupart du temps crédibles à l’écran, dans leurs mouvements, leurs animations. Si bien que l’on peut croire à leur présence, on sent véritablement un poids lorsqu’ils marchent, lorsqu’ils avancent vers leur cible, ou lorsque tout à coup, ils deviennent un peu plus souples et se mettent à tuer tout ce qui passe devant eux, même les femmes et les enfants. Car Monsters of Man est assez radical dans sa mise en application, les enfants se font flinguer à bout portant assez souvent. Par moment, on aura même des plans que l’on pourra qualifier de gore, avec des corps qui explosent en passant malencontreusement sur des mines cachées, ou lors d’une scène où le robot défectueux du métrage voudra découvrir l’anatomie humaine, ou ouvrant un corps pour voir les organes. Le sérieux a toute épreuve du film fonctionne en tout cas plutôt bien, et cette traque dans la jungle, qui sait varier les décors avec des villages, la jungle elle-même, puis des grottes et autres ruines, peut devenir prenante, même s’il est difficile de s’attacher aux personnages et donc de prendre leur parti.

Il faut dire que la plupart ne sont pas développés, ou ne dépassent jamais le stade du cliché, ou de leur fonction en ce qui concerne les trois professionnels en robotiques qui donnent des ordres aux robots à distance et essayent de calmer la situation qui leur échappe. On a les méchants très méchants, les gentils très gentils, et entre les deux, beaucoup (trop) de personnages secondaires. Mais comme dit, là où le film se mord la queue, c’est dans sa durée. 2h10 pour une simple traque dans la jungle, c’est long. Un peu comme si Mark Toia, qui signe apparemment son premier long métrage (mais deux autres sont prévus), n’avait pas voulu couper la moindre scène de son film, un peu comme pour justifier son budget, ou prouver que chaque centime récolté pour le métrage a bel et bien été dépensé pour le dit métrage. Le monsieur devait après tout être fier de son travail, puisqu’en plus de réaliser, il produit, écrit et s’occupe de la photographie de son métrage, légèrement morne mais propre. On peut le comprendre, surtout pour un premier film, surtout qu’en tenant tous les postes importants, il n’avait personne pour le modérer. Mais le film veut en faire trop, sans pour autant se renouveler. Il ne s’agît après tout que d’une traque, et du coup, tout prend son temps (les robots ne commencent l’assaut qu’après une bonne demi-heure), et ça tourne rapidement en rond, les personnages ne faisant que fuir d’un lieu à un autre, toujours traqués.

Ça demeure efficace, mais ça manque de diversité, et de passages vraiment marquants. Il faut dire que le film n’est pas aidé par les personnages, en soit peu intéressants, et donc qui ne parvient jamais à mettre en avant tel ou tel sacrifice. On ne ressent rien, alors que l’on sent que le film aimerait bien que ça fonctionne, comme le prouve ces moments où nos personnages pleurent une victime, refusent de continuer d’avancer, ou j’en passe. Ça tombe souvent à l’eau, sans pour autant chuter véritablement dans le ridicule. Clairement, c’est déjà ça, le film ne fait jamais le faux pas fatal qui nous sortirait intégralement de l’aventure. Car même si les personnages sont peu intéressants ou surtout un peu vides, les acteurs font avec ça et ne sont en soit pas mauvais du tout. Et comme dit, ce qui devrait primer, et ce qui prime en parti, c’est l’action, et les robots, et de ce côté là, c’est plutôt réussi, crédible à un ou deux petits moments près (la petite chute merdique du robot dans la grotte m’a fait rire), et on parvient donc sans mal à croire à ses robots tueurs et à cette IA un peu défectueuse. Mais oui, on en revient encore et toujours à ce propos simpliste mais étalé sur une trop longue durée. Avec un propos clairement resserré, ou quelques personnages en moins, vu le nombre de personnages qui ne participent pas à l’action mais passent leur temps au téléphone à donner des ordres, Monsters of Man aurait gagné en simplicité, et surtout en efficacité. Mais j’ai malgré tout une certaine affection pour le métrage, il y a bien une certaine maitrise derrière, et un homme qui y croit tellement que l’on sent qu’il avait moyen de faire mieux, mais qu’entre d’autres mains, ça aurait pu être tellement pire.

Les plus

Les robots, crédibles
Des scènes parfois bien violentes
Un film sérieux avec de bonnes intentions

Les moins

Un propos simpliste qui s’étire
2h10, beaucoup trop long
Personnages peu travaillés

En bref : Monsters of Man avait du potentiel, et malgré son propos absolument pas nouveau, n’est pas un film honteux. Mais au lieu de viser l’efficacité en étant court et direct, il s’étire sur plus de deux heures et peine à se renouveler.

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