Sakura Wars (2019 – JRPG – Playstation 4)

SAKURA WARS

2019
Studio : Sega CS2 R&D
Editeur : Sega
Genre : Visual RPG
Multijoueur : Non
Joué et testé sur : Playstation 4
Existe sur : Playstation 4

Synopsis : Dix ans après une guerre qui ravagea le Japon contre des créatures démoniaques, Tokyo fut reconstruite après avoir subi les affres de la guerre. Ancien capitaine de la flotte spéciale, Seijurno Kamiyama (contrôlé par le joueur) reçoit pour mission de se rendre au théâtre impérial. Il y retrouve Sakura Amamiya, une amie d’enfance, mais aussi Sumire Kanzaki, la directrice du théâtre qui sert également de base à la Brigade des Fleurs, l’unité armée de la troupe impériale, dont fait partie Sakura. Kamiyama accepte de devenir le capitaine de la Brigade des Fleurs. De nombreuses rencontres attendront le nouveau capitaine qui devra tisser des liens pour être efficace en combat.

Si aujourd’hui Sega, c’est surtout la saga Yakuza, le studio a pourtant d’autres sagas dans sa poche. D’autres sagas de niche. Sakura Wars en fait parti depuis 1996. Et pourtant, malgré de multiples épisodes, principaux ou non, sur diverses consoles, je n’avais jamais testé la série. Jusqu’à la sortie début 2020 en Europe de Sakura Wars sur Playstation 4, un reboot de la saga. À la base donc, il s’agît d’un visual novel, avec quelques phases de gameplay, et surtout un côté dating sims bien prononcé. Et bien parfait, j’aime bien les visual novel, j’aime bien les gameplay à base de défouraillage d’ennemis par paquets de vingt, donc Sakura Wars était clairement pour moi. Mais petite explication. Sakura Wars se déroule dans le passé, dans les années 1940, dans un Japon alternatif, steampunk en réalité. Dans ce passé alternatif, le Japon est en proie à l’invasion des démons, tout comme le reste du monde. Du coup oui, pas de guerre entre les pays, mais juste une guerre contre ses ennemis venus d’une dimension démoniaque. Pour pouvoir combattre, les hommes sont équipés de méchas, des machines qu’ils pilotent grâce à leur énergie spirituelle. Voilà voilà pour les grandes lignes de cet univers. Au milieu de tout ça, on se retrouve à jouer Kamiyama, un jeune homme qui arrive à Tokyo et à qui l’on confie la brigade des fleurs, la brigade de Tokyo donc. Et vu que la brigade est faible, tout repose sur nous pour motiver les troupes, et les faire briller. Cette brigade, uniquement constituée de femmes aux personnalités diverses mais très classiques dans le genre, va devoir se relever sous peine de perdre la face, Tokyo étant actuellement même protégé par la brigade de Shanghai, rien que ça.

Voilà voilà pour l’univers, les grandes lignes, les personnages. Bien entendu, c’est un peu plus complexe que ça, et de nombreux rebondissements attendent les joueurs dans une aventure qui ne leur demandera « que » environ 25 heures pour en voir le bout, le tout découpé en plusieurs chapitres, chacun mettant bien entendu l’accent sur un personnage du groupe durant la partie Visual Novel de l’intrigue, avant un niveau final qui nous met toujours aux contrôles d’un Mecha pour aller défourailler des ennemis puis un boss dans des niveaux finalement assez courts, comptez entre 10 et 20 minutes à chaque fois, puis hop, chapitre suivant. Sakura Wars a un charme fou, il faut l’avouer. Ce n’est pas tous les jours que l’on a un mélange de genre pareil dans un univers contenant des Mecha, le tout dans un Japon alternatif plutôt travaillé. Alors, comment se présente chaque chapitre de l’aventure au final ? Tout d’abord, quelques déambulations dans les différents lieux proposés par l’aventure, pour aller parler à des PNJ, accepter parfois quelques petites quêtes annexes, ou plutôt voir quelques événements annexes, puis parler aux différentes membres de notre troupe. Puis, lancer la petite intrigue du chapitre, avec énormément de dialogues forcément, avant que les choses ne se bougent clairement par la suite et que l’on accède au niveau jouable à la fin de celui-ci, au boss, puis fin du chapitre. Sakura Wars a une structure bien définie et ne va jamais oh grand jamais dévier. Ce qui est d’ailleurs un peu dommage, on s’habitue très rapidement à cette structure, et elle pourra lasser les quelques joueurs peu réceptifs à l’intrigue, ou aux personnages, qui ont une grande importance dans le jeu, puisqu’en effet, les différentes fins seront déterminées en fonction de nos choix lors des dialogues, et donc de nos affinités avec les membres de la troupe.

Surtout que le jeu ne semble jamais renier ces racines, oui, le contenu des très nombreux dialogues sont de la comédie romantique. Il faudra là aussi accrocher au délire du jeu sous peine de se retrouver aux portes de l’univers, qui ne cherchera jamais à diversifier sa formule pour attirer ou remotiver le joueur qui avait décroché. Personnellement, j’ai plutôt apprécié, même si on ne va pas mentir, en soit, c’est parfois limité. On peut aller dans plusieurs quartiers en sélectionnant la map par exemple, mais chaque lieu est hyper limité, et finalement, minuscule. Un hôtel ? Vous n’aurez que le rez-de-chaussée. La gare ? Juste l’entrée. Un quartier. Une malheureuse rue avec seulement deux boutiques, et voilà. On ne demandait certes pas à Sakura Wars d’être un jeu open world, énorme, puisqu’il s’agît avant tout d’un jeu bavard, mais avec des lieux aussi petits que l’on visitera à chaque chapitre parfois plusieurs fois, on ne peut qu’être déçu. Il n’y a finalement que notre base, le théâtre de Tokyo, que l’on pourra explorer librement. Mais cela ne servira finalement la plupart du temps qu’à traquer les membres de la troupe pour déclencher des événements, ni plus, ni moins.

Mais puisque le jeu l’assume, pourquoi pas. Il faut donc qu’il ne se plante pas sur ses deux autres aspects principaux, à savoir donc les combats de Mechas, et ses personnages, qui se développent au fur et à mesure des chapitres. Si chaque personnage a sa personnalité, son passé, son histoire, sa passion, elles restent en soit très classique. Il y a Sakura l’amie d’enfance pleins d’étoiles dans les yeux, Hatsuho et son franc parlé, Claris la timide qui passe son temps plongée dans les livres, Azami la petite ninja et Anastasia la star qui vient nous filer un coup de main, autant dans les combats que dans l’intrigue qui doit nous voir remettre à flot la troupe, autant en terme de la protection de Tokyo que des représentations théâtrales. Que du classique, malgré quelques petits rebondissements parfois bien vus, parfois prévisibles également. Mais il faut avouer qu’arrivé sur la fin, c’est malgré tout tellement répétitif dans sa structure que j’étais content d’arriver au bout de l’aventure. Sympa donc, mais loin d’être inoubliable. Et pour la partie action ? Là aussi il y a à boire et à manger. Les niveaux sont courts, et finalement, assez peu difficiles, même les boss. Du coup, on trace en tuant tout ce qui se trouve sur notre chemin, ça défoule, on récupère des bonus qui nous permettront une fois une barre pleine de lancer une super attaque, et on recommence au niveau suivant. Il y a bien quelques tentatives pour varier la formule, lorsque la brigade doit participer à un tournoi et affronter d’autres brigades, ce qui nous place face à trois ennemis ayant les mêmes capacités que nous, en terme de combats, d’esquives, mais pas de quoi se relever la nuit, Sakura Wars n’a pas de pic de difficulté. Tout au plus, quelques difficultés si l’on refait certains niveaux via le simulateur de combat disponible au sous-sol avec un personnage peu adapté aux ennemis.

Comme par exemple prendre deux personnages uniquement doués au corps à corps pour affronter un ennemi volant et très vivace. Mais rien d’insurmontable, loin de là, et rien qui n’amènera un game over. C’est dommage, on aurait aimé plus de technique au sein de son gameplay, qui finalement nous fait juste foncer et mitrailler les deux touches principales, pour une multitude de coups faibles puis de coups plus puissants. Sega aurait-il été trop frileux pour le développement de ce reboot, en voulant se focaliser sur le sel (à priori) de la saga via ses nombreux dialogues ? Peut-être oui. Alors attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Sakura Wars est très sympa à parcourir, c’est un jeu presque relaxant, simple, qui ne dure pas si longtemps que ça sauf si vous voulez débloquer le trophée de platine et donc obtenir toutes les fins, avec tous les personnages. Mais il se fait un peu trop répétitif, sans se renouveler à aucun moment, et n’ose jamais brusquer le joueur dans sa difficulté, préférant la jouer safe et être accessible à tous. Ça ne retire pas que c’est sympathique, visuellement très agréable à l’œil, que le thème musical est très sympathique. Voilà, le jeu est léger dans son approche, et on ressort de l’aventure avec ce même constat. C’est sympathique, c’est léger, mais ce n’est pas inoubliable. Mais peut-être que l’aventure plaira beaucoup plus aux fans de longue date de la licence, ça je n’en doute pas.

Les plus

Le style graphique très sympa
Des personnages appréciables
Les niveaux peuvent défouler
Le thème musical
Le jeu de Koi Koi que l’on débloque

Les moins

LUne structure prévisible et répétitive
Il faut adhérer au genre très bavard
Les niveaux, en soit trop faciles

En bref : Sans doute avant tout destiné aux fans de la saga, Sakura Wars est un mix sympathique entre le visual novel à base de comédie romantique dans un univers alternatif et des niveaux à bord de mechas en mode beat’em all. Très bavard, un peu trop facile, mais sympathique.

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